Monsieur le Président de la République,
Depuis mercredi 14 novembre, une centaine de palestiniens de Gaza sont tombés à la suite de bombardements israéliens aveugles contre la population civile de cette région sous blocus. Le nombre de victimes s’alourdit d’heure en heure. L’État israélien tue impunément des
civils, dont de nombreux enfants, bafouant ainsi la convention de Genève et les résolutions de l’ONU, sans susciter l’indignation des dirigeants européens et nord-américains.
Le 17 novembre, le ministre de l’intérieur israélien Eli Yishai déclarait que : « Le but de cette opération est de renvoyer Gaza au Moyen-âge. Alors seulement, nous serons tranquilles pour quarante ans. »
L’État israélien affiche clairement et sans complexe son macabre projet. Combien de Palestiniens doivent mourir avant que la communauté internationale ne tape du poing sur la table ? Jusqu’à quand Israël pourra outrepasser le droit international, tuer, coloniser, emprisonner des Palestiniens sans jamais risquer la moindre sanction internationale ? A quelques mois des élections législatives israéliennes, nous ne pouvons tolérer que le sang du peuple palestinien ne serve d’argument électoral.
Une fois encore, dans une impunité garantie, le gouvernement israélien attise les tensions et la violence en s’engageant dans une escalade de la provocation et dans une brutale logique de force. Les populations civiles doivent cesser de payer le prix d’une telle politique !
Il est consternant que l’Union européenne, les pays européens et en particulier la France puissent encore tolérer, de la part des autorités israéliennes, un tel mépris du droit et une telle volonté de poursuivre la spoliation du peuple palestinien, l’occupation militaire de la Cisjordanie et le blocus de Gaza.
La France et l’Union européenne ne peuvent rester les complices silencieux du massacre de la population gazaouie ! Par ailleurs, elles doivent impérativement s’impliquer dans la relance du processus de paix. Celui-ci ne pourra aboutir que si Israël s’engage à tenir ses engagements en faveur des droits des palestiniens : fin de la colonisation et de l’occupation de la Cisjordanie, levée du blocus de Gaza, liberté des prisonniers politiques. Tant que ce processus de paix ne sera pas relancé et n’aura de véritables chances d’aboutir, la sécurité d’Israël ne pourra être durablement assurée.
Enfin, Monsieur le Président de la République, comme le stipule l’engagement 59 de votre programme, je vous demande de soutenir la reconnaissance de l’Etat palestinien et d’appuyer son adhésion à l’ONU.
Monsieur le Président de la République vous avez pris des engagements auprès du peuple français lors de votre élection, je vous demande donc solennellement de les respecter.
Nathalie NAIL