Vers une révolution normale ?

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A peine intronisé, le nouveau président de la République
s’envoie en l’air et se prend un coup de foudre… De quoi inaugurer une
présidence que le nouvel homme fort de l’Elysée veut « normale » ?
Pendant ce temps les nouveaux opposants apprennent l’opposition.
Normal.

Nul besoin d’être un politologue estampillé Sciences Po, ENA, EHESS,
CEVIPOF, INSEE ou encore IFOP pour se douter qu’en fonction du déroulement de
la campagne présidentielle pour laquelle je me force de ne pas la qualifier de
pestilentielle, les rois du pétrole de l’ancienne majorité présidentielle
(elle, quoique…) se retrouvent pris sur une logique d’affrontement permanent
qu’ils se sont ingéniés à nous servir à grands renforts d’anathèmes, de mises
en garde, de mauvaise foi, de cris d’orfraie, de hurlements de dépit, de
colère, de rage sourde ou encore de glapissements hystériques.

Car si, à juste titre dans une démocratie, l’ancien président a réuni autour
de lui un nombre importants de supporters, ses plus connus et fidèles soutiens
se sont engouffrés dans un filon (avec un seul « L ») tenant plus de la
posture de hooligans que de la décontraction de supporters venus en famille.
Ainsi, depuis l’élection de M. Hollande, les thuriféraires de Saint Nicolas
continuent à nous servir des plats, qui s’ils ne sont assurément pas halal,
restent à la fois bien gras et réchauffés. Ainsi, l’inénarrable Nadine Morano
continue-t-elle son show en moins de 140 caractères à la gloire de l’ancien
président et au détriment du nouveau. Bien moins que légère, l’ancienne
ministre de la poissonnerie continue de s’épancher sur son compte Twitter dans
une sorte d’apothéose de la finesse et de l’analyse politique réunies. Jugez
plutôt, le 12 mai : « Le drapeau tricolore abandonné aux drapeaux
rouges et étrangers…
 » ou encore le 15 mai : « Entre
la France et l’Allemagne il y a la foudre… Mauvais présage
».

Certes, Mme Morano n’est pas la seule à s’épancher sur le web avec la
finesse qui caractérise les opposants d’aujourd’hui, mais elle est emblématique
du vide sidéral qui envahit la politique à grands coups de poursuites à moto,
de reportage sur les familles des politiques ou d’éditoriaux dont l’indigence
dispute à la recherche de l’émotion, le tout au détriment de la raison. Ainsi,
a-t-on pu entendre de la bouche (d’égout ?) de la maire d’Aix en Provence cette
inoubliable sentence : « Même si M. Hollande est proclamé président de
la République, je ne pense pas qu’il soit légitime.
Je ne crois pas qu’il soit en capacité ni en compétence pour
diriger ce pays
En tout cas,
physiquement, il ne donnera pas l’image d’un président de la République

J’aurais aimé un président qui ait plus
de prestance et pas qu’il agite ses petits bras comme il le fait dans tous ses
meetings
». De la réflexion politique de haute volée, comme chacun peut le
constater.

Mais tout ceci sera-t-il durable ou éphémère ? Est-on condamné à subir
les irréparables outrages à la pensée ou au contraire va-t-on retrouver, le
combat politique pour le duo présidentielle/législatives une fois passé, une
sorte de tranquillité dans les discours politiques qui ne fasse plus appel aux
bas instincts comme les effets de meute (conjugués aux insupportables
« éléments de langage »), la flatterie la plus flagorneuse envers des
hommes jugés providentiels, où les anathèmes envers tout ce qui est différent
de soi, appartenance politique, ethnique, religieuse, habillement et même
longueur des bras !

Ou alors va-t-on retrouver une sorte de « normalitude » qui permet
aux adversaires de défendre un point de vue ou une image du monde dans le cadre
d’un débat ou d’un dialogue républicain ? C’est tout le mal que l’on peut
souhaiter à l’équipe gouvernementale cornaquée par un premier ministre, qui
s’il revêtait un collant et une cape pourrait se voir affubler du sobriquet de
« super Ayrault ».

Le mot de la fin au cinéaste canadien David Cronenberg, réalisateur des
films « Faux-semblants » et « A history of
Violence
 » qui a dit un jour : « La normalité est une
expérience plus extrême que ce que les gens veulent communément admettre

».

Alors, prêts pour une révolution… normale ?

le SCOOP DSK

DSK, l’ombre de la Pieuvre,  la lumière de la preuve

Si Dominique Strauss Kahn ne pourra jamais relater les quelques minutes qui le sépare de la gloire à l’infamie, c’est parce qu’’il serait alors amené à…

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