Rage sur ring

Le Rive Gauche présente Raging Bull, une création de Caliband théâtre mettant en scène
un comédien, un danseur hip-hop et un musicien électro. Une oeuvre hybride inspirée
de la vie du champion du monde de boxe Jake LaMotta. Quand la culpabilité se
loge dans le cuir des
gants de boxe, elle cogne
avec rage pour mieux
s’exposer aux coups. Dans la langue
de Jake LaMotta, petit voyou blanc du
Bronx, cette colère auto-destructrice a
pour nom Raging Bull (Taureau furieux).
Pour beaucoup, c’est un nom mythique
sur une affiche, celle du film de Martin
Scorsese. Mais, de cette rage quasianimale,
le cinéaste américain n’avait
qu’affleuré les sombres origines, malgré
une image en noir en blanc où sang et
sueur se confondent dans une tonalité
très « film noir ».
Ce sont ces origines-là, poisseuses et
tragiques, dont s’est emparé Mathieu
Létuvé pour créer son propre Raging Bull
sur la scène du Rive Gauche. « L’enfance
de LaMotta est une clé pour comprendre
la rage qui l’animait », lâche le comédien
et metteur en scène sans vouloir révéler
les causes de cette culpabilité aux
83 victoires dont 30 par KO. « C’était
d’abord une lutte contre lui-même,
contre la culpabilité. »
Il faudra voir le spectacle pour comprendre
pourquoi LaMotta encaissait les
coups, jusqu’à en épuiser ses adversaires
les plus coriaces. Un spectacle
« hybride », prévient Mathieu Létuvé,
où le comédien incarne tous les personnages,
dialoguant avec un danseur, sous
le flow d’un musicien électro. « Ils vont
chercher dans la grammaire du hip-hop
pour répondre au récit », indique-t-il.
Le Raging Bull de Mathieu Létuvé n’est
pas un « remake » théâtral du film de
Scorsese mais une création directement
inspirée de l’autobiographie du « vrai »
LaMotta aujourd’hui âgé de 92 ans. Un
livre (publié en français aux éditions
13e Note) dont le titre Raging Bull est
certes devenu célèbre grâce au couple
Scorsese-De Niro, mais dont la paternité
est bel et bien à porter au crédit littéraire
de LaMotta et consorts.
« Une confession brute qui m’a touché »,
confesse le même Mathieu Létuvé qui
reconnaît « quelque chose de monstrueux
» dans ce Jake LaMotta des
bas-fonds du Bronx. Une monstruosité
qui ne pouvait que fasciner la compagnie
Caliband théâtre, dont le nom renvoie
au personnage difforme et vil de
La Tempête de Shakespeare, pièce
montée par la troupe et jouée au Rive
Gauche en 2011.
Mais c’est le personnage de LaMotta qui
intéresse en premier lieu le metteur en
scène. La boxe n’est ici qu’« une toile
de fond », confie-t-il. LaMotta n’a que
16 ans quand il découvre la boxe en prison,
sous la férule d’un curé. « Raging
Bull est une histoire de rédemption. » Qui
a vu le film de Scorsese ne s’en étonnera
pas, le thème imprègne l’oeuvre du
cinéaste. On l’aura cependant compris,
contrairement au film, le ring ne sera
dans ce Raging Bull-ci que le cruel
théâtre d’un drame où les coups meurtrissent
l’âme.
Pourtant, la boxe n’est pas un art étranger
à Mathieu Létuvé. Le comédien a
pratiqué le noble art et a remis les gants
à l’occasion de la préparation du spectacle.
« Je voulais créer un écho entre le
théâtre et la boxe. » Dont acte. Mathieu
est allé trouver le Ring stéphanais. Une
rencontre qui a emballé Nathalie Hellin,
secrétaire du club de boxe. « L’artiste sur
scène est nu comme un boxeur, dit-elle.
Sur le ring comme sur scène, on est seul
face au public, on n’a pas intérêt à rater
sa prestation. » Quant à Jake LaMotta,
Nathalie Hellin ne le connaît qu’à travers
le rôle de De Niro. Le vainqueur de
Marcel Cerdan ne compte pas parmi les
légendes de la boxe. « LaMotta n’est pas
un exemple de bon boxeur, reconnaît
Mohamed El Karraz, président du Ring
stéphanais. Mes références sont plutôt
Sugar Ray Léonard ou Mohamed Ali. »
Pour Mohamed El Karraz, les « encaisseurs
» comme LaMotta s’exposent
trop aux problèmes neurologiques pour
forcer le respect. « Ce que j’apprends
à mes boxeurs, c’est que la meilleure
attaque, c’est la défense », précise-t-il.
Même si, aux qualités premières d’un
bon boxeur, « la discipline et l’hygiène de
vie », s’ajoute « la rage », concède-t-il.
La rencontre entre Caliband et le Ring
stéphanais fait toutefois écho avec
LaMotta. C’est le Rouennais Affif Djelti
qui entraîne le Ring stéphanais. Comme
LaMotta, l’homme est champion du
monde. Quatre fois, dans la
catégorie des super-plumes,
trois fois d’Europe et six fois de
France. Affif Djelti est cependant
aux antipodes du « style »
LaMotta, le premier boxant
dans l’esquive, quand le second
encaissait. « Si tu veux gagner,
ne cherche pas à détruire,
construis ta victoire », clame
Affif Djelti. Une devise qu’aura
finalement fini par comprendre,
en son temps, le champion du
Bronx. Il conclura les dernières
pages de son autobiographie
en des termes similaires : « Je
me battrai pour bâtir, non pour
détruire. » Comme quoi, la
rédemption peut elle aussi se
loger dans des gants de cuir.

DU RING À LA SCÈNE
Une collaboration s’est nouée entre Le Rive Gauche, le centre socioculturel Georges-Déziré et le Ring stéphanais, via le spectacle « Raging Bull » de Caliband théâtre. Vendredi 9 janvier, le centre socioculturel Georges-Déziré projettera le film de Martin Scorsese à 19h (durée: 129 minutes, à partir de 15 ans, entrée gratuite sur réservation au 02.35.02.76.90). La projection sera suivie du vernissage de l’exposition de Yann Cielat qui a photographié les boxeurs du Ring stéphanais. Samedi 10 janvier, des extraits de la pièce de Mathieu Létuvé seront donnés aux adhérents du club de boxe et du centre socioculturel Georges-Déziré.

Résidence Croizat: du neuf chez les anciens

Les logements de la résidence pour personnes âgées Ambroise-Croizat seront tous rénovés, par tranches, d’ici à 2018. Une opération à 2,3 millions d’euros financée par les caisses de retraite et la Ville, en partenariat avec le bailleur Le Foyer stéphanais.
Les parties communes de la résidence Ambroise-Croizat, restaurant et salles de convivialité, ont été rénovées en 2013. Restait à refaire de fond en comble les logements. Construite en 1989, la résidence pour personnes âgées (RPA) Ambroise-Croizat n’est plus aux normes actuelles d’accessibilité mais les financements manquaient jusqu’à présent à la Ville pour effectuer les opérations nécessaires. « L’État nous avait informés en mai dernier que la Ville ne pourrait pas bénéficier d’un Prêt locatif à usage social (Plus), ce qui remontait la facture de manière considérable », explique Marie-Pierre Rodriguez, responsable du service solidarité et développement social.
La remise à neuf ne pouvait toutefois pas attendre plus longtemps. Les services de la Ville ont donc recherché d’autres financements. « Nous avons répondu à un appel à projets de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), ajoute la responsable. 264 dossiers ont été déposés à l’échelle nationale. 27 dossiers ont été retenus, dont le nôtre. »
Convaincue par le dossier stéphanais, la Cnav a alors octroyé une subvention de 680000€ à laquelle s’ajoute un prêt à taux zéro de la Caisse d’assurance retraite et de santé au travail (Carsat) de Normandie de 950000€. « Cet apport de la Carsat nous permet de réduire le prêt d’amélioration de l’habitat de l’État. Au lieu de rembourser un Plus sur quarante ans, on paye sur vingt-cinq », indique Marie-Pierre Rodriguez. Les remboursements prendront donc fin pour la Ville en 2043 au lieu de 2059.
Afin de mener à bien les opérations de rénovation, la Ville a conclu un partenariat avec Le Foyer stéphanais. Le bailleur social aura à charge la conduite des travaux de rénovation, en échange de quoi la Ville lui cède un bail emphytéotique, à savoir la responsabilité de la RPA pendant trente ans, mais la résidence reste gérée par le CCAS. Le Foyer stéphanais ne sera toutefois pas le propriétaire définitif de la RPA, un bail emphytéotique prévoyant de « rendre » la résidence au terme du remboursement des prêts par la Ville, dans vingt-huit ans. « Mais cela ne changera strictement rien pour les résidants », rassure la responsable du service solidarité et développement social.
Quant au déménagement des locataires, âgés en moyenne de 85 ans, les choses se passeront en douceur. « On s’adaptera à chaque cas », rassure-t-elle. Les personnes quitteront ainsi leur logement le matin et emménageront dans le nouveau le soir même, leurs affaires seront remises en place selon leurs souhaits. « On va être aux petits soins. »

• DES TRAVAUX EN QUATRE TRANCHES
Les travaux de rénovation des logements de la résidence pour personnes âgées Ambroise-Croizat se dérouleront entre janvier 2015 et février 2018 en quatre tranches.
La première tranche concernera dix logements et courra jusqu’en janvier 2016; la deuxième tranche concernera six logements du bâtiment D entre février et août 2016; la troisième portera sur huit logements des bâtiments G, H et I entre octobre 2016 et mai 2017; la quatrième et dernière tranche touchera neuf logements du bâtiment E de juillet 2017 à février 2018.

Quartier Seguin: de nouvelles étapes en 2015

Après une parenthèse de plus d’un an, l’atelier urbain citoyen s’est à nouveau réuni, mercredi 17 décembre, pour faire le point sur les obstacles rencontrés, en 2013, et sur les avancées à venir. « Pourquoi le site Stradal Tarmac est-il toujours aussi inhospitalier ? », « Comment expliquer qu’il ait été occupé illégalement si longtemps ? », « Quand retrouvera-t-il un autre visage ? » Les membres de l’atelier urbain citoyen, qui sont aussi majoritairement des riverains du futur quartier Seguin, ont posé de nombreuses questions aux services municipaux.
Face à leur agacement, compréhensible, car « le site est aujourd’hui peu valorisant », a reconnu Déborah Lefrançois, la directrice de l’urbanisme a exposé les mesures prises pour nettoyer le périmètre et éviter de nouvelles occupations illégales: « Si le nouvel appel d’offres lancé aboutit, le site devrait être dégagé pour le mois de mai », a-t-elle annoncé. Prévenant, d’emblée, que cette phase de travaux serait bruyante, notamment pendant la semaine de concassage des enrobés. « C’est le prix à payer pour que nous puissions réutiliser ces matériaux sous la chaussée future », a indiqué la responsable de l’urbanisme. Une fois propre, le terrain sera alors protégé par des clôtures et des merlons. En attendant le début du chantier, qui pourrait avoir lieu dès 2016.
Des perspectives concrètes se profilent en effet: les premiers appels à projet ayant été lancés, en octobre dernier, quatre promoteurs doivent remettre, le 19 janvier, leurs propositions pour construire les 122 premiers logements du futur quartier Seguin. « En janvier, nous aurons des perspectives, en élévation, pour nous rendre compte du paysage qui pourrait prendre vie sur le site », s’est ainsi réjoui Hubert Wulfranc, le maire.
Si cette première tranche, sur l’emprise du site Stradal-Tarmac, ne concerne que 122 des 275 logements que devrait compter, à terme, le nouveau quartier, son profil est déterminant aux yeux des membres de l’atelier urbain citoyen, qui ont rappelé leur attachement aux principes élaborés collectivement en 2012-2013. Faible hauteur des bâtiments, identité architecturale dans l’esprit du bourg ancien, matériaux de qualité, niveaux de performance énergétique élevé… « Les promoteurs doivent se conformer à un cahier des charges très contraignant », a souligné Déborah Le François ; tandis que Joachim Moyse, premier adjoint au maire, chargé de l’urbanisme, expliquait aux tenants d’un quartier pavillonnaire que « le niveau de densité du quartier conditionne aussi la rentabilité de l’opération ».
« Nous allons devoir négocier avec les promoteurs, a insisté Hubert Wulfranc. Nous serons à la fois attentifs à la qualité architecturale qu’ils vont proposer, mais aussi au prix auquel ils vont nous acheter le foncier. » Si l’opération affiche pour l’instant un déficit de 1,4 million d’euros, c’est la négociation avec les promoteurs qui peut permettre qu’elle soit, au final, équilibrée, voire excédentaire, comme ce fut le cas avec l’opération des Cateliers, un projet qui avait démarré aussi, en son temps, avec un déficit.
La recherche de l’équilibre global de l’opération, intégrant les préoccupations budgétaires mais aussi la qualité et l’intégration du quartier dans la ville, s’est finalement imposée comme l’objectif commun à atteindre.
Lors de sa prochaine réunion, l’atelier urbain découvrira les offres des promoteurs et pourra donner son avis.

Objectif atome

Depuis plus d’un demi-siècle, la faculté des sciences de Rouen s’applique à sonder les secrets de la matière jusqu’à l’échelle atomique. Une contribution qui lui vaut aujourd’hui une reconnaissance mondiale. À la fin des années 1960, quand certains scientifiques ont les yeux fixés vers l’espace et la Lune, d’autres préfèrent se concentrer sur les secrets de la matière. Parmi ces pionniers, Jean Gallot vient de soutenir la première thèse d’État de la toute jeune université de Rouen et découvre la technique du microscope ionique en Angleterre. Il décide aussitôt de développer cet instrument au sein d’un laboratoire implanté sur le campus de Mont-Saint-Aignan. Deux jeunes chercheurs, Charles Martin et Alain Menand, arrivent en renfort. « À cette époque, même s’il est possible de voir les atomes au cœur des matériaux, il est encore impossible de les différencier », précise Anne-Sophie Rozay, chef de projet Résitech, le réseau de sauvegarde et de valorisation du patrimoine porté par l’Insa de Rouen.
La première sonde atomique créée en 1969 par Erwin Müller va résoudre ce problème. Un grand pas vient d’être franchi et l’équipe de Jean Gallot comprend qu’elle doit vite intégrer cette innovation pour avoir une chance de rester dans la course. L’électronicien Jean-Marie Sarrau, Monique Bouet, son assistante, et l’ingénieur Alain Bostel viennent renforcer les rangs du laboratoire. « Les défis à relever sont importants. Les moyens financiers sont très limités. Tout se fait avec des bouts de ficelle », explique Anne-Sophie Rozay. Les premiers atomes sont identifiés en 1974 sur le campus de Mont-Saint-Aignan. Le petit laboratoire acquiert une légitimité à l’échelle nationale et se met à inventer des systèmes de plus en plus efficaces pour la lecture des données. Au départ, il ne s’agit que d’un simple rouleau perforé qu’il faut décrypter sur un ordinateur. Puis les progrès de l’électronique contribuent à améliorer les performances de la sonde rouennaise. Didier Blavette, arrivé en 1978, est un des artisans de cette évolution capitale.
En 1988, la concurrence anglaise parvient à rendre compte des résultats de la sonde atomique sous la forme d’images en trois dimensions. Une fois encore, le laboratoire rouennais relève le défi avec notamment Bernard Deconihout. Quelque temps plus tard, des images 3D made in France sont publiées dans la prestigieuse revue Nature. Le succès est retentissant. Dans les années 1990, le laboratoire de physique des matériaux déménage dans des locaux plus spacieux sur le campus de Saint-Étienne-du-Rouvray.
En 2006, une nouvelle étape est franchie avec l’arrivée du laser qui permet de sonder des matériaux qui ne sont pas forcément métalliques. Le champ d’investigation s’élargit. « Nos applications aujourd’hui sont multiples. Nous continuons à explorer les alliages pour l’aéronautique et pour contrôler les cuves des centrales nucléaires. Mais plus encore, nous nous intéressons à la nanoélectronique avec des applications liées notamment aux téléphones portables, de plus en plus petits et qui doivent être en même temps de plus en plus performants », explique Philippe Pareige, directeur du Groupe de physique des matériaux (GPM). « Dans un autre registre, nous travaillons pour faire évoluer la sonde elle-même. Il est notamment encore possible d’améliorer les performances du détecteur. Enfin, nous nous posons toujours la question de savoir ce que nous pouvons faire de nouveau avec cet instrument. »
En 2014, sur les 130 personnes qui composent le GPM, une vingtaine de chercheurs réfléchissent à ce que sera la sonde atomique de demain.

Un budget de consolidation

Tandis que le 11 décembre au matin, une partie des élus stéphanais s’étaient retrouvés devant la préfecture de région avec d’autres élus communistes, des représentants syndicaux et associatifs et de simples citoyens pour défendre un service public de proximité, le soir même le conseil municipal se réunissait pour voter le budget de la commune avec l’ambition de consolider les actions déjà entreprises en faveur des habitants. Si les débats ont été riches et les échanges argumentés, l’ensemble des tendances politiques représentées au sein du conseil municipal se sont accordées à reconnaître que la politique d’austérité imposée par le gouvernement ne cessait de grever le budget des communes et limitait leur marge d’action. David Fontaine, au nom du groupe PS, a dénoncé lui-aussi cette orientation. « Nous préférerions que le gouvernement s’implique en faveur d’une vraie réforme fiscale, d’un plan de relance et d’une allocation d’autonomie pour la jeunesse. » Philippe Brière pour le groupe Saint-Étienne Vraiment à gauche soutenu par le NPA a lui aussi critiqué « les mesures anti-sociales du trio Hollande, Valls, Macron ». Et Michelle Ernis représentant les élus Droit de cité, mouvement Ensemble a confirmé que les communes étaient prises « en otage par les choix du gouvernement ».
Dans ce contexte d’unanimité sur les orientations de la politique gouvernementale, le premier adjoint, Joachim Moyse a souhaité développer à son tour le contexte dans lequel l’équipe municipale a dû constituer un budget de résistance. « La politique d’austérité mise en place par le gouvernement prolonge effectivement les effets de la crise. Le Premier ministre ne renonce pas à maintenir des prélèvements injustes sur les ménages tandis qu’il fait un cadeau de 40 milliards aux entreprises ». Et de regretter la liquidation de « la réforme fiscale qui devait s’appuyer sur une baisse de la TVA, un impôt sur le revenu progressif, une lutte contre l’évasion fiscale et une taxation des actifs financiers ». Joachim Moyse a ensuite rappelé que « l’impôt demeure l’outil essentiel contre les inégalités sociales. Un outil de solidarité et de cohésion sociale ». L’urgence demeure selon lui de préserver le service public qui est mis en danger par des suppressions de postes qui s’additionnent chaque année à l’échelle nationale et par une baisse du pouvoir d’achat des agents avec le gel du point d’indice effectif depuis 2010.
À l’échelle des services publics locaux, la baisse programmée des dotations de l’État de 11 milliards jusqu’en 2017 pèse comme une épée de Damoclès sur les collectivités locales qui sont parfois tentées voire obligées de transférer la gestion de certains services vers des entreprises privées. Sans oublier, la réforme territoriale qui présente des dangers pour les communes en les privant d’une partie de leurs compétences alors que « l’intercommunalité doit rester au service des communes ».
Malgré tout, le premier adjoint a défendu un budget consolidé qui s’appuie sur une gestion responsable et sérieuse afin d’assurer la continuité des engagements pris en 2014. Sur tous les fronts, la Ville entend maintenir son action en faveur de tous les Stéphanais dans des domaines aussi divers que l’enseignement, la formation, l’accès aux soins, l’aménagement urbain, l’action économique, l’accès à la culture et au sport ou encore l’intervention sociale pour les familles et les seniors.
Dans cette perspective, une augmentation de 3,5% de la fiscalité sur le foncier bâti et non bâti et sur la taxe d’habitation a été adoptée. Seuls les élus du groupe Saint-Étienne Vraiment à gauche ont voté contre au motif qu’ils n’acceptaient pas « de voter pour un budget qui ne remet pas en cause la dette illégitime imposée par les banques et qui accepte les transferts de compétence vers la métropole », a explique Philippe Brière. Dans le même temps, David Fontaine a rappelé, au nom du groupe PS, qu’il regrettait cette augmentation d’impôt. « 3,5%, c’est encore trop élevé pour les Stéphanais qui ont déjà subi de nombreuses hausses de taxation », imputées au gouvernement. Michelle Ernis, pour le groupe Droits de cité, Mouvement Ensemble a voté « pour la hausse des taux en pleine conscience car nous n’avons pas le choix ».
Joachim Moyse a alors précisé que cette décision s’appuie notamment sur une volonté de ne pas « rogner sur la masse salariale des agents qui s’engagent au service des habitants ». Hubert Wulfranc, le maire, a conclu en rappelant que selon lui « le pacte de confiance est rompu entre le gouvernement et les communes. Les crédits accordés aux grandes entreprises entretiennent un chantage libéral auquel nous serons confrontés au moins jusqu’en 2017. Néanmoins, il s’agit de résister pour mener une action singulière et résolument progressiste ».
Parallèlement au vote du budget, le conseil municipal réