Depuis le 1er septembre, un habitant de Grumesnil, Gérard Toutain, 61 ans, est porté disparu. La gendarmerie lance un appel à témoin.
Travaux de mise en sécurité du tunnel de la Grand’Mare
Dans le cadre du chantier de mise en sécurité du tunnel de la Grand’Mare, la Direction Interdépartementale des Routes Nord/Ouest procèdera à plusieurs fermetures nocturnes du tunnel.
La fermeture complète de l’ouvrage sera nécessaire de 20h30 à 6h :
- du lundi 9 (au soir) au vendredi 13 septembre (au matin) ;
- du lundi 16 (au soir) au vendredi 20 septembre 2013 (au matin) ;
- du lundi 23 (au soir) au mercredi 25 septembre (au matin).
A chacune de ces fermetures, une déviation sera mise en place.
Un homme jeune abattu devant ses collègues à La Ciotat par 4 hommes
Un homme d’une vingtaine d’année a été abattu de plusieurs balles jeudi à l’aube à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), près de Marseille, devant l’entreprise où il allait prendre son service, a-t-on appris de source proche de l’enquête.
La victime, un Marseillais, a été abattue par plusieurs hommes cagoulés devant le siège de la société de collecte d’ordures ménagères Urbazer vers 5h30. Intransportable, il a été soigné sur place, où il est décédé vers 6h15.
[Article] Les socialistes havrais entrent en campagne pour leurs Primaires citoyennes
Article paru dans le filfax du 5 septembre 2013 : “Le top départ de la campagne des primaires PS du Havre en vue de l’élection municipale de mars 2014 a été donné dimanche. Tous les habitants inscrits sur la liste électorale pourront choisir, les 13 et 20 octobre, dans l’un des 18 bureaux de vote […]
“Moi, Léa, 14 ans, agressée sexuellement”
C’est un témoignage rare, celui d’une Dieppoise de 14 ans qui dit avoir été abusée sexuellement par son grand-père. A quelques semaines de son procès, elle nous livre son histoire.
Le 10 septembre 2013
10 SEPTEMBRE 2013 RASSEMBLEMENTS ET MANIFESTATIONS POUR L’EMPLOI, LES SALAIRES, LA RETRAITE LE HAVRE 10H00 A FRANKLIN LILLEBONNE 14 H 30 THEATRE DES ROMAINS ROUEN 10H00 COURS CLEMENCEAU DIEPPE 10H30 GARE SNCF EU …
Le 10 septembre 2013
10 SEPTEMBRE 2013 RASSEMBLEMENTS ET MANIFESTATIONS POUR L’EMPLOI, LES SALAIRES, LA RETRAITE LE HAVRE 10H00 A FRANKLIN LILLEBONNE 14 H 30 THEATRE DES ROMAINS ROUEN 10H00 COURS CLEMENCEAU DIEPPE 10H30 GARE SNCF EU 10 H 30 PLACE GUILLAUME LE CONQUERANT
Rentrée des classes bouleversée à l’école élémentaire Jean-Macé
Les parents d’élèves de l’école élémentaire Jean-Macé se mobilisent et bloquent l’entrée de l’établissement suite à l’annonce de la suspension d’une classe de CP. La nouvelle est tombée le 4 septembre au matin et elle a fait l’effet d’une bombe. Alors qu’en juin dernier une ouverture de classe était confirmée pour l’école élémentaire Jean-Macé, le jour même de la rentrée, une classe de CP était supprimée. Pas tout à fait en réalité, puisque du côté de l’académie, Phlippe Carrière, directeur académique des services de l’Éducation nationale, préfère parler de « suspension » ou de « report d’ouverture ». Quoi qu’il en soit, l’annonce de cette décision au dernier moment n’a pas manqué de surprendre voire de bouleverser à la fois les parents et l’équipe enseignante.
Dans les faits, Annie Le Bretton, la nouvelle directrice de l’école élémentaire Jean-Macé, concède que si l’effectif prévu était de 265 élèves, l’effectif réel de rentrée est de 239. « Ce n’est pas une raison suffisante pour suspendre cette ouverture, car le CP est un cap important pour des enfants dont certains ont besoin d’une attention particulière dans les premiers temps de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture », précise une enseignante, qui rappelle aussi la suppression de deux postes d’assistants d’éducation qui « jouaient un rôle fondamental au sein de l’établissement ». Au final, les enfants de classe préparatoire ont dû être répartis au dernier moment sur deux classes au lieu de trois et l’école élémentaire Jean-Macé ne compte toujours que 11 classes au total… comme l’année dernière.
Face à un tel constat, le 5 septembre au matin, les parents d’élèves ont décidé de bloquer l’entrée de l’école pour les enfants scolarisés en élémentaire. Dans les prochaines heures, le maire Hubert Wulfranc devrait avoir de nouveaux échanges avec Philippe Carrière et faire valoir notamment que de nombreux logements devraient prochainement être livrés sur le secteur qui devraient faire augmenter les effectifs à court ou moyen terme. En attendant la réunion du Conseil départemental de l’Éducation nationale qui doit statuer vendredi 6 septembre à 17 heures, les parents prévoient de se mobiliser encore en fin de journée et demain matin.
ZOOM SUR LA JOURNEE DU 7 ET 8 SEPTEMBRE 2013
Deux derbys à l’affiche 2ème tour coupe de France Le week-end du 7&8 septembre se déroulera le second tour de la coupe de France. Ce week-end commencera samedi avec la confrontation entre Londinières et Mesnières. Dimanche ne retiendrons le derby […]
Vincent Peillon est venu
Attendu dans la petite commune de Liomer (80), le ministre de l’Education nationale s’est arrêté une heure pour évoquer le changement de rythme scolaire.
Échange heures supplémentaires contre sauvegarde de l’emploi
Revima, spécialisée dans la maintenance aéronautique, à Caudebec-en-Caux, demande à ses salariés de travailler trois heures de plus, sans être payés. La CGT refuse. Revue de presse
Plus de 20 % de fréquentation dans les piscines de Formerie et Grandvilliers
Les piscines de Formerie et Grandvilliers ont enregistré une forte augmentation de la fréquentation. Des festivités seront organisés à Formerie les 12, 13 et 14 septembre.
La victoire au bout de la lutte pour les PRV de Renault-Sandouville !
C’est avec beaucoup de plaisir et d’émotion que j’ai assisté ce lundi 2 septembre à Sandouville au rassemblement convivial organisé […]
Quatre véhicules dont un poids lourd impliqués dans un accident sur l’A13
Les véhicules sont immobilisés sur la voie de droite et la bande d’arrêt d’urgence. Prudence en arrivant sur les lieux.
Un ado, ivre, interpellé pour le vol avec violence d’un sac à main
Un ado de 15 ans est soupçonné d’avoir attaqué une jeune femme qui sortait de chez elle, dans la nuit du mercredi au jeudi 6 septembre 2013, près de la préfecture de Rouen. Récit.
Fitness : dans les salles rouennaises, le réconfort… par l’effort
L’agglomération rouennaise compte une quinzaine de salles de fitness. Plus aucune excuse pour ne pas se mettre au sport et entretenir sa forme physique. Retrouvez la liste des clubs à Rouen et alentours.
Info 76actu. Un policier traîné par une voiture, près de Rouen
Un gardien de la paix du commissariat d’Elbeuf a été blessé, mercredi 4 septembre 2013 lors d’un contrôle qu’il effectuait auprès du conducteur d’une Fiat 500.
Un déjeuner préparé par un MasterChef ?
Syrie
La situation dramatique que connaît aujourd’hui la Syrie exige qu’une réponse ferme et rapide soit apportée car nul ne peut rester indifférent à la détresse du peuple syrien. En revanche, j’estime que cette réponse ne peut être que globale et…
La France et l’Allemagne, unies à Oradour

Le 4 septembre 2013, à Oradour-sur-Glane, plus de 69 ans après que la barbarie nazi ait massacré 642 habitants (hommes, femmes, enfants) de cette commune de la Haute-Vienne le 10 juin 1944, les Présidents Français et Allemands ont écrit une nouvelle page de la réconciliation. Cette initiative[…]
Horaires des transports scolaires des lycées de Barentin
Les horaires sont généralement directement consultables sur le site des…
Exercice antipollution dans le port du Tréport pour tester le dispositif de protection
« Le trafic maritime en Manche est sans équivalent dans le monde et représente près de 20 % du trafic mondial. Ainsi, environ 200 navires par jour transitent dans le dispositif de séparation du trafic situé dans le détroit du Pas-de-Calais et 167 dans celui situé au large du Cotentin. Il est donc nécessaire, au niveau local, de prévenir les risques de pollution en préparant les dispositifs à mettre en place à proximité des zones les plus vulnérables et de former les personnels à l’utilisation des matériels de lutte à terre », indiquent les autorités préfectorales.
Cet exercice consiste, d’une part, à tester le dispositif de protection du port défini dans le plan ORSEC, à savoir la pose de barrages flottants de protection et de barges de dépollution pour vérification de leur bon fonctionnement et d’autre part, à former les personnes susceptibles d’intervenir sur un chantier de dépollution.
Pourquoi moi ? L’expérience des discriminations

Cet article a été publié par Olivier Masclet sur le site alencontre.org. Je souhaite vous faire partager son analyse de la dernière
enquête sociologique sur les discriminations en France, corédigée par François Dubet, Olivier Cousin, Eric Macé et Sandrine Rui.
« Une enquête sociologique de grande ampleur – François Dubet, Olivier Cousin, Eric Macé
et Sandrine Rui, Pourquoi moi? L’expérience des discriminations (Seuil, Paris, 2013, 370 p.) – invite à saisir la discrimination comme enjeu central
de la société française contemporaine: expérience destructrice de l’individu ou occasion de résistance. Mais la force de l’analyse se paye d’une trop grande généralité du propos et d’un déficit
de contextualisation des données.
Les manifestations des opposants au «mariage pour tous», qui ont rassemblé au printemps
2013 plusieurs centaines de milliers de personnes, donnent à voir ce «retour du refoulé» dont parlent François Dubet, Olivier Cousin, Eric Macé et Sandrine Rui à la fin de leur livre sur
«l’expérience des discriminations». Par cette notion, les auteurs désignent les phénomènes de crispation politique et sociale qu’on observe aujourd’hui chez tous ceux pour qui les catégories de
genre et de race remettent en cause des codes politiques et moraux qui structurent leur expérience ordinaire du monde social. Longtemps
occultées par les sciences sociales, ces catégories sont dénoncées comme autant d’attaques dont les hommes, les Blancs, les hétérosexuels seraient les cibles principales. Mais si le dévoilement
des discriminations liées au sexe provoque une véritable levée de boucliers, l’enjeu politique le plus clivant, selon les auteurs, est à chercher du côté des minorités ou, plus exactement, des
luttes pour l’imposition des normes fondant la communauté nationale.
En effet, un ensemble de transformations contribuent à mettre à mal «le vieux modèle»
national et sa défense de l’unité culturelle. Les discriminations liées aux origines culturelles ou à la race présumée sont devenues visibles du fait de leur médiatisation et de leur mise à
l’agenda public à la fin des années 1990. L’islam est sorti de l’ombre ou plutôt des caves qui ont longtemps servi de lieux de prières. La demande de reconnaissance des différences culturelles et
des identités se fait de plus en plus entendre au sein des minorités qui, même intégrées culturellement, ne sont pas prêtes à renoncer à toute une part de leur héritage culturel. Dans la vie
politique et dans les débats intellectuels, la réponse prend souvent la forme d’une défense idéologique de la nation, quand elle ne conduit pas à dénoncer les migrants et leurs enfants comme
ennemis de la nation: «le républicanisme rigide est devenu une rhétorique nationaliste et autoritaire» (p. 337). L’importance, dans les débats publics, de la question des minorités
contribue à faire des discriminations un enjeu politique essentiel. C’est sans doute pourquoi, bien qu’il se propose d’étudier «la manière dont les personnes discriminées pour tout un ensemble de
raisons vivent ces discriminations» (p. 12), le livre de Dubet, Cousin, Macé et Rui traite en priorité des individus discriminés en raison de leur «race» ou de leurs origines réelles ou
supposées.
L’ouvrage fait face à plusieurs fronts. Face au «républicanisme rigide», il nous faut,
disent les auteurs, «apprendre à vivre ensemble avec nos différences, à être égaux et différents» et donc redéfinir la manière de faire «monde commun» (p. 337). Mais ils invitent aussi à
mettre en question le modèle de justice sociale reposant sur le principe de l’égalité des chances qui prévaut aujourd’hui en France comme dans d’autres démocraties libérales. La discrimination
positive, qui est au cœur de ce modèle et dont on sait qu’elle risque d’enfermer les sujets dans des catégories préconstruites, est-elle bien la réponse adéquate? Comment associer justice sociale
et volonté individuelle de choisir son identité? Ces questions semblent structurer l’ouvrage dans son entier. Son objectif n’est ni de mesurer les discriminations ni d’en expliquer les mécanismes
mais de comprendre comment les individus les perçoivent, comment celles-ci peuvent s’imposer à eux, surdéterminer leur identité mais aussi comment, face à l’épreuve qu’elles représentent, ils se
défendent. L’approche subjective des discriminations permet aux auteurs de souligner le refus des individus d’être définis d’une manière étroite par une identité, un attribut et, finalement,
d’asseoir empiriquement la critique du modèle dominant de justice sociale.
L’argumentation emprunte deux voies. La première conduit les auteurs à mettre en lumière
l’expérience même des discriminations, entreprise à laquelle les quatre premiers chapitres sont dédiés. La seconde passe par la restitution des conditions sociales façonnant la perception des
discriminations. Dans les quatre chapitres suivants, plusieurs facteurs sont ainsi repérés expliquant le caractère variable du sentiment de discrimination.
Discrimination et stigmatisation
La discrimination, qui est le fait de faire subir aux individus un traitement inégal en
raison de tel ou tel attribut censé les caractériser, doit être distingué de la stigmatisation, qui consiste à désigner symboliquement et à qualifier négativement des identités et des
différences. Reprenant l’analyse d’Erving Goffman, les auteurs distinguent ainsi les individus stigmatisés et les individus stigmatisables mais aussi les individus discriminés et les individus
discriminables. La diversité des expériences individuelles ne peut masquer le caractère collectif de l’expérience des discriminations qui se caractérise, selon les auteurs, «par la permanence
d’une certitude et d’une incertitude. La certitude, c’est le fait de savoir que, même si l’on n’est pas discriminé, on reste toujours discriminable. L’incertitude, c’est le fait de ne jamais
savoir quand, où, comment et par qui on pourrait être discriminé» (p. 79). Cette double expérience de la certitude et de l’incertitude est au fondement du sentiment d’injustice exprimé par
les victimes: «pourquoi moi?»
Parmi les quatre combinaisons entre discrimination et stigmatisation dégagées par les
auteurs, la première associe très fortement ces deux phénomènes: elle représente «l’expérience totale» des discriminations qui envahissent l’existence tout entière. À partir de récits détaillés
de ces expériences totales, les auteurs donnent à voir, dans le premier chapitre, trois modalités par lesquelles celles-ci se réfractent dans les comportements individuels. La colère de Nordine
exprime le sentiment permanent d’une assignation au «ghetto». L’écrasement caractérise Emilie, aide-soignante née au Gabon, qui va de difficultés conjugales en difficultés professionnelles et
relationnelles, et se sent humiliée, parce que femme, Noire, peu qualifiée… Enfin, la réclusion caractérise l’expérience des individus qui, pour échapper à la stigmatisation et à la
discrimination, s’enferment dans le secret. Des récits d’homosexuels qui ont rompu le silence illustrent cette troisième modalité de l’expérience totale. Dans chacune des trois, l’identité des
individus, leur personnalité, leurs relations aux autres sont commandées par la discrimination. Mais ce qui confère un caractère total à l’expérience des discriminations tient au fait que
celles-ci se transforment pour eux en une injustice généralisée.
En ce sens, le premier chapitre invite à mettre en question le modèle de justice
aujourd’hui dominant où égalité des chances et reconnaissance des identités et des différences se renforcent mutuellement et qui semble précisément construit à partir de la seule combinaison
associant de façon étroite discrimination et stigmatisation.
Or, selon les auteurs, ce modèle de justice ignore que les relations entre la
stigmatisation et la discrimination sont plus complexes. En témoigne l’exposition des trois autres combinaisons possibles entre ces deux phénomènes. La première montre que les individus peuvent
être fortement stigmatisés mais faiblement discriminés. Les auteurs prennent pour exemple la situation des individus assignés aux emplois pas ou peu qualifiés. Bien que ces travailleurs puissent
être stigmatisés en tant qu’étrangers, noirs ou musulmans, ce n’est pas la stigmatisation qui est la cause de leur maintien dans les emplois sans qualification mais c’est leur faible
qualification professionnelle. La deuxième met en évidence l’existence d’une forte discrimination et d’une faible stigmatisation. Ici, la situation des femmes sur le marché du travail sert
d’illustration: alors que ces dernières sont peu stigmatisées, du moins tant qu’elles restent dans leur rôle, elles sont cependant discriminées dans le sens où elles sont traitées différemment
des garçons depuis leur enfance et où elles sont conduites à intérioriser cette différence. L’ordre du genre engendre en effet des inégalités entre les femmes et les hommes dans tous les domaines
de la vie sociale, à commencer par celui du travail et des secteurs professionnels les plus féminisés. Les femmes apparaissent discriminées au sens statistique du terme, mais sans que les
inégalités qu’elles subissent puissent être mises au compte de la stigmatisation, c’est-à-dire du sexisme. Enfin, la troisième combinaison renvoie aux situations conjuguant faible stigmatisation
et faible discrimination, qui sont généralement celles des individus dont le stigmate n’est pas immédiatement perceptible. Les homosexuels vivent fréquemment ce type de situation où la révélation
publique du stigmate est toujours un risque pour l’individu sans cependant aboutir nécessairement à une mise au ban.
