Cela se déroule ici, à Bihorel lès Rouen, à 1 heure 10 de Paris, quand les trains sont à l’heure !
Au départ en 2008, deux Maires, Gilbert Renard (UMP), maire de Bois-Guillaume, 13 000 âmes et Pascal Houbron (Nouveau Centre) maire de Bihorel, 9 000 habitants, élaborent dans les secrets de leurs préparatifs électoraux, une vaste stratégie visant à contrecarrer l’influence de Laurent Fabius, Président putatif de l’Agglomération rouennaise, mais aussi à prendre un peu d’importance vis-à-vis de leurs concurrents internes des droites locales. L’un est conseiller général, il a besoin de logement sociaux car sa ville n’en compte que 5 % (il n’y a pas que Neuilly dans la vie) alors les 30 % de LS de Bihorel sont bons à prendre, l’autre ne rêve que de la députation.
Son problème, dans sa circonscription, la deuxième de Seine-Maritime, est que son principal adversaire est déjà de droite.
Leur arme absolue, et néanmoins secrète, se révèle être la fusion de leurs deux villes, Bois-Guillaume et Bihorel.
Tels Bouvard et Pécuchet les deux compères se mettent en chemin.
Pour éviter « d’affoler les populations » (sic !), ils n’inscrivent pas leur grand projet dans leurs programmes électoraux.
En revanche, dès leurs réélections, difficilement obtenues, ils annoncent fièrement et à grand renfort de publicité leur projet de fusion.
L’accueil des populations est froid. Déçus, mais nullement démotivés, ils décident de diligenter une étude d’experts, assez coûteuse, qui leur permettra de ramener les populations réticentes à la raison. Dans la perspective du référendum qu’imposait, alors, la loi, pour ce type de fusion, on ne peut en effet pas agir sans l’approbation et la validation des habitants.
Les experts, dont c’est pourtant le métier, ne se montrent pas très convaincants, ni très convaincus. Une étude réalisée par un cabinet privé, ne fait pas ressortir d’avantages évidents à fusionner. L’accueil des populations reste désespérément froid. Dans ces conditions climatiques, un référendum pourrait s’avérer très néfaste et venir contrarier le destin des deux hommes.
Refusant de céder à la pression des populations, les deux maires compères décident donc de s’attaquer à la loi qui contrarie leur projet.
Ils ont des amis à Paris, des connaissances au Sénat et puis les lois, tout le monde les lit mais pas toujours jusqu’au bout !
Alors, l’air de rien, sans y toucher, au lendemain d’une rageuse bataille parlementaire opposant presque tout le monde à tout le monde, nos deux petits bonhommes ont réussi à faire glisser un petit texte, auprès d’une commission mixte paritaire épuisée. Une fusion de communes sera dorénavant possible sur simple décision des conseils municipaux.
La lumière est au bout du chemin, Laurent Fabius et sa CREA n’ont qu’à bien se tenir.
Comme nos deux hommes sont perfectionnistes, ils décident de faire appel à une agence de communication, très coûteuse. Celle-ci leur propose un plan global qui permettra d’assurer une adhésion pleine et entière des populations à leur démarche éclairée.
Le plan global, d’inspiration et d’esthétique stalinienne se déroule sans accroc. L’accueil des populations se réchauffe considérablement, on semble même au bord d’un frémissement. Les vacances d’été approchent.
Toutefois, les communicants leur conseillent de maintenir une consultation. Un mariage sans la bénédiction des foules, ne saurait être un mariage d’amour. Avec la campagne Marketing qui se profile, pour un peu les gens donneront de l’argent pour participer à la fusion. Et puis, le risque est calculé, puisqu’il sera toujours temps de mépriser le résultat des urnes, en cas de malheur, après tout, mariage pluvieux, mariage heureux. Il est temps de publier les bans, dans une affaire qui n’a que trop duré, pour qu’enfin nos deux hommes s’attaquent à la recomposition politique locale, ce qui est leur vraie mission, leur vrai destin.
Au soir du 26 juin 2011, la consultation est très, très défavorable. Nos deux hommes sont des incompris et les citoyens des imbéciles, quant à l’agence de communication, elle ne communique plus.
– Coût de l’étude KPMG : 35 000 €
– Coût de l’agence d’influence : 88 000 euros TTC
Mais à quoi bon vouloir convaincre les gens puisqu’il suffit de les vaincre. Convaincus que leurs raisons doivent l’emporter, ils reprennent leur route, jouent avec les chiffres pour mieux les rejeter avec mépris et condescendance. Les opposants, soudain, sont nuisibles et éternels insatisfaits.
Nos deux compères, eux, poursuivent leur chemin vers « l’excellence ».
Eh non, Flaubert n’est pas seulement le nom d’un Pont levant sur la Seine. Il faudrait que quelqu’un trouve la force de le leur dire car pendant ce temps-là, la République les laisse agir en toute impunité, les laisse bafouer les règles démocratiques sans vergogne.
Le train sera à l’heure, cela se passera à 1h10 de Paris, un 4 juillet à 18h30 dans une parodie de Conseil Municipal. Bihorel, la plus petite des deux communes tombées en « totalitarisme légal », en sera le terminus.
Un accueil peut-être organisé en gare de Rouen à l’arrivée des trains directs Paris- Rouen
Départs toutes les heures, exemple 15h 50 – 16 h 50.
Contact Presse : Benoit Pétel/ 06 86 44 01 60/bpetel76@yahoo.fr
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