La démocratie est-elle soluble dans la fusion ?

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Depuis sa présentation aux élus en 2009, les couacs se sont
accumulés dans cette affaire. Jusqu’à son épilogue. Le tout dans une version
éminemment antidémocratique…

Si vous avez suivi l’actualité concernant ce projet porté principalement par
les maires de Bois-Guillaume et Bihorel, vous savez déjà que l’idée
démocratique a été mise à mal tout au long de la mise en œuvre du
processus.

Déjà, nous savons que ce projet n’était pas dans les programmes des deux
maires lors de la campagne électorale. On se rappelle de la fameuse phrase de
M. Renard qui ne voulait pas « polluer le débat » avec une fusion
lors des dernières municipales. Se présenter face aux électeurs avec des
projets cachés (outre la fusion, le bradage de terrains municipaux au profit de
l’enseignement privé confessionnel) est loin de l’éthique que tout démocrate
doit présenter aux électeurs.

La première réunion où nous fut présenté ce projet restera également dans
les annales de la mauvaise gouvernance : comment se fit-il que les élus
des groupes majoritaires possédaient des mandats de leurs collègues alors…
qu’aucun vote n’était précisé sur la convocation et que deux conseils
municipaux distincts ne peuvent participer à un même scrutin lors de rencontres
intercommunales ?

Cette réunion et son déroulement avaient déjà semé la perplexité parmi les
groupes d’opposition des deux communes et annonçaient les libertés prises avec
la démocratie de juin et juillet 2010. Alors que le scrutin a été net et sans
appel en faveur du nom, les deux maires nous ont servi un tour de passe-passe
concernant les résultats(les scores ramenés au pourcentage des inscrits) et
leur exploitation : le vote s’est déroulé de façon surréaliste. Alors que
les 9 conseillers municipaux des groupes Progrès Solidarité Ecologie et
Ensemble prenons notre avenir à cœur) se sont exprimés longuement, seuls MM.
Renard et Billiard ont pris la parole pour défendre leur projet.

Aucun adjoint par contre n’a pris la parole pour le conseil municipal le
plus important peut-être depuis la scission. De plus, alors qu’un conseil
municipal « ordinaire » voyait au maximum deux ou trois absences de
conseillers, nous avons crevé le plafond le 4 juillet dernier avec pas moins de
six absents dans les rangs de la majorité municipale !

Mais outre ces détails, le plus grave a été le non respect du vote des
électeurs qui ont exprimé leur choix (quel qu’il soit) qui avait amené un score
sans appel dans les deux communes (pour mémoire 60% pour le Non à
Bois-Guillaume et 66% à Bihorel). Les deux maires ont entériné et fait
entériner un projet malgré une consultation qu’ils avaient eux-mêmes
organisée !

Mais le coup de grâce à la démocratie a été donnée il y a quelques jours par
les services de l’Etat (ou de l’Etat-UMP) qui ont trouvé la solution au
problème de surpopulation « conseillère » lorsque les deux conseils
municipaux devront être fusionnés. Là encore, MM. Renard et Houbron avaient
juré la main sur le cœur que jusqu’aux prochaines élections municipales les 33
+ 29 conseillers allaient poursuivre leurs mandats jusqu’à la fin. Pourtant,
les services de l’Etat ont décidé cet article N°4 :

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On remarquera que les membres à éliminer le seront dans « l’ordre du
tableau ». Exit donc MM. Buisson et Ravenel et également Guillaume Avisse et
Firouze Djoubri-Michel (liste Bihorel avec Vous) ! On aurait pu penser
qu’un calcul un peu moins simpliste ait permis à la nouvelle commune de garder
une représentativité issue des dernières élections municipales. Là encore, la
représentation démocratique est mise à mal. C’est décidément devenu une sacrée
manie… à moins que cela ne soit un mode de fonctionnement de l’Etat-UMP !
Dans le cadre de scrutins proportionnels plurinominaux, alors qu’Il existe une
règle démocratique appelée « règle d’Hondt » ( voir
ici
) qui aurait pu être utilisée, pour nos deux communes, nous
sommes soumis à la « règle de Honte » !

Alors qu’une bonne partie des citoyens du Monde réclame des réformes
démocratiques, chasse des dictateurs, attire l’attention sur l’orientation
suicidaire de la société, parfois au péril de leur vie, notre pays, lui, n’a de
cesse de réduire les libertés fondamentales et la pratique démocratique, et ce
du local au national !

A la question « la démocratie est-elle soluble dans la fusion, force
est de constater qu’on peut -malheureusement- répondre par
l’affirmative !

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