Un régisseur général… étoilé

Alors que se fabrique l’exceptionnel décor signé Adeline Caron pour le prochain opéra programmé en février- Egisto de Francesco Cavalli- le régisseur général passe ses journées en allers-retours entre son bureau d’études du Théâtre des Arts et le gigantesque atelier de la rue des Grosses Pierres à Déville-les-Rouen, pratique, fonctionnel et bien situé, mis à disposition de l’Opéra de Rouen depuis un an, par le Conseil régional de Haute-Normandie.
«Dans cet espace de 4150 m2, dit-il, une ancienne usine de composants électroniques, nous construisons des décors pour nos productions, les coproductions et même parfois des commandes extérieures, nous assurons la réfection et la mise aux normes de décors en tournée, l’entreposage des décors et des costumes. Nous faisons travailler dix constructeurs en moyenne dont un chef de construction ( serruriers, menuisiers, peintres décorateurs, sculpteurs, plasticiens….), de nombreux intermittents du spectacle et des stagiaires venus des établissements de formation et des lycées professionnels de la région. L’atelier génère des emplois en quantité non négligeable et développe des compétences». 240 jours d’activité sont inscrits sur la saison 2011-2012 pour 7 décors et des commandes extérieures. La vie lyrique rouennaise s’est de tous temps accompagnée d’une forte activité de production et l’atelier du Théâtre des Arts a souvent permis à Rouen d’occuper une place privilégiée dans la création artistique nationale.

«L’envers du décor»
Gabriel Meraud-Lanfray aime son métier de régisseur général ; ça se voit quand il échange avec son équipe. «J’ai appris beaucoup sur le tas. J’ai la chance d’être habile de mes mains, d’être bricoleur. Ca m’a servi depuis mon bac professionnel acquis en 1992, bac en maintenance des systèmes mécaniques automatisés. Pendant deux ans j’ai travaillé dehors par tous les temps dans le secteur du bâtiment, à l’Université de Mont-Saint-Aignan par exemple. J’ai perfectionné mes acquis en électricité, en mécanique, en hydraulique. Et puis en 1994, alors que je n’éprouvais pas d’intérêt particulier pour l’artistique, j’ai découvert le côté magique du théâtre, l’envers du décor, le travail à l’abri des intempéries, le milieu sympa des intermittents du spectacle, les horaires décousus à Gorki, Dullin, Marc Sangnier, Duchamp-Villon. En 98 avec Laurent Langlois et l’association «Léonard de Vinci» qui oeuvrait beaucoup pour «Octobre en Normandie», nous faisons le pari de remettre en état le Théâtre des Arts fermé depuis un an et qui avait souffert du manque de maintenance. On y passait des journées entières, on dormait même sur place ! Là j’ai compris que mes connaissances mathématiques et physiques acquises au lycée allaient être utiles, que Pythagore et Thalès devenaient  indispensables pour inventer par exemple des systèmes de déplacement de charges, des mouvements de décors sur le plateau : car on est souvent dans le domaine du prototype»…
Il a fait du chemin depuis son premier décor en 1999 ! Petit, il jouait au Meccano. Aujourd’hui à 39 ans il est passé à une autre dimension. «Vous n’imaginez pas le plaisir que l’on ressent lors des représentations publiques, quand apparaît le décor éclairé, conforme aux indications du scénographe, embelli par la musique venue de la fosse d’orchestre et joliment exploité. C’est jubilatoire !»

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