
Un «pacte »entre l’État et les collectivités locales, mieux cibler la répartition des aides aux entreprises, créer un impôt unique… Dans une interview au JDD, Martine Aubrydétailleses idées pour la France, tout en soulignant qu’elle «partage les propositions» économiques des députés PS[…]
Normandie. Le lourd tribut des ouvriers qui interviennent sur les autoroutes
85 accidents touchant des ouvriers travaillant sur les autoroutes ont eu lieu depuis le début de 2014. La société d’autoroutes Paris Normandie lance une campagne de sensibilisation
Marie Leblon : “prête à aider un repreneur solide et compétent”
Marie Leblon avait créé en 1983 avec Eric Delienne l’entreprise du même nom. Depuis l’annonce de la liquidation judiciaire, l’artiste brayonne multiplie les coups de téléphone.
Bla bla drama 29 : Passage en revue express des saisons 2014
Maintenant que j’en ai enfin fini avec les drama de 2013 , je peux…
Le déserteur mentait sur son âge…
A Duclair, le matelot-charpentier Jacques-Philippe Decaux a-t-il menti sur son âge pour échapper à la conscription ? Oui. Nous avons retrouvé son acte de naissance… LIRE
Le parking du lycée va-t-il disparaître ?
Les membres du Syndicat des transports scolaires de Forges sont montés dans les cars pour suivre le parcours des élèves. Objectif affiché : pointer du doigt ce qui peut être amélioré. Et il est apparu que le parking situé devant le lycée était l’un des principaux points noir de cette rentrée. Un sujet récurrent chaque […]
Cy’clic, Vélo’r: le feuilleton des vélos à Rouen
Article de liberté Dimanche du 19 octobre 2014 Transports. Le dispositif rouennais de locations de vélos Cy’clic pourrait connaître un nouveau souffle à la faveur du transfert de son contrat à la métropole. …
Normandie. Aurélie, candidate à un concours pour les femmes rondes
Aurélie Gomis, 26 ans, participera, le 24 janvier 2015, à l’élection égérie Glam Plus, destinée aux femmes rondes. Un joli défi pour cette jeune femme qui assume son corps.
Le nouveau plan d’économies du gouvernement Valls – Jyvais à Dieppe…et même ailleurs !
Le nouveau plan d’économies du gouvernement Valls – Jyvais à Dieppe…et même ailleurs !
jyvais.org
Loger et manger chez l’habitant pour moins dépenser. Il fallait y penser, et ça marche ! Si l’on prend en compte les frais d’hébergement et de repas du premier ministre et de l’ensemble de ses collègues, la note en frais de location et de repas monte…
http://jyvais.org/2014/10/le-nouveau-plan-d-economies-du-gouvernement-valls.html
Normandie. La Violette de Rouen, au cœur des contournements routiers, menacée d’extinction !
La Violette de Rouen, dont le nom a souvent été associé au Contournement est de Rouen, entre autres projets d’infrastructures routières, est menacée d’extinction. Explications.
Le nouveau plan d’économies du gouvernement Valls

Loger et manger chez l’habitant pour moins dépenser.
Il fallait y penser, et ça marche ! Si l’on prend en compte les frais d’hébergement et de repas du premier ministre et de l’ensemble de ses collègues, la note en frais de location et de repas monte très vite. Rien de plus normal, il faut bien se nourrir et se loger, qui pourrait y trouver à redire ?
Mais toujours soucieux de faire économiser aux Français un maximum de dépenses notre premier ministre a mis sur pied un plan ra-di-cal : les ministres ont été invités, Emmanuel Valls donnant lui-même l’exemple, à économiser sur les repas et les notes d’hôtel. Rien de plus simple, il s’agit de se faire inviter chez l’habitant, moyennant un travail, une corvée, vaisselle, ménage, aide aux devoirs etc.
Aussitôt dit, aussitôt fait : première étape au gîte du moulin chez Jean-Paul et Frédérique Jonckheere, à la Compôte-en-Bauges pour un dîner rustique avec huit agriculteurs.
En échange : traite des vaches de bonne heure le lendemain matin. Une belle note de frais que le contribuable n’aura pas à payer, bravo Emmanuel !
Foot : Un bon nul pour le FC Dieppe face au PSG B
Après son élimination en coupe de France, le FC Dieppe a bien réagi en décrochant un partage des points mérité face à la jeune et talentueuse réserve du Paris Saint-Germain (2-2).
