Le PS dénonce «l’esbroufe»

Les socialistes estiment que «le plus dur de la crise est encore à venir» et ils demandent «un plan de relance adapté aux graves difficultés».
 
Le plan de relance de Sarkozy n’en est pas un. Alors que les perspectives économiques s’assombrissent en France, le Parti socialiste a choisi sa stratégie d’opposition : sans faille et assortie de ses propres propositions. «Le président de la République ne reconnaît pas la réalité de la crise dans laquelle nous sommes inscrits», a lancé dimanche la première secrétaire, Martine Aubry. Au même moment, elle invitait les militants socialistes à «populariser» les mesures du contre-plan de relance du PS. Après les divisions du congrès de Reims, les socialistes trouvent là un moyen de ressouder les rangs.

L’annonce des premières mesures de relance, lundi, par le premier ministre, Fillon, n’a pas fait changer d’avis les responsables socialistes. «Le Parti socialiste demande au président de réunir sans délai toutes les forces vives du pays pour définir enfin un plan de relance adapté aux graves difficultés que rencontre notre pays», a déclaré Martine Aubry lundi, dans un communiqué cosigné par le secrétaire national à l’emploi, Alain Vidalies.

La première secrétaire du PS est montée au front contre «le énième effet de communication». C’est beaucoup d’esbroufe pour peu d’effets. Pour le PS, les initiatives annoncées par Fillon ne constituent qu’une anticipation sur des dépenses déjà inscrites.

Même son de cloche du côté des élus locaux socialistes qui demandent qu’on change de braquet et de méthode. En fait de plan de relance, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une simple réécriture budgétaire. La crise est celle, sans doute, d’un système de pensée, mais elle est aussi le révélateur des limites de l’exercice du pouvoir de Sarkozy. L’incantation, l’excitation, l’énervement, l’autojustification ne peuvent se substituer à la politique.

Martine Aubry avait promis un retour. En affirmant qu’un «autre modèle est possible», en faisant promotion d’un contre-plan de relance, les socialistes répondent par une présence offensive à ceux qui souhaitaient un PS sans propositions ou voudraient lui faire perdre de l’énergie en luttes stériles internes. La ministre Bachalot moins préoccupée par l’hôpital public malade que par la présence politique redevenue conhérente du PS, a même souhaité à Martine Aubry “qu’elle se casse la gueule” (ICI), preuve que quelque chose à déjà changé…

Articles créés 534

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut