Jean-Marc Ayrault, Premier ministre : « nos initiatives diplomatiques ont porté leurs fruits »
Bruno Le Roux, Président du groupe SRC: « oui, il est légitime d’intervenir pour défendre un pays ami »
A l’Assemblée nationale s’est déroulé ce mercredi un débat sur l’intervention militaire de nos forces armées au Mali. Dans l’hémicycle, l’unité et la gravité ont dominé les discussions, ainsi que l’exigent la situation et l’engagement de nos soldats sur le terrain.
Le Président de la République François Hollande a décidé vendredi 11 janvier d’engager les forces françaises aux côtés de l’armée malienne et des forces africaines pour stopper l’avancée de groupes terroristes. C’est une décision courageuse qui fait honneur à la République.
Cet engagement est conforme au droit international et à la Charte des Nations Unies. Il répond à l’appel du Président de la transition malienne et poursuit trois objectifs :
1) bloquer l’avancée des groupes terroristes qui, sans l’intervention française, auraient pris Bamako, la capitale malienne. S’il revenait initialement à la Misma (la Mission internationale de soutien au Mali) d’intervenir les prochaines semaines, avant l’intervention des troupes maliennes une fois celles-ci formées, la décision des groupes terroristes d’attaquer a rendu indispensable une intervention rapide,
2) permettre au Mali de recouvrer l’intégrité de son territoire. Ce sera notamment le rôle des troupes africaines en cours de mobilisation, celles qui viennent notamment du Sénégal, du Niger, du Burkina Faso, du Togo et du Nigéria.
3) rendre possible les résolutions de l’Union européenne, de l’ONU et des organisations africaines, notamment la résolution 2085 du Conseil de Sécurité de l’ONU qui autorise le déploiement d’une force d’intervention africaine. Cette résolution est le fruit du travail en profondeur de notre diplomatie à laquelle il faut rendre hommage, car c’est ce cadre juridique sur laquelle s’est appuyée la décision du Président de la République.
L’intervention militaire n’est qu’une étape car les armes seules ne pourront pas résoudre ce conflit à moyen terme. Des décisions de plus long terme devront être prises pour traiter, en profondeur, les racines du conflit :
– le Gouvernement malien devra ouvrir un dialogue avec les populations du Nord, avec lesquelles les relations sont depuis longtemps difficiles,
– la communauté internationale et notamment l’Union européenne devront agir pour le développement économique du Mali, l’un des pays les plus pauvres de la planète,
– enfin, il faudra assurer la sécurité du pays de façon durable, ce qui passera par la formation d’une armée malienne capable de remplir cette mission.
Cette intervention est donc légitime. Que ce soit Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), Ansar Dine et le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), tous prônent l’application de la charia et avaient déjà procédé à des exactions très graves contre la population malienne, notamment des exécutions, des mutilations et des lapidations. Cette décision est aussi une rupture forte avec les pratiques anciennes de la « Françafrique » : le Président et le gouvernement maliens sont reconnus par la communauté internationale, qui soutient totalement la décision française. La France a ainsi reçu le soutien unanime du Conseil de sécurité et de la CDAO, la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest.
L’union derrière nos soldats qui risquent leur vie pour notre sécurité et celle du peuple malien est indispensable. Nous avons également tous une pensée pour les proches du lieutenant Damien Boiteux et pour les familles des otages retenus dans le nord du Mali.
