Forges : Retour d’ Afghanistan pour le lieutenant Kalek

 

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Pas facile de retrouver ses repères après plusieurs mois de mission en Afghanistan. Lundi, après plus de six mois d’absence, le lieutenant Frédéric Kalek, commandant de la communauté de brigades Forges-Saint-Saëns a dû retrouver ses repères brayons après plusieurs mois de mission en Afghanistan dans le cadre de l’opération Pamir (missions des forces françaises en Afghanistan) au sein du bataillon du 16e BC.

« Mon ordinateur ne répond plus, je dois redemander des mots de passe. Il ne me reconnaît pas », lance t-il avec humour. Lundi 7 janvier, il était de retour à la brigade de Forges après plusieurs mois passé en Afghanistan.

Intégré dans le groupe tactil interarmée, le lieutenant Kalek a vécu des moments forts parfois très durs. Et le retour n’est pas aussi simple qu’il l’avait imaginé.

A 49 ans, le lieutenant n’en est pourtant pas à sa première mission. Dès 1990 et durant plus de deux ans, il travaillera pour l’ONU et sera l’un des premiers casques bleus dans les Balkans. Une région qu’il retrouvera entre 2004 et 2008 pour d’autres missions.

Et parmi ses sept missions sur des théâtres d’opération, celle qu’il vient de conclure restera la plus difficile. « C’est un dépaysement total avec la Normandie. Après trois mois de stage d’aguerrissement et douze heures d’avion, c’est le choc des cultures et de climat ».

L’Afghanistan ne se résume pas aux images que la télévision veut bien nous faire parvenir. « C’est un pays difficile à comprendre. On y est jamais en sécurité. Il faut toujours être sur ses gardes. C’est usant nerveusement et psychologiquement » explique-t-il.

Le lieutenant Kalek était basé àTagab dans la province de Kapisa à l’est du pays. Il est revenu durant l’été mais n’a repris son travail que lundi dernier. Il fallait se remettre d’une telle aventure humaine et surtout retrouver sa famille. Une famille unie derrière la passion de ce père de trois enfants. Une famille qui lui aura servi de sas de décompression.

« Heureusement qu’il y avait internet même si le réseau n’était pas très bon. Cela permettait de garder le contact ».

Car malgré sa longue expérience, l’Afghanistan restera pour le lieutenant un souvenir aride comme la terre de Kapisa, inaccessible comme les montagnes afghanes et dangereuse comme une embuscade. Car là-bas, la guérilla n’est pas un simple mot c’est un état d’esprit. Un quotidien qu’il faut apprendre à gérer. « La routine est à proscrire » prévient-il.

Isolé, ravitaillé par convoi, le lieutenant et ses hommes ne doivent compter que sur eux-mêmes. Là-bas, le lieutenant a appris le sens de l’expression solitude du chef.

Pour couvrir les 700 mètres qui le séparait du District center police (le centre où il devait former les chefs de la police locale), le lieutenant devait parfois compter trois heures. A chaque coin de rue, le danger n’était jamais loin.

Quant à la formation professionnelle, elle prenait parfois des allures de techniques indiennes. C’est dans le sable et non sur des cartes que se dessinent les plans et les stratégies de sécurité. « Ils sont très tactiles et visuels. Ils reproduisent ce que l’on fait ».

Ce que le lieutenant retiendra de cette mission, c’est le danger permanent. Des images qui s’entrechoquent dans la tête autant que sur les photos qu’il stocke jalousement.

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