Un dossier important pour nous, passe ce soir, en conseil municipal :
l’acquisition par la ville, des derniers hectares de terrains au fond du val.
Après 2 années de discussions, qui ressemblèrent parfois à un véritable
dialogue de sourds, la ville rachète enfin les terrains que la SAFER avait
préempté en 2008.
Cette acquisition garanti la protection de l’ensemble du site, de plus de 20
hectares, classé remarquable au titre de la protection de l’environnement par
arrêté ministériel. Un premier ouf ! C’en est fini des calculs des petits
malins, qui misaient sur l’urbanisation des terrains, au gré d’un nouveau
renoncement gouvernemental à préserver l’environnement…
La ville pourra ainsi reprendre la gestion du site dans sa globalité,
préserver les espaces naturels et engager toutes les démarches pour apporter
des solutions aux problèmes de pollution constatés il y a un an, sur les
terrains agricoles.
Ce dernier sujet est surement celui qui ouvre le plus le débat : En
effet, cette pollution, qui surgit aujourd’hui dans le dossier et bouleverse
tous
nos beaux projets, est une sorte d’épreuve, de test pour les élus que nous
sommes. Elle nous alerte sur la défaillance, pourtant annoncée, du
développement industriel écologiquement insoutenable qui a marqué l’histoire de
notre agglomération. Elle nous donne l’occasion de montrer notre capacité à en
réparer, ou non, les dégâts, pour rendre aux générations futures une terre
vivable. Elle doit nous interroger, enfin, profondément sur les conséquences de
nos modes de vie.
Aussi, depuis quelques semaines, avec les précieux conseils des responsables
de l’ARS (Agence Régionale de la Santé) et l’appui des élus écologistes de la
CREA et de la Région, je m’emploie à mobiliser toutes les ressources
nécessaires pour relever le défi : Un travail de recherche scientifique
important est à mener, les sujets sont nombreux et complémentaires :
quelles sont les causes précises de la pollution (retombées atmosphériques
liées à l’industrie, impact de la circulation automobile, épandage de boues
d’épuration, pollutions accidentelle, etc), quelle est son ampleur, quels sont
les mécanismes de transfert dans les végétaux (à partir d’un sol
particulièrement calcaire), quels sont les éventuels facteurs d’exposition et
de risque pour la santé humaine?
Ce dossier pourra également mobiliser la recherche appliquée, elle aussi
présente sur notre ville universitaire, pour étudier et mettre en œuvre des
moyens de phytoremédiation (dépollution par les plantes). Les premiers retours
sont d’ores et déjà positifs : Quelques éminentes personnalités
scientifiques m’ont déjà confirmé leur intérêt pour ces sujets (chercheurs de
l’INRA d’Orléans, de la faculté des sciences de Mont Saint Aignan, de l’INERIS
et d’autres… ). Du travail nous attends !
Voilà comment nous pourrons, si nous ne ménageons pas nos efforts pour
comprendre et agir, transformer ce qui ressemblait fort à un problème, en
opportunité. Pour une ville universitaire comme Mont Saint Aignan, c’était peut
être, finalement une évidence !
Stéphanie Taleb-Tranchard, première adjointe au Maire, chargée de
l’environnement et de la démocratie participative.
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