Le Havre. “1 049 emplois disparaîtraient” à Sandouville

La CGT rappelle que cet été, lors de la préparation des lignes de montage du futur Trafic, elle avait déjà prédit une baisse des effectifs. (photo d'archives)

La CGT rappelle, que, cet été, lors de la préparation des lignes de montage du futur Trafic, elle avait déjà prédit une baisse des effectifs. (Photo d'archives)


L’annonce de la suppression de 7 500 emplois à l’horizon 2016 au sein du groupe Renault secoue la sphère politique locale. Le député-maire du Havre, Édouard Philippe, inquiet de l’avenir du site de Sandouville, a écrit au président-directeur général de Renault, Carlos Ghosn (notre article).

« Cette décision, si elle était amenée à impacter les effectifs de Sandouville, serait d’autant plus mal acceptée que l’ensemble des cadres et des personnels a répondu présent lorsqu’il y a près d’un an, conformément aux engagements pris par Renault, et à la suite d’échanges poussés avec Nicolas Sarkozy, vous leur avez confié la construction du Trafic », rappelle le député-maire UMP du Havre. (Sa lettre en intégralité)

Catherine Troallic, la députée PS de la 8e circonscription du Havre, s’émeut elle aussi de cette nouvelle.

« La stratégie, déjà utilisée en Espagne, consistant à mettre la pression sur les salariés, en agitant la menace de la fermeture des sites pour les contraindre à accepter un accord de compétitivité relève du chantage et ne serait pas acceptable. Regagner des parts de marchés ne passe pas nécessairement par un sacrifice des salariés. Toutes les solutions doivent être analysées et discutées sans tabou avec l’ensemble des partenaires sociaux. »

La députée du Havre demande une audition des responsables de Renault

La députée a ainsi demandé à la commission économique du gouvernement de Jean-Marc Ayrault la possibilité d’auditionner les responsables de Renault sur le sujet.
Les communistes s’alarment aussi. Nathalie Nail, conseillère générale et municipale du Havre s’exprime sur son blog : « dans la région havraise, les salariés de l’usine de Sandouville et les sous-traitants sont légitimement inquiets car cette annonce, cynique, est contradictoire avec la perspective de l’avenir de l’usine. Il y a besoin d’ouvriers pour réaliser non seulement l’utilitaire, mais également d’autres véhicules dans le cadre d’une usine multi-gamme, idéalement située en façade maritime ».

Les Jeunes communistes de Seine-Maritime, inquiets du chômage des jeunes dans le département, annoncent, eux, vouloir s’engager auprès des salariés de Renault pour la défense de l’emploi, « afin de garantir un avenir aux jeunes ».

« On va passer en mode « combat » »

De politique, Nicolas Guermonprez, le leader de la CGT de Renault Sandouville, ne veut, lui, plus en entendre parler. Mercredi 16 janvier, les sites de Sandouville et de Cléon débrayaient pendant une heure pour dénoncer les mesures annoncées par Renault.

« Mais je crois que les déclarations de Montebourg me rendent encore plus furieux que l’annonce proprement dite », déclarait le syndicaliste à l’issue du mouvement.

Le ministre du Redressement productif a estimé que : « Renault respecte les lignes rouges du gouvernement ». (voir l’article du Monde )

« Ce discours, c’est une honte », proteste Nicolas Guermonprez.

À Sandouville, 250 salariés ont suivi le mouvement de grève à l’appel de la CGT.

« Ce qui est un bon chiffre d’autant que même les salariés des bureaux nous ont rejoints. C’est assez rare en soi pour le signaler. Les salariés, et tous les salariés, pas seulement les postés, se sont pris un bon coup de massue. On les sent bien décidés aujourd’hui à entrer dans la lutte. Et c’est clair, on va passer en mode “combat” ». « On va rappeler au gouvernement que la parole, c’est la parole. Nous serons plus intransigeants que les élus UMP », prévient le leader syndical.

« 1 049 emplois disparaîtraient à Sandouville »

La CGT, après analyse de documents émanant de leur direction, a fait le calcul d’impact de la réduction des effectifs souhaités par Renault, sur le site de Sandouville.

« En décembre 2012, l’usine comptait 2 250 salariés. Au regard de la pyramide des âges et des mesures annoncées, on sait d’ores et déjà que 1 049 emplois disparaîtront. C’est le calcul que nous avions déjà fait au regard des premiers éléments donnés par la direction à l’annonce de la future fabrication du Trafic. On nous avait alors traité de menteurs. La vérité éclate aujourd’hui. »

La CGT programme ainsi un durcissement du mouvement dans les jours à venir et la répétition d’actions. « On va faire en sorte que tout le monde prenne ses responsabilités ! », assène Nicolas Guermonprez.

  • En Seine-Maritime, « la marque au losange » compterait actuellement 3 500 salariés à Cléon, 2 238 à Sandouville et 322 à Dieppe.
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