Tous les élus Bas-Normands mobilisés
Par Catherine BERRA (France 3 Basse-Normandie)
Le château de Bénouville abrite la Chambre régionale des comptes de Basse-Normandie depuis 1982
On le sait, les chambres régionales des comptes de Haute et Basse-Normandie devront fusionner dans les prochaines semaines. La question aujourd’hui est de savoir qui, de Rouen ou de Caen, accueillera la future instance.
Chaque ville prêche évidemment pour sa chapelle.
C’est pourquoi les élus Bas-Normands, députés, sénateurs et les présidents du conseil régional et des trois conseils généraux de la Manche, de l’Orne et du Calvados ont adressé un courrier au Premier ministre.
François Fillon doit en effet décider prochainement de la localisation de la future Chambre régionale des comptes de Normandie.
Une décision difficile à prendre tant du point de vue du volume des missions des deux assemblées que de celui des agents et magistrats qui y travaillent.
Pour les signataires, c’est la situation géographique de Caen et l’organisation des réseaux de communication qui plaident le mieux pour la capitale bas-normande.
« Les missions de service public des Chambres régionales des comptes imposent à leurs magistrats une capacité de déplacement sur tout le territoire de leur juridiction. Caen est au centre de l’espace normand. C’est celui des deux sites qui générera le moins de difficultés quotidiennes à l’exercice des missions de la future Chambre régionale des Comptes » assurent-ils au chef du gouvernement.
De son côté, dans un courrier d’accompagenement, le député-maire PS de Caen, également président de l’agglomération caennaise, Philippe Duron affirme qu’il est déterminé à « faciliter l’implantation » de la nouvelle Chambre, souligant qu’un ensemble de bureaux susceptible de l’accueillir est en cours de construction juste en face de la gare de Caen. Ensemble qui offrira « des conditions d’accessibilité optimales et des conditions de travail plus modernes » aux agents et magistrats.
La liste des signataires :
Mme Nicole AMELINE, Députée du Calvados
M. Philippe BAS, Sénateur de la Manche
Mme Sylvia BASSOT, Députée de l’Orne
M. Laurent BEAUVAIS, Président de la Région Basse-Normandie
M. Jean BIZET, Sénateur de la Manche
M. Bernard CAZENEUVE, Député de la Manche
M. Alain COUSIN, Député de la Manche
M. Jean-Yves COUSIN, Député du Calvados
M. Yves DENIAUD, Député de l’Orne
M. André DUBUISSON, Premier Vice-Président du Conseil Général de l’Orne
Mme Laurence DUMONT, Députée du Calvados
M. Ambroise DUPONT, Sénateur du Calvados
M. Jean-Léonce DUPONT, Président du Conseil Général du Calvados et Sénateur du Calvados
M. Philippe DURON, Député du Calvados
M. René GARREC, Sénateur du Calvados
M. Claude GATIGNOL, Député de la Manche
M. Jean-Pierre GODEFROY, Sénateur de la Manche
M. Philippe GOSSELIN, Député de la Manche
Mme Nathalie GOULET, Sénatrice de l’Orne
M. Guénhaël HUET, Député de la Manche
M. Jean-François LE GRAND, Président du Conseil Général de la Manche
M. Jean-Marc LEFRANC, Député du Calvados
M. Jean-Claude LENOIR, Sénateur de l’Orne
M. Claude LETEURTRE, Député du Calvados
Commentaire de Florestan:
A l’Etoile, nous suivons ce dossier depuis près d’un an: les militants de l’unité normande se sont mobilisés auprès des autorités compétentes et ce au plus haut niveau de l’Etat pour obtenir l’essentiel, à savoir le principe d’une chambre régionale des comptes en Normandie dans le cadre du réaménagement de la carte des chambres régionales des comptes en métropole (18 au lieu de 22) et éviter à la Normandie un nouveau déménagement administratif soit vers Rennes ou Nantes soit vers Lille ou Douai.
Les élus bas-normands se mobilisent maintenant (TOUTACAEN) après la mobilisation des élus haut-normands (TOUTAROUEN): cette danse des fourmis au devant de leur demi-fourmilières respectives nous amuse et nous attriste en même temps…
Le décret d’application de la loi réformant les chambres régionales des comptes (qui dépendent désormais de la Cour des Comptes présidée par le socialiste Didier Migaud) est donc en cours de rédaction à Matignon avant validation par le Conseil d’Etat:
deux possibilités:
1) le choix de Rouen (dans la logique métropolitaine classique sachant que Rouen est d’ores et déjà la préfecture interrégionale normande de fait): Laurent Fabius aura pu négocier la chose directement avec Didier Migaud. On peut en outre arguer du fait qu’il y a plus d’habitants et de collectivités territoriales (communes) en Haute qu’en Basse Normandie… Mais on peut aussi arguer que Caen bénéficie d’une situation plus centrale en Normandie que Rouen, sans aller jusqu’à convoquer le souvenir de l’Echiquier, administration des finances du duché à l’époque anglo-normande qui était établie au château de Caen…
2) le choix de ne pas choisir entre Rouen et Caen en donnant aux élus normands concernés un délai pour proposer une solution qui les oblige ENFIN à les mettre devant leurs responsabilités régionales: si cette solution était choisie elle serait, au regard de l’histoire même du dossier politique de la « réunification », l’occasion d’une belle ironie de l’Histoire précisément car en 1972 et 1973, le gouvernement du président Pompidou avait laissé un délai aux élus normands pour qu’ils s’accordassent sur le périmètre définitif du futur Etablissement Public Régional en Normandie…
Faute d’accord et de querelle normande, on sait ce qu’il en advint: création d’un EPR bas-normand et d’un EPR haut-normand qui fut mis sous tutelle du préfet jusqu’en 1982…
A quelques mois des présidentielles, le gouvernement voudrait-il trancher entre Caen et Rouen ou alors opter pour une solution » à la normande », celle de ne pas choisir pour envenimer une querelle normande et socialiste!