Les enseignants sont mobilisés contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs. Au Havre comme à Rouen, les étudiants sont solidaires et soutiennent ce mouvement. La Ministre Pécresse persiste et signe.
Un mouvement de protestation des professeurs d’université est en cours, contre le projet de décret réformant le statut des 57.000 enseignants-chercheurs français. Plusieurs universités devaient être en grève pour la journée à Strasbourg, Toulouse, Rouen, Bordeaux, Aix-en-Provence…
Le mouvement s’exerce sous des formes diverses: grève des cours, grève “à la japonaise” avec port d’un brassard, rétention des notes… La grève illimitée et reconductible a été votée hier à l’Université de Rouen, dans les facultés de lettres, sciences et Staps (activités sportives), mouvement soutenu par des enseignants de l’IUT et de la faculté de droit.
L’objet du mouvement est la modification du décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs. Conséquence de la loi sur l’autonomie des universités, le nouveau décret donne plus de pouvoirs aux présidents sur la modulation du temps des services des personnels entre enseignement, recherche et tâches administratives, et en retire au Conseil national des universités (CNU) en ce qui concerne les promotions.
La Ministre de l’Enseignement supérieur, Pécresse, a écarté toute idée d’un retrait du décret. Assurant que ce qui est en cause, c’est “la façon dont le président d’université va appliquer le décret”, elle s’en est remise aux présidents d’universités pour “rassurer” et construire une charte” destinée à la “bonne application” du décret.
Le président de la Conférence des présidents d’université (CPU), a assuré que son organisation, qui “concerte avec les conférences de doyens et les syndicats”, allait essayer de la mettre en place.
Après plusieurs AG d’informations, sur plusieurs sites de l’Université de Rouen, et à l’initiative d’enseignants ou de syndicats d’étudiants, une manifestation a pris le départ du campus de Mont Saint Aignan. Ils demandent le retrait sans préalable du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs (l’actuel statut date de 1984) et de la réforme en cours de la formation et du recrutement des enseignants.
La coordination nationale des universités avait appelé tous les enseignants-chercheurs, chercheurs, et membres du personnel de l’enseignement supérieur à une grève reconductible et illimité à partir de lundi.
A Rouen, cet appel à ce que les « les universités et les laboratoires s’arrêtent » a été voté en AG en faculté de Sciences et en Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) et le mouvement semble s’intensifier. Pendant ce temps, les Havrais avaient choisi un autre mode d’action, que Rouen pourrait « imiter». Des cours ont eu lieu dans le hall de la mairie. Une nouvelle AG est prévue aujourd’hui et un conseil d’administration extraordinaire envisagé vendredi.