La rétrogradation des États-Unis par l’agence Standard & Poor’s illustre, jusqu’à la caricature, le niveau atteint par la domination des marchés financiers sur la politique.
Que la première puissance économique mondiale, après d’autres États de poids plus modestes, soit ainsi désignée comme pays à risque pour ses créanciers par une société privée, sans aucune légitimité à exercer un pouvoir aussi exorbitant, devrait stupéfier les observateurs.
Comment ça marche ?
Les marchés dictent leurs choix et émettent des notes, constituent des classements qui, loin de n’être qu’indicatifs, entraînent des conséquences lourdes pour les peuples. C’est à eux de payer la facture.
Tout l’art de la politique se résumerait à rassurer les marchés financiers, dont on redoute tant les colères, tout en évitant de s’aliéner trop fortement les opinions publiques. Pourtant, les marchés financiers ne sont pas des êtres impalpables, dotés de la fameuse «main invisible» décrite en son temps par Adam Smith, théoricien du libéralisme, mais ce sont des hommes qui spéculent pour accroître leurs profits et n’ont que faire de l’intérêt général.
Les mêmes causes produisent les mêmes effets…
Le sentiment de fatalité, qui conduirait à l’impuissance, ne parvient pas à étouffer la forte demande sociale.
À Athènes, comme à Madrid, c’est plutôt l’indignation qui prévaut, et jusqu’en Israël, qui a connu, dimanche,
la plus grande manifestation de son histoire.