Par ailleurs, les inégalités à combattre n’étant pas, dans le modèle de l’égalité des
chances, les inégalités entre les classes sociales mais celles que subissent les individus en raison de leur sexe, de leur identité culturelle, de leur sexualité ou de tout autre attribut, ce
modèle conduit inévitablement à réifier les identités et les groupes: le «ciblage» des catégories dites «défavorisées» précisément parce qu’elles «ne peuvent pas concourir à égalité des chances
dans les diverses compétitions sociales, scolaires, politiques, symboliques…» (p. 317) ferme aux bénéficiaires potentiels de la discrimination positive l’espace des identités et des
appartenances possibles. Or l’enquête montre que, même si l’expérience des discriminations peut être violente et douloureuse, les individus s’escriment généralement à défendre le sentiment de
leur propre valeur et ne se résignent pas aux catégories par lesquelles ils sont appréhendés et minorés.
Les stratégies de résistance à la discrimination
Les chapitres 3 et 4 donnent ainsi à voir la carrière du discriminé qui conduit les
victimes des discriminations à refuser d’endosser cette identité-là. L’entrée en est marquée par le choc consécutif à la découverte d’une discrimination, choc d’autant plus grand que l’injustice
subie vient heurter des valeurs morales qui semblaient aller de soi. Il provoque des sentiments de honte et d’humiliation qu’on retrouve dans plusieurs extraits d’entretiens. Les auteurs mettent
en lumière les différentes techniques pour «faire avec». Et d’abord celle du détachement à travers laquelle se manifeste une volonté d’ignorer, de ne pas donner prise au sentiment de dégradation.
Diverses stratégies d’indifférence sont repérées — disqualifier le discriminant, relativiser son malheur en se comparant à d’autres, désingulariser son cas en imputant la discrimination
à un problème général de racisme ou de sexisme. Il importe avant tout aux individus d’échapper «au double piège de la haine et de la victimisation afin de rester, même partiellement, le maître du
jeu» (p. 112).
Les sentiments de discrimination varient selon les parcours dans l’intégration et les
positions sociales, selon que les marchés du travail sont ouverts ou fermés, selon le fonctionnement des institutions et la manière dont elles intègrent ou pas «la diversité». Alors que les
statistiques font apparaître les grandes inégalités frappant les immigrés, ces derniers manifestent généralement un sentiment de discrimination moins élevé que leurs enfants qui ont grandi en
France. Le sentiment d’injustice est peu présent chez les immigrés, en particulier chez les moins diplômés, qui ne cessent de se définir comme des étrangers et ne se sentent donc pas autorisés
symboliquement à contester l’ordre des inégalités. Mais si les minorités ressentent plus fréquemment un sentiment d’injustice, celui-ci varie en fonction de leur intégration. Ainsi, pour les
auteurs, les minorités turques ou asiatiques, qui sont fortement intégrées économiquement mais faiblement intégrées culturellement, sont relativement préservées d’un tel sentiment. À l’inverse,
les minorités cumulant une intégration sociale fragile et une intégration culturelle forte l’expriment de façon aiguë. De telles variations paraissent dépendre du niveau d’hostilité rencontré par
les minorités, lequel est moins fonction de la différence que de la proximité avec l’autre. Du point de vue des minorités intégrées culturellement, les discriminations subies sont alors d’autant
plus insupportables que la ressemblance accroît simultanément le désir d’égalité. Les minorités africaines et maghrébines apparaissent ainsi prises dans un processus d’assimilation segmentée:
alors que toutes les enquêtes font état de leur intégration culturelle, celle-ci ne leur garantit nullement l’intégration sociale et économique. Dès lors, ces minorités ne peuvent qu’exprimer un
vif sentiment d’injustice, visible dans l’enquête de l’INED (Trajectoire et origine) de 2010.
D’une façon générale, «plus une société devient égalitaire, plus elle offre les mêmes
chances de réussir à chacun et plus les obstacles rencontrés pour accéder aux marches supérieures apparaissent comme injustes et discriminatoires» (p. 163). Ce postulat conduit à corréler le
sentiment d’injustice aux positions sociales: il est ainsi plus fréquemment exprimé par les individus appartenant aux classes moyennes et supérieures que par les membres des classes populaires.
Le sentiment de discrimination est «d’autant plus exacerbé que les effets des autres inégalités sociales ont été abolis par la réussite scolaire et professionnelle» (p. 175). À l’inverse,
pour «ceux d’en dessous», ce sentiment n’est jamais détaché d’un sentiment d’injustice sociale. Ceux-là se sentent «plus méprisés comme travailleurs que discriminés comme minorités»
(p. 171).
Selon les auteurs, aussi flagrants que soient le racisme au travail et les
discriminations à l’embauche et durant la vie professionnelle, l’expérience du travail ne se réduit cependant pas à la discrimination: «le monde du travail bouge en dépit des discriminations»
(p. 182). La mobilité professionnelle est possible pour les enfants d’immigrés et les relations de travail ne sont pas décrites de façon unilatérale comme marquées par une hostilité. Par
ailleurs, c’est bien parce que le travail reste une valeur essentielle aux yeux des individus interrogés que le sentiment de discrimination est éprouvé de manière particulièrement intense. Mais
il varie sensiblement selon les milieux professionnels: il est d’autant plus intense que le marché du travail apparaît comme «ouvert», à l’image du secteur de l’audiovisuel pris pour exemple. Ce
type de marché, très «individualiste», est moins structuré par «la race» que certains marchés «fermés» à l’image des marchés du travail segmentés, organisés volontairement ou par défaut sur une
base ethnique homogène, à l’instar des petites entreprises du bâtiment, de la restauration ou de la confection. Mais le sentiment de discrimination y est beaucoup plus exacerbé du fait que les
inégalités sont toujours susceptibles d’être ramenées à des jugements sur la personne. Ainsi, alors que la reconnaissance de la diversité a fortement progressé dans le secteur de l’audiovisuel
depuis les années 1990, les «divers» ont le sentiment d’être en permanence stigmatisés, ramenés à leur différence. Si les marchés du travail segmentés protègent davantage du sentiment de
discrimination, les protections ne sont que relatives: plus «ségrégatifs» que «discriminants», ces marchés, à l’instar du bâtiment, peuvent être des pièges pour les individus en leur interdisant
toute échappatoire. Un autre type de marché fermé est décrit: celui de la politique. Ici les minorités ne sont pas coincées à l’intérieur mais maintenues à l’extérieur par les «établis» qui en
ferment les entrées aux nouveaux prétendants. Cette fermeture découle cependant moins des discriminations que du fonctionnement endogamique du système politique.
Enfin, le sentiment de discrimination varie selon la place que les institutions font à
leurs publics et à tout ce qu’ils sont. Deux institutions sont là opposées: l’école et l’hôpital dont le fonctionnement très différent aide à comprendre les perceptions très contrastées qu’en ont
les usagers. L’hôpital est perçu comme un monde inégalitaire — inégalités d’accès aux soins, disparités entre établissements de santé, clivages sociaux et professionnels entre les médecins et les
catégories subalternes — mais peu discriminant. En revanche, l’école reste perçue comme discriminante par les élèves et les adultes interrogés. En fait, les inégalités scolaires sont avant tout
sociales et peu imputables à l’école et les discriminations s’imposent avant tout aux élèves comme une explication évidente de leur échec. «Plus que de racisme proprement dit, ces élèves et ces
anciens élèves décrivent le sentiment de mépris que l’école distille envers ceux qui ne réussissent pas comme ils le devraient.» (p. 224) Cependant, l’école porte une part de responsabilité
dans la production du sentiment de discrimination. En effet, alors que l’hôpital a fait de la diversité une politique, l’école cherche toujours à se protéger de la société qui l’entoure et,
parfois, la menace. Faute d’intégrer la diversité dans son fonctionnement, c’est-à-dire faute de considérer la singularité des élèves, elle laisse les enseignants se débrouiller seuls avec leurs
publics, au risque pour eux de se sentir abandonnés et d’en vouloir aux élèves qui fonctionnent comme les symptômes de leur déclassement et de la crise de l’école.
