L’accident nucléaire en cours au Japon vient nous rappeler tristement la réalité de la sûreté nucléaire dans le monde. Depuis la catastrophe de Tchernobyl, l’industrie du nucléaire fait valoir la différence entre les installations vétustes, les défauts de construction et les dangers des technologies soviétiques et la sécurité des constructions et des opérations dans les pays riches. Or, pourtant conçues pour résister aux tremblements de terre, les centrales japonaises démontrent aujourd’hui clairement les limites de la sûreté dans la production nucléaire dont les catastrophes possibles n’ont pas d’équivalent par leur ampleur dans les autres industries. Nous ne savons pas, à ce jour, ce qu’il en est précisément de cette catastrophe, mais les images de l’explosion des bâtiments d’un réacteur de la centrale de Fukushima et l’évolution des événements (annonce d’une possible fusion du cœur dans deux réacteurs) nous laissent craindre le pire. L’autorité de sûreté nucléaire japonaise, les ministres français de l’industrie et de l’écologie, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se sont empressés de minimiser l’événement en écartant tout parallèle avec Tchernobyl. Cela n’est malheureusement pas pour nous rassurer, les mensonges, dénégations et autres manipulations liées à la catastrophe soviétique étant dans toutes les mémoires. Il en va en effet de l’avenir de la filière nucléaire, une catastrophe de grande ampleur dans un des pays les plus riches de la planète contribuerait à jeter le discrédit sur la sûreté de ces installations industrielles à haut risque.
Tout est fait depuis les années 60 de par le monde pour empêcher à la démocratie de faire valoir ses droits dans l’industrie du nucléaire. Ainsi a été passé en 1959 un accord entre l’OMS et l’AIEA qui retire à la première toute autonomie pour en étudier les conséquences sur la santé. La catastrophe en cours au Japon rend indispensable l’ouverture urgente en France d’un débat réellement démocratique sur l’avenir du nucléaire.
Le Parti de Gauche de Seine-Maritime, qui a participé aux actions contre la construction d’un nouveau réacteur (EPR) à Penly affirme nécessaire une sortie programmée du nucléaire et condamne la précipitation du ministre Besson à vouloir signer en fin de ce mois le décret autorisant la construction de cet EPR. Il défend la nécessité de développer les énergies renouvelables et les économies d’énergie.
Le collectif Stop EPR appelle à une manifestation SAMEDI 19 mars 2011, à 14 h, place de la Cathédrale à Rouen pour manifester notre refus du nucléaire dans ce contexte tragique.