Dans la nuit du 25 au 26 septembre 2009, Jérémy, un jeune homme de 25 ans, avait été sauvagement agressé dans la forêt des Essarts. Ce jeune gay était tombé dans un guet apens. Il avait été laissé pour mort après avoir été tabassé et brulé dans sa voiture. Jérémy avait déclaré, avant de sombrer dans le coma, qu’il avait été agressé par trois hommes qui l’ont insulté avant de s’acharner violemment sur lui et de l’asperger d’essence et d’incendier sa voiture. 30% de son corps a été brûlé.
Après plus de dix heures de souffrance dans la forêt, il avait été secouru par un promeneur qui avait appelé les secours.
Pour Jérémy, l’homophobie a failli tuer. Pour d’autres, elle peut prendre aussi d’autres formes de violences physiques, morales ou symboliques liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre.
Célébrée depuis 2005 chaque 17 mai – jour anniversaire du retrait, en 1990, par l’OMS de l’homosexualité de sa liste des maladies mentales –, la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie est organisée cette année, en France, à l’issue de plusieurs mois de débats et de manifestations autour du projet de loi sur le « mariage pour tous » qui a libéré la parole homophobe qu’on pouvait pensait ne plus exister.
En effet, Selon un rapport de SOS Homophobie, les actes homophobes sont en hausse de 27%.
Pour beaucoup, l’homophobie est la triste conséquence d’une méconnaissance de l’Autre. L’ignorance, c’est le terreau des préjugés homophobes. Alors contre l’homophobie, le premier rempart et la première des réponses c’est d’abord l’éducation.
A Rouen, c’est une exposition dans le hall de l’Hôtel de Ville, « un baiser est un baiser », et une projection au cinéma l’Omnia, la projection du court métrage « La tête froide » suivi d’un débat sur l’homophobie dans le sport en présence de Gaëtan Freund, vice-président de la FSGL le mercredi 22 mai à 18h15 qui marqueront cette lutte contre la discrimantion envers les homosexuels, qui doit se conjuguer avec la lutte contre toutes les discriminations.
Lutter contre l’homophobie, ça s’apprend tôt. Alors que la journée internationale contre l’homophobie a lieu ce vendredi, des acteurs réclament une meilleure sensibilisation des enfants au sujet, et ce dès l’école primaire.
En 2012, l’Unesco a recommandé un apprentissage dès l’âge de 5 ans pour répondre au problème du harcèlement homophobe. Mais, alors que des pays comme le Royaume-Uni ou la Finlande ont mis en place des programmes spécifiques pour lutter contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle à l’école, la France est en retard. Oui, quoi qu’on en dise, «Pédé», reste l’insulte la plus courante dans les cours d’école.
Alors, ne serait-ce que pour aller plus loin qu’une exposition de photos, sur le modèle de ce qui a été fait au Québec à l’initiative de Laurent McCutcheon, président de la Fondation Émergence, ne pourrait-on déjà envisager que les pouvoirs publics organisent la mise en place d’une action forte, hautement symbolique tout autant qu’utile et nécessaire : la lecture, le 17 mai, lors de la Journée mondiale contre l’homophobie, d’un texte contre l’homophobie dans tous les collèges et les lycées.
Ce serait déjà un bon début.
Nicolas Zuili