Au terme de cette enquête conduite en divers lieux et auprès de nombreux témoins (222
entretiens ont été réalisés, 187 ont été exploités), il ressort que les discriminations sont bel et bien devenues un enjeu central de la société française. Le modèle de l’égalité des chances ne
satisfait pas les individus rencontrés pour les raisons avancées dans l’ouvrage: d’une part, les relations entre la discrimination et la stigmatisation sont complexes, d’autre part, l’expérience
des discriminations est multiple et éclatée et ne peut donc se réduire à l’expérience totale. Les individus rencontrés se détachent d’autant plus de ce modèle visant à rétablir les chances des
catégories défavorisées qu’ils refusent d’être enfermés dans des identités particulières et défendent leur singularité. Par ailleurs, les discriminations en raison de l’origine ou du sexe
apparaissent, le plus souvent, en même temps que de très nombreuses autres inégalités sociales. Le modèle de l’égalité des chances présente ainsi le double risque d’un enfermement dans des
catégories rigides de genre ou de race et de laisser dans l’ombre les inégalités structurelles. Ce modèle de justice n’étant pas toute la justice — il semble plus ajusté aux plus méritants et aux
détenteurs de ressources sociales —, les auteurs se prononcent pour un autre modèle, construit sur «l’égalité des places» et dont le but n’est pas d’aider prioritairement certaines catégories
«désavantagées» mais de rétablir une plus grande égalité entre les positions sociales.
Mais si les discriminations en raison du genre ou de la race n’expliquent pas toutes les
inégalités, loin s’en faut, il n’empêche que les individus sont fréquemment stigmatisés. C’est le cas en particulier des communautés musulmanes. S’inspirant du philosophe canadien Will Kymlicka
reconnu pour ses travaux sur le multiculturalisme, les auteurs affirment ainsi qu’on ne pourra combattre cette stigmatisation qu’en reconnaissant aux individus un droit à la différence, qu’en
renonçant à définir la nation par son homogénéité culturelle. Mais, fidèles aux aspirations des enquêtés enregistrées durant l’enquête, les quatre sociologues préviennent aussitôt que ce droit à
la différence ne pourra pas être attribué d’en haut et priver les individus du droit à choisir leur identité. Ce droit à la différence ne pourra résulter que de leur capacité à affirmer leur
singularité culturelle dans l’arène politique et in fine des ressources sociales et culturelles qu’ils pourront détenir pour se faire entendre. En
somme, la diversité ne pourra naître que d’une plus grande égalité. «C’est pour cette raison que la lutte contre les discriminations et pour la reconnaissance des singularités reste profondément
emboîtée dans la question sociale, dans la lutte contre les inégalités et l’exclusion, dans la qualité de l’éducation et des conditions de travail, dans la mobilité urbaine, dans tous ces enjeux
communs à ceux qui sont discriminés et à ceux qui ne le sont pas» (p. 340)
Contextualiser l’investigation
Comme toute enquête sociologique fortement charpentée par un modèle théorique cohérent,
celle-ci produit une impression forte. Forte, car ce livre propose une entrée originale sur une réalité souvent saturée par des discours simplificateurs et dénonciateurs. En mettant en
lumière, par un jeu d’oppositions (marché ouvert/marché fermé; école/hôpital; immigré/minorité; stigmatisation/discrimination), le caractère pluriel de cette réalité, il invite à penser ce
phénomène dans sa complexité, à replacer les discriminations dans un faisceau de conditions sociales et à ne pas les réduire au racisme ou au sexisme. Mais la force de cet ouvrage fait aussi sa
faiblesse tant les auteurs montent vite en généralité. Si l’efficience de cette enquête doit beaucoup aux simplifications inhérentes à toute analyse bâtie sur la construction de grands
idéaux-types, ceux-ci ne laissent d’interroger le lecteur: est-il si pertinent de parler de l’hôpital ou de l’école en général? A-t-on raison de repérer les différences dans le fonctionnement de
ces deux grandes institutions en opposant les discours de soignants qui appartiennent aux classes moyennes et supérieures et d’élèves qui sont de condition populaire et marqués par l’échec? Les
minorités sont-elles toujours aussi homogènes et aussi distinguables des immigrés? Les discriminations légales sont-elles aussi résiduelles que semblent le penser les auteurs alors qu’elles
ferment l’accès aux étrangers à pratiquement trois emplois sur dix? S’il est utile de distinguer théoriquement la discrimination et la stigmatisation, cette distinction résiste-t-elle bien à
l’épreuve des faits?
Par ailleurs, la démonstration repose sur un corpus d’entretiens qui ne sont jamais
contextualisés et dont les conditions de réalisation ne sont elles-mêmes jamais analysées. Cela ne fait pas seulement problème quant à la méthode mais aussi quant à la construction de l’objet:
dès lors que les discriminations sont saisies comme réalité subjective, sous l’angle des perceptions individuelles, les relations entre enquêteur et enquêté mais aussi le contexte dans lequel ces
relations ont été nouées, ainsi que les enjeux sociaux et symboliques représentés par la situation d’entretien, devraient intégralement faire partie de l’analyse. Que disent vraiment les enquêtés
quand ils témoignent des discriminations et à qui s’adressent-ils? Faute d’interroger ses propres conditions de possibilité, l’enquête peut-elle parvenir à autre chose qu’à la validation de
ses propres postulats?
L’approche subjective des discriminations ne devrait pas non plus faire l’impasse sur les
luttes dans les champs politiques, médiatiques et intellectuels qui contribuent à produire les catégories peuplant le langage et les visions ordinaires et d’abord celles à travers lesquelles «les
discriminations» et «la diversité» se sont imposées comme réalité à la place des inégalités sociales et des classes sociales mais aussi du racisme et de la domination masculine. Les individus
n’apparaissent-ils pas d’autant plus réflexifs et pondérés qu’ils ont intériorisé les nouvelles catégories de lecture de la réalité sociale visant à en euphémiser la «dureté»? Leur
refus d’apparaître comme des victimes exprime-t-il beaucoup plus que la pénétration de la «croyance méritocratique» incitant chacun à la quête du salut individuel plutôt que collectif? »
Pourquoi Moi ? L’expérience des discriminations, François
Dubet, Olivier Cousin, Eric Macé et Sandrine Rui, Editions du Seuil, 2013
Pour aller plus loin : interview de François Dubet sur le site du nouvel observateur
Après Lubrizol, améliorer la gestion des « événements incommodants »
Un rapport recommande de prendre en compte la gestion des « incommodités » après l’incident de janvier 2013 à l’usine Lubrizol de Rouen
Cet article Après Lubrizol, améliorer la gestion des « événements incommodants » est proposé par Sébastien Bailly sur Grand-Rouen.
Pour lire l’article complet, cliquez sur son titre
Une rentrée sous surveillance !
Cette année, c’est une rentrée scolaire toute particulière qui s’est déroulée, pour près de 33 000 élèves du département de Seine-Maritime. En effet, 77 communes, sur 589 ayant une école, ont choisi d’appliquer dès cette année, la semaine de quatre…
Le plus grand bateau solaire du monde à Rouen
Piloté par Gérard d’Aboville, le MS Tûranor PlanetSolar effectue une escale à Rouen, jeudi 5 septembre. Il sera à quai entre 17 h et 18 h, passera la nuit puis partira vers Paris.
Les églises se racontent : dernier acte le 8 septembre
Pour la dernière étape de l’opération Les Eglises de nos villages se racontent, partez dimanche 8 septembre à la découverte des édifices de Biville-sur-Mer, Penly et Tocqueville-sur-Eu.
Ces conducteurs bloqués sous des trémies : accidents à la mode de Rouen
Les accidents de trémies à Rouen se multiplient. Plusieurs se sont produits au cours des deux mois d’été, le dernier en date ? Mercredi 4 septembre 2013, en soirée.
Un plaisancier disparu en mer au large du Havre: d’importants moyens de recherches engagés
Les tentatives de contact par VHF restant vaines et après avoir interrogé les ports et sémaphores alentours, le CROSS Jobourg a mobilisé d’importants moyens nautiques et aériens au large du Havre pour rechercher le plaisancier : hélicoptère Dragon 76 de la sécurité civile, la vedette de gendarmerie maritime Pavois, la vedette SNSM de Honfleur , le remorqueur VB Saint Adresse, une pilotine du port du Havre, la vedette port 2000 et le navire de pêche Ptit Pierre.
L’hélicoptère des douanes du Havre s’est également joint aux recherches ce jeudi matin, indique un communiqué de la préfecture maritime.
Des patrouilles terrestres ont par ailleurs été organisées par la police et la gendarmerie.
Les recherches ont été suspendues dans la nuit vers 1h30 et ont repris ce matin avec l’hélicoptère EC-225 de la marine nationale basé à Cherbourg.
Images. Un voilier retrouvé sans occupant au large du Havre
Mercredi 4 septembre 2013, la femme d’un plaisancier a alerté les secours, inquiète de ne pas voir revenir son mari. Seul le voilier a été retrouvé, jeudi midi.