Quartier & CO, quartier-jardin partagé
Quartier & CO, quartier-jardin partagé
L’idée vient d’un groupe d’habitants : aménager un lieu où bien vivre et bien vieillir ensemble, avec tolérance, en préservant l’environnement, à Dieppe.
https://www.facebook.com/pages/Quartier-CO-quartier-jardin-partag%C3%A9/499581270145227
Universités de Rouen et du Havre : l’entrée directe en 2e année de médecine en expérimentation
Terminée, la première année de médecine, où s’arrête le parcours de 80% des étudiants ? Rouen et Le Havre testent l’entrée directe en deuxième année pour des étudiants de licence.
LE TOUR DE TABLE
Résultats du week-end Vendredi 17 & Dimanche 19 octobre 2014 Championnat de D1M Poule B – tour n° 3 – du 17/10/14 – (brûlage n° 4) RS ENVERMEU 1- R CRIEL 1 CEP ST NICOLAS 4- E S FRESNOY FOL 1 […]
Des babies, sabre à la main
Il n’y a pas d’âge pour l’escrime. A Neufchâtel, les babies ont le talent au bout des doigts grâce à Stéphane Lebas, président du club et éducateur fédéral.
Stationnement à Gournay : les amendes vont tomber
A Gournay, le stationnement est devenu un problème récurrent. La municipalité annonce son intention d’y remédier et a embauché un ASVP (agent de surveillance de la voie publique).
Dieppe Brighton : le site d’échanges transmanche est arrivé !
Un site tout neuf -avec sa page Facebook dédiée à la communauté des amis de l’échange transmanche- vient de voir le jour.
Son adresse ? www.Dieppe-Brighton.eu tout simplement.
La page Facebook (que vous allez liker immédiatement, non ?) est ici :
https://www.facebook.com/Dieppe.Brighton
Les plus qu’offre le nouveau site sont nombreux avec, pour commencer : un groupe meetup d’amitié et de partenariat Dieppe-Brighton, une participation au Forum e-democracy Brighton & Hove, le lien vers des blogs d’information sur Dieppe et sur Brighton, des photos et des videos, et last but not least poru très bientôt des solutions pour réserver vos voyages en Ferry Dieppe Newhaven !
You’re welcome ! Bienvenue !
Rugby, Fédérale 2. Rouen dans les temps avant d’accueillir Tours
Avec 19 points pris sur 20 possibles, le Stade Rouennais réussit un début de saison quasi-parfait et a l’occasion de conforter son leadership contre Tours le dimanche 19 octobre.
Quel avenir pour l’assurance chômage?
Six Français sur dix (59%) sont favorables à ce que l’allocation chômage devienne dégressive, selon un sondage réalisé par Odoxa pour CQFD-I-Télé et le Parisien/Aujourd’hui en France publié samedi 11 octobre.
A la question, « Pensez-vous que l’allocation chômage doit devenir dégressive », 59% des personnes interrogées répondent « oui » et 41% « non ». « Cette proposition est massivement approuvée par les sympathisants de droite (72%) mais l’enquête indique qu’elle a aussi des partisans à Gauche (40%) », précise le quotidien.
Le ministre du Travail, François Rebsamen, a considéré hier comme un « échec » pour le gouvernement et Pôle emploi le fait que certains chômeurs ne cherchent pas d’emploi, comme le montrent les premiers résultats d’une expérimentation menée par l’opérateur.
« C’est tout à la fois un constat d’échec pour nous, pour Pôle emploi, parce que ça veut dire que des gens, des chômeurs abandonnent », a-t-il déclaré au Talk-Le Figaro, rappelant que les chômeurs ont « des droits et des devoirs ».
Manuel Valls avait jugé mercredi devant les députés que le débat sur l’assurance chômage était « légitime ». Lors de leur prochaine négociation sur le sujet prévue « au plus tard » en 2016, les partenaires sociaux devront se poser « la question des devoirs des chômeurs associés à leurs droits, de l’accompagnement de ces chômeurs par Pôle emploi, et la question de l’incitation à la reprise la plus rapide d’une activité », a souhaité le Premier ministre.
Basket, Pro A. Le SPO Rouen hors sujet
Passé complètement à côté de son match, le SPO Rouen s’est incliné au Kindarena contre Bourg-en-Bresse (68-81), le samedi 18 octobre 2014 lors de la 4ème journée de Pro A.
Au Havre, l’avenir du quai Southampton, le projet du mandat !
Que va devenir le quai Southampton, au Havre ? Le maire, Édouard Philippe, souhaite sa réhabilitation pour l’inscrire au programme des festivités du 500e anniversaire de la ville.
[Initiative] Une cabane expérimentale à la Maison des forêts, près de Rouen
Des étudiants de l’École Nationale Supérieure de l’Architecture Normande ont participé à la conception d’une cabane en bois à La Maison des Forêts de Saint-Etienne-du-Rouvray.
Près du Havre, l’abattage d’un bois exaspère des riverains
Le bailleur social, Alcéane, fait procéder à l’abattage d’un bois dont il est propriétaire, à Sainte-adresse. Les riverains et l’association Écologie pour le Havre, protestent.
Caen, Rouen et Le Havre, en lice pour accueillir l’exposition universelle 2025
Cinq expositions universelles ont déjà eu lieu en France. Paris étudie la possibilité de présenter sa candidature pour 2025. Le Havre et Rouen pourraient être associées au projet.
Modulation des allocations familiales: la trahison du gouvernement vis-à-vis des familles et de la Sécurité sociale

Modulation des allocations familiales: la trahison du gouvernement vis-à-vis des familles et de la Sécurité sociale Communiqué de l’UFAL (Union des Familles Laïques) Alors qu’il n’y a que 8 jours que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale a été présenté en Conseil des ministres[…]
Jacques LEVY: Faire l’identité NORMANDE dans l’unité… ou se noyer dans le BASSIN PARISIEN
Le géographe français Jacques LEVY qui prêche depuis Lausanne, en agace plus d’un à commencer par nous mêmes ou nos amis géographes normands spécialistes du fait régional: Jacques Lévy avait notamment proposé un projet de redécoupage régional où seules comptaient les réalités économiques métropolitaines… Bigre !!!

http://www.slate.fr/story/85829/redecoupage-dix-regions
Mais il semblerait que le géographe le plus apprécié des grands médias parisiens ait enfin mis un peu d’eau humaine et géographique dans son vin aigri par la seule raison économique: à l’occasion des débats de la réforme territoriale en cours, Jacques LEVY a enfin découvert une certaine évidence… Pour qu’une région ait une réelle existence, il lui faut combiner des « ressources objectives » (le poids économique, la métropolisation, les grands équipements, institutions…) et des « ressources subjectives » (l’identité culturelle régionale, l’héritage géo-historique, un espace vécu et approprié par les habitants)
Si l’on ne tient compte que des « ressources objectives » on prend le risque de créer des grands machins technos qui n’intéresseront que les élus et les haut-fonctionnaires. Si l’on ne tient compte que des « ressources subjectives » on prend le risque de développer un régionalisme identitaire tenté par le différentialisme et le séparatisme (même si, reconnaissons-le ce risque est peu élevé en France).
L’idéal serait de tenir compte des deux: en ce sens, le projet d’unité normande est le cas d’école parfait !
Lire ci-après l’entretien donné par Jacques LEVY à l’hebdomadaire l’Express, avec pour une fois un questionnement plus que pertinent de la part du journaliste: le cas normand est, en effet, explicitement évoqué et on ne pourra que partager le diagnostic… Bigre !!!
http://www.lexpress.fr/region/jacques-levy-la-taille-des-regions-est-un-faux-probleme_1610876.html
Jacques Lévy: « La taille des régions est un faux problème »
Propos recueillis par Michel Feltin-Palas, publié le 16/10/2014 à 12:43
Universitaire réputé, Jacques Lévy s’intéresse à la géographie politique. Au sein d’équipes pluridisciplinaires, ce professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) a mené des recherches sur la mobilité et les modèles urbains. Récemment, il a publié Réinventer la France (Fayard). Il est persuadé qu’il faut revoir notre découpage territorial. Mais la manière dont le gouvernement s’y prend l’alarme. Explications.

Réforme territoriale: « François Hollande et Manuel Valls ont cherché à « faire un coup » en lançant une réforme spectaculaire », affirme Jacques Lévy.
afp.com/ Philippe Huguen
Le gouvernement a décidé de diviser le nombre de régions par deux afin de leur conférer une « taille critique ». Souffrent-elles vraiment d’un manque de superficie?
Pas du tout. Les régions françaises sont diverses en étendue et en population. Ce sont même les plus vastes d’Europe, après l’Espagne ! En fait, la taille n’est pas le bon critère. Ce qui leur manque, ce sont des compétences et des moyens : le budget des régions françaises n’est pas à la hauteur des enjeux. Pour autant, la question du redécoupage territorial est capitale.
Pour quelle raison?
Parce qu’il peut contribuer au développement juste du pays. La création des communes et des départements était adaptée à la France du XVIIIe siècle. Le problème est que l’on en est plus ou moins resté là, en aggravant même les choses depuis. De ce fait, notre organisation administrative est devenue un boulet. Il était donc urgent d’en changer. Encore aurait-il fallu suivre la bonne méthode.
C’est-à-dire?
François Hollande et Manuel Valls ont cherché à « faire un coup » en lançant une réforme spectaculaire, mais dans l’improvisation. Ils ont ainsi annoncé en avril la suppression des conseils départementaux à laquelle le chef de l’Etat s’opposait en janvier. De même, alors que les régions et les départements actuels sont présentés comme inadaptés, le gouvernement exige que la nouvelle carte… respecte leurs contours.
Quelle aurait été la bonne méthode?
Il fallait partir du local pour aller vers les régions et non l’inverse. L’urbanisation généralisée et l’explosion des mobilités ont changé la donne. La commune doit être remplacée par des territoires locaux pertinents, correspondant, en gros, aux espaces de vie des habitants, c’est-à-dire la ville, la banlieue et le périurbain ensemble. Une fois ce travail effectué, on pourrait regrouper ces « intercommunalités » à l’échelle de nouvelles régions, sans se soucier des découpages administratifs existants. Ainsi, dans l’Aisne : au sud, Villers-Cotterêts fait partie de l’aire urbaine de Paris tandis qu’au nord, Hirson jouxte la frontière belge.
Mais quels critères suivre pour rassembler ces intercommunalités en régions?
Selon moi, il y en a deux. En premier lieu, il faut observer les ressources objectives : universités, entreprises de pointe, lieux de création, hubs de mobilité, etc. En général, ces points forts se trouvent dans les grandes villes : on peut donc construire des régions autour de Lyon, Toulouse, Bordeaux ou Lille… Mais il faut aussi tenir compte des ressources subjectives, c’est-à-dire de l’identification des habitants à un territoire.
En quoi est-ce important?
Pour mener à bien un projet de développement, il faut s’appuyer sur une identité commune, laquelle suppose une mémoire partagée et un horizon de projection. Voyez la Catalogne ou la Bavière.
L’identité ne conduit pas toujours au développement : on pourrait vous opposer la Sicile ou l’Andalousie.
L’homogénéité des appartenances perçues ne suffit pas, en effet. Une identité tournée vers le passé, fermée aux autres, aboutit à des blocages. En revanche, une identité ouverte, sur laquelle on va s’appuyer pour définir un projet d’avenir, est source de dynamisme, comme on le constate en Suisse ou en Suède, où se combinent de fortes identifications au(x) pays et une claire attirance vers la modernité.
En France, quelles sont les régions qui cumulent grande ville et identité?
L’Alsace, par exemple, qui dispose à la fois d’une métropole, Strasbourg, et d’une culture spécifique incontestable. Il n’est donc nullement nécessaire de lui adjoindre la Lorraine ou la Champagne-Ardenne. Si on le fait, on va compliquer la mise en place de projets cohérents. La Bretagne est dans le même cas, sachant qu’il faut probablement lui adjoindre Nantes afin de lui donner toute sa force -si, bien sûr, les habitants concernés le souhaitent.
Pourtant ailleurs, ressources « objectives » et « subjectives » ne coïncident pas forcément…
Non, et c’est alors qu’il faut trancher, en s’appuyant sur le débat public. La Corse, par exemple, n’a pas de grandes villes, mais dispose d’une singularité si forte que son maintien comme région s’impose. Le gouvernement a d’ailleurs eu la sagesse de ne pas proposer de la fusionner avec la Provence. Et il existe des situations plus ou moins comparables : la Savoie, la Catalogne comme la Vendée gagneraient à être traitées au moins comme des espaces spécifiques au sein de leur région.
Mais il s’agirait de territoires minuscules!
Plutôt que de grandes régions faibles, mieux vaut de petites régions cohérentes, politiquement et fiscalement fortes, à condition qu’elles assument les conséquences de leur autonomie.
Que faites-vous de la solidarité nationale?
Elle doit intervenir, bien sûr, et massivement, mais sur la base de raisons explicites et non dans l’opacité, comme c’est le cas aujourd’hui. Le point de dé- part, c’est l’autonomie ; la solidarité a pour mission de contribuer à une égalité effective, non à obtenir pour l’éternité des ressources payées par l’Etat central.
La création d’un second département en Corse a débouché sur la mise en place d’une préfecture, d’un conseil général et d’une foule d’emplois publics dont l’utilité est très contestable. Il faut rompre avec cette tradition. La vraie question est : quelles sont les meilleures conditions pour que toutes les parties du territoire se développent ? Ou, dit autrement, quelle aide sera la plus efficace pour rendre les aides à venir moins nécessaires ?
Existe-t-il des régions sans identité forte dotées de ressources « objectives »?
Oui. Le Bassin parisien, typiquement. L’influence de Paris déborde largement les frontières de l’Ile-de-France et com- prend la Picardie, la Champagne, le Centre, la Normandie, l’essentiel de la Bourgogne et une partie des Pays de la Loire. Il est logique que la région influencée par une aire urbaine de 12 millions d’habitants ait une certaine taille. Personne n’est surpris que Lyon, six fois plus petit que Paris, influence la Savoie, le Dauphiné et l’ Auvergne.
La Normandie est dotée d’une réelle identité. Pourquoi voulez-vous l’inclure dans le Bassin parisien?
Sur le papier, Rouen-Caen-Le Havre, cela fait beaucoup de monde et d’énergie. Mais ce réseau métropolitain n’a toujours pas d’existence concrète, pas plus que Nantes-Rennes,Tours-Orléans ou Nancy-Metz. Si, au nom d’une identité commune, les Normands sont prêts à faire mieux que les synergies qui pourraient fonctionner au sein d’un grand Bassin parisien, cela mérite attention. Mais à eux de prouver qu’ils peuvent construire un projet de développement qui tienne la route. L’intégration dans le grand Bassin parisien est en tout cas une solution pertinente.
Les habitants de ces régions ne sont pas forcément d’accord : ils auraient l’impression d’être ramenés à un statut de banlieusards éloignés…
En dehors de la France, tout le monde a compris que c’est une chance d’appartenir à un espace doté d’une grande ville! En étant associés à Paris, ils profiteraient de sa richesse. Et tout le monde y gagnerait car les villes moyennes comme Amiens ou Reims ont des atouts que la capitale n’a pas, notamment la modicité du foncier et la proximité d’espaces naturels plus sauvages.
On aboutirait alors à un ensemble de 20 millions d’habitants! De grandes régions, adossées sur des sentiments identitaires, ne constituent-elles pas une menace pour l’identité nationale?
Ce chiffre est comparable à la population de la Rhénanie du Nord-Westphalie. Le ministre-président de ce Land est puissant : ce n’est pas pour autant qu’il menace Angela Merkel. Les républiques démocratiques n’ont pas peur des contrepouvoirs. Elles les recherchent.
Vous proposez également une région Méditerranée, mais sans l’Aude ni les Pyrénées-Orientales. C’est curieux…
Cette partie sud du Languedoc-Roussillon a plus de liens avec Toulouse qu’avec Marseille. Cela dit, l’identité catalane peut mériter une prise en compte spécifique.
Vous appelez de vos voeux une région Sud-Ouest immense, regroupant Aquitaine, Poitou- Charentes et Limousin. Quelle identité commune les Basques et les Béarnais, depuis les Pyrénées, partagent-ils avec les habitants de Poitiers?
Le gouvernement est arrivé, après tâtonnements, à une proposition raisonnable. Le point commun, c’est Bordeaux. Cela dit, ici comme ailleurs, il faut s’appuyer sur les désirs exprimés par les populations. Si, par exemple, les Poitevins se sentent plus ligériens (partie prenante du Bassin parisien) que Bordelais, à eux de le dire.
Dans le Cantal, il n’y a pas de grande ville et le conseil général rend bien des services… Faut-il vraiment supprimer les départements partout, y compris en milieu rural?
La réponse est oui. Les odes au département émanent pour l’essentiel de roitelets qui s’accrochent à leur trône et à leur cassette. Ce sont eux, non les habitants, qui exercent actuellement un chantage sur le gouvernement. Des régions fortes et des intercommunalités de grande taille peuvent très bien gérer les compétences du conseil général, les routes par exemple.
Grandes régions, métropoles, intercommunalités… N’est-on pas en train d’éloigner le pouvoir du citoyen?
Aux échelons local et régional, on pourrait fixer un socle de services accessibles à chacun, quelle que soit la localisation. De fait, le niveau des services disponibles pour la population a fortement augmenté, surtout grâce à la mobilité, qui rend la ville accessible à tous. Et il y a internet. Il serait absurde de se représenter la société de flux qu’est devenue la France contemporaine, comme si ses membres étaient encore rivés au sol. Il n’est pas forcément optimal pour la qualité du service d’installer des maternités ou des universités partout. Il y a d’autres manières d’établir l’égalité.
Le gouvernement justifie sa réforme en expliquant qu’elle permettra des économies. Y croyez-vous?
Evidemment, dans un premier temps, ce changement aura un coût -l’alignement des statuts des personnels, par exemple. Dans un second temps, on peut espérer des économies d’échelle, à la fois par la mutualisation des prestations et la mise en cause des logiques clientélistes du système actuel. Cela dit, l’essentiel est ailleurs. Il consiste à savoir si cette réforme permettra ou non de créer les conditions du développement local et régional. Si les territoires sont bien agencés et mobilisés autour d’un projet cohérent, tout le pays en profitera. Le problème, c’est la France ; les Français, la solution.
Jacques LEVY: Faire l’identité NORMANDE dans l’unité… ou se noyer dans le BASSIN PARISIEN
Le géographe français Jacques LEVY qui prêche depuis Lausanne, en agace plus d’un à commencer par nous mêmes ou nos amis géographes normands spécialistes du fait régional: Jacques Lévy avait notamment proposé un projet de redécoupage régional où seules comptaient les réalités économiques métropolitaines… Bigre !!!

http://www.slate.fr/story/85829/redecoupage-dix-regions
Mais il semblerait que le géographe le plus apprécié des grands médias parisiens ait enfin mis un peu d’eau humaine et géographique dans son vin aigri par la seule raison économique: à l’occasion des débats de la réforme territoriale en cours, Jacques LEVY a enfin découvert une certaine évidence… Pour qu’une région ait une réelle existence, il lui faut combiner des « ressources objectives » (le poids économique, la métropolisation, les grands équipements, institutions…) et des « ressources subjectives » (l’identité culturelle régionale, l’héritage géo-historique, un espace vécu et approprié par les habitants)
Si l’on ne tient compte que des « ressources objectives » on prend le risque de créer des grands machins technos qui n’intéresseront que les élus et les haut-fonctionnaires. Si l’on ne tient compte que des « ressources subjectives » on prend le risque de développer un régionalisme identitaire tenté par le différentialisme et le séparatisme (même si, reconnaissons-le ce risque est peu élevé en France).
L’idéal serait de tenir compte des deux: en ce sens, le projet d’unité normande est le cas d’école parfait !
Lire ci-après l’entretien donné par Jacques LEVY à l’hebdomadaire l’Express, avec pour une fois un questionnement plus que pertinent de la part du journaliste: le cas normand est, en effet, explicitement évoqué et on ne pourra que partager le diagnostic… Bigre !!!
http://www.lexpress.fr/region/jacques-levy-la-taille-des-regions-est-un-faux-probleme_1610876.html
Jacques Lévy: « La taille des régions est un faux problème »
Propos recueillis par Michel Feltin-Palas, publié le 16/10/2014 à 12:43
Universitaire réputé, Jacques Lévy s’intéresse à la géographie politique. Au sein d’équipes pluridisciplinaires, ce professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) a mené des recherches sur la mobilité et les modèles urbains. Récemment, il a publié Réinventer la France (Fayard). Il est persuadé qu’il faut revoir notre découpage territorial. Mais la manière dont le gouvernement s’y prend l’alarme. Explications.

Réforme territoriale: « François Hollande et Manuel Valls ont cherché à « faire un coup » en lançant une réforme spectaculaire », affirme Jacques Lévy.
afp.com/ Philippe Huguen
Le gouvernement a décidé de diviser le nombre de régions par deux afin de leur conférer une « taille critique ». Souffrent-elles vraiment d’un manque de superficie?
Pas du tout. Les régions françaises sont diverses en étendue et en population. Ce sont même les plus vastes d’Europe, après l’Espagne ! En fait, la taille n’est pas le bon critère. Ce qui leur manque, ce sont des compétences et des moyens : le budget des régions françaises n’est pas à la hauteur des enjeux. Pour autant, la question du redécoupage territorial est capitale.
Pour quelle raison?
Parce qu’il peut contribuer au développement juste du pays. La création des communes et des départements était adaptée à la France du XVIIIe siècle. Le problème est que l’on en est plus ou moins resté là, en aggravant même les choses depuis. De ce fait, notre organisation administrative est devenue un boulet. Il était donc urgent d’en changer. Encore aurait-il fallu suivre la bonne méthode.
C’est-à-dire?
François Hollande et Manuel Valls ont cherché à « faire un coup » en lançant une réforme spectaculaire, mais dans l’improvisation. Ils ont ainsi annoncé en avril la suppression des conseils départementaux à laquelle le chef de l’Etat s’opposait en janvier. De même, alors que les régions et les départements actuels sont présentés comme inadaptés, le gouvernement exige que la nouvelle carte… respecte leurs contours.
Quelle aurait été la bonne méthode?
Il fallait partir du local pour aller vers les régions et non l’inverse. L’urbanisation généralisée et l’explosion des mobilités ont changé la donne. La commune doit être remplacée par des territoires locaux pertinents, correspondant, en gros, aux espaces de vie des habitants, c’est-à-dire la ville, la banlieue et le périurbain ensemble. Une fois ce travail effectué, on pourrait regrouper ces « intercommunalités » à l’échelle de nouvelles régions, sans se soucier des découpages administratifs existants. Ainsi, dans l’Aisne : au sud, Villers-Cotterêts fait partie de l’aire urbaine de Paris tandis qu’au nord, Hirson jouxte la frontière belge.
Mais quels critères suivre pour rassembler ces intercommunalités en régions?
Selon moi, il y en a deux. En premier lieu, il faut observer les ressources objectives : universités, entreprises de pointe, lieux de création, hubs de mobilité, etc. En général, ces points forts se trouvent dans les grandes villes : on peut donc construire des régions autour de Lyon, Toulouse, Bordeaux ou Lille… Mais il faut aussi tenir compte des ressources subjectives, c’est-à-dire de l’identification des habitants à un territoire.
En quoi est-ce important?
Pour mener à bien un projet de développement, il faut s’appuyer sur une identité commune, laquelle suppose une mémoire partagée et un horizon de projection. Voyez la Catalogne ou la Bavière.
L’identité ne conduit pas toujours au développement : on pourrait vous opposer la Sicile ou l’Andalousie.
L’homogénéité des appartenances perçues ne suffit pas, en effet. Une identité tournée vers le passé, fermée aux autres, aboutit à des blocages. En revanche, une identité ouverte, sur laquelle on va s’appuyer pour définir un projet d’avenir, est source de dynamisme, comme on le constate en Suisse ou en Suède, où se combinent de fortes identifications au(x) pays et une claire attirance vers la modernité.
En France, quelles sont les régions qui cumulent grande ville et identité?
L’Alsace, par exemple, qui dispose à la fois d’une métropole, Strasbourg, et d’une culture spécifique incontestable. Il n’est donc nullement nécessaire de lui adjoindre la Lorraine ou la Champagne-Ardenne. Si on le fait, on va compliquer la mise en place de projets cohérents. La Bretagne est dans le même cas, sachant qu’il faut probablement lui adjoindre Nantes afin de lui donner toute sa force -si, bien sûr, les habitants concernés le souhaitent.
Pourtant ailleurs, ressources « objectives » et « subjectives » ne coïncident pas forcément…
Non, et c’est alors qu’il faut trancher, en s’appuyant sur le débat public. La Corse, par exemple, n’a pas de grandes villes, mais dispose d’une singularité si forte que son maintien comme région s’impose. Le gouvernement a d’ailleurs eu la sagesse de ne pas proposer de la fusionner avec la Provence. Et il existe des situations plus ou moins comparables : la Savoie, la Catalogne comme la Vendée gagneraient à être traitées au moins comme des espaces spécifiques au sein de leur région.
Mais il s’agirait de territoires minuscules!
Plutôt que de grandes régions faibles, mieux vaut de petites régions cohérentes, politiquement et fiscalement fortes, à condition qu’elles assument les conséquences de leur autonomie.
Que faites-vous de la solidarité nationale?
Elle doit intervenir, bien sûr, et massivement, mais sur la base de raisons explicites et non dans l’opacité, comme c’est le cas aujourd’hui. Le point de dé- part, c’est l’autonomie ; la solidarité a pour mission de contribuer à une égalité effective, non à obtenir pour l’éternité des ressources payées par l’Etat central.
La création d’un second département en Corse a débouché sur la mise en place d’une préfecture, d’un conseil général et d’une foule d’emplois publics dont l’utilité est très contestable. Il faut rompre avec cette tradition. La vraie question est : quelles sont les meilleures conditions pour que toutes les parties du territoire se développent ? Ou, dit autrement, quelle aide sera la plus efficace pour rendre les aides à venir moins nécessaires ?
Existe-t-il des régions sans identité forte dotées de ressources « objectives »?
Oui. Le Bassin parisien, typiquement. L’influence de Paris déborde largement les frontières de l’Ile-de-France et com- prend la Picardie, la Champagne, le Centre, la Normandie, l’essentiel de la Bourgogne et une partie des Pays de la Loire. Il est logique que la région influencée par une aire urbaine de 12 millions d’habitants ait une certaine taille. Personne n’est surpris que Lyon, six fois plus petit que Paris, influence la Savoie, le Dauphiné et l’ Auvergne.
La Normandie est dotée d’une réelle identité. Pourquoi voulez-vous l’inclure dans le Bassin parisien?
Sur le papier, Rouen-Caen-Le Havre, cela fait beaucoup de monde et d’énergie. Mais ce réseau métropolitain n’a toujours pas d’existence concrète, pas plus que Nantes-Rennes,Tours-Orléans ou Nancy-Metz. Si, au nom d’une identité commune, les Normands sont prêts à faire mieux que les synergies qui pourraient fonctionner au sein d’un grand Bassin parisien, cela mérite attention. Mais à eux de prouver qu’ils peuvent construire un projet de développement qui tienne la route. L’intégration dans le grand Bassin parisien est en tout cas une solution pertinente.
Les habitants de ces régions ne sont pas forcément d’accord : ils auraient l’impression d’être ramenés à un statut de banlieusards éloignés…
En dehors de la France, tout le monde a compris que c’est une chance d’appartenir à un espace doté d’une grande ville! En étant associés à Paris, ils profiteraient de sa richesse. Et tout le monde y gagnerait car les villes moyennes comme Amiens ou Reims ont des atouts que la capitale n’a pas, notamment la modicité du foncier et la proximité d’espaces naturels plus sauvages.
On aboutirait alors à un ensemble de 20 millions d’habitants! De grandes régions, adossées sur des sentiments identitaires, ne constituent-elles pas une menace pour l’identité nationale?
Ce chiffre est comparable à la population de la Rhénanie du Nord-Westphalie. Le ministre-président de ce Land est puissant : ce n’est pas pour autant qu’il menace Angela Merkel. Les républiques démocratiques n’ont pas peur des contrepouvoirs. Elles les recherchent.
Vous proposez également une région Méditerranée, mais sans l’Aude ni les Pyrénées-Orientales. C’est curieux…
Cette partie sud du Languedoc-Roussillon a plus de liens avec Toulouse qu’avec Marseille. Cela dit, l’identité catalane peut mériter une prise en compte spécifique.
Vous appelez de vos voeux une région Sud-Ouest immense, regroupant Aquitaine, Poitou- Charentes et Limousin. Quelle identité commune les Basques et les Béarnais, depuis les Pyrénées, partagent-ils avec les habitants de Poitiers?
Le gouvernement est arrivé, après tâtonnements, à une proposition raisonnable. Le point commun, c’est Bordeaux. Cela dit, ici comme ailleurs, il faut s’appuyer sur les désirs exprimés par les populations. Si, par exemple, les Poitevins se sentent plus ligériens (partie prenante du Bassin parisien) que Bordelais, à eux de le dire.
Dans le Cantal, il n’y a pas de grande ville et le conseil général rend bien des services… Faut-il vraiment supprimer les départements partout, y compris en milieu rural?
La réponse est oui. Les odes au département émanent pour l’essentiel de roitelets qui s’accrochent à leur trône et à leur cassette. Ce sont eux, non les habitants, qui exercent actuellement un chantage sur le gouvernement. Des régions fortes et des intercommunalités de grande taille peuvent très bien gérer les compétences du conseil général, les routes par exemple.
Grandes régions, métropoles, intercommunalités… N’est-on pas en train d’éloigner le pouvoir du citoyen?
Aux échelons local et régional, on pourrait fixer un socle de services accessibles à chacun, quelle que soit la localisation. De fait, le niveau des services disponibles pour la population a fortement augmenté, surtout grâce à la mobilité, qui rend la ville accessible à tous. Et il y a internet. Il serait absurde de se représenter la société de flux qu’est devenue la France contemporaine, comme si ses membres étaient encore rivés au sol. Il n’est pas forcément optimal pour la qualité du service d’installer des maternités ou des universités partout. Il y a d’autres manières d’établir l’égalité.
Le gouvernement justifie sa réforme en expliquant qu’elle permettra des économies. Y croyez-vous?
Evidemment, dans un premier temps, ce changement aura un coût -l’alignement des statuts des personnels, par exemple. Dans un second temps, on peut espérer des économies d’échelle, à la fois par la mutualisation des prestations et la mise en cause des logiques clientélistes du système actuel. Cela dit, l’essentiel est ailleurs. Il consiste à savoir si cette réforme permettra ou non de créer les conditions du développement local et régional. Si les territoires sont bien agencés et mobilisés autour d’un projet cohérent, tout le pays en profitera. Le problème, c’est la France ; les Français, la solution.

