Le 27 juin 1926, dans la campagne cauchoise, non loin du Havre. Désiré-Jean Bénard, 27 ans, vient tout juste d’être embauché comme ouvrier agricole chez les Lejeune quand il se rend coupable d’un acte irréparable et d’une rare sauvagerie.
Bénard, après quelques jours de travail, demande à son patron une avance sur son salaire pour acheter des objets de toilette. L’homme n’a rien à se mettre sur le dos, rien pour se laver, nettoyer.
Le patron, Lejeune, ne voit pas de raison de refuser à ce bon ouvrier une petite avance. Il lui tend quelques billets.
Désiré se paye donc un savon et quelques autres articles. Allez savoir pourquoi, il fait également l’emplette d’un couteau, sans véritable raison.
Comme un cochon
Quand il rentre à la ferme, les patrons sont partis aux champs pour travailler comme chaque jour. Seule restait la petite Yolande, la fille du couple, âgée de 4 ans. L’enfant habituée à la solitude de la ferme joue paisiblement avec ses poupées de chiffon.
À sa vue, Désiré est empli d’un désir innommable. Il se jette sur l’enfant avec son couteau à la main. Il l’égorge avec sa lame neuve pour l’empêcher de crier. En quelques secondes, le pavé est recouvert de sang. L’enfant n’a eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Désiré ne peut alors retenir une pulsion dévastatrice et viole le petit corps sans vie.
Désiré ne cherche pas à fuir et les parents découvrent avec stupeur l’horrible tragédie. Désiré est arrêté en douceur et se dit incapable de justifier son acte sauvage.
Il est condamné le 26 novembre 1926. Le « satyre de Ménonval », comme on le surnomme, est guillotiné le 17 février 1927. Comme pour toutes exécutions , le père de la victime est présent sur les lieux. Son regard fixe le criminel dans ses derniers instants de vie.
Sur ses carnets de notes, le bourreau du jour, Anatole Deibler, qui décapite là son 200è condamné en tant que chef, note pour toute information : « Jeudi, temps un peu brumeux, 6 h 40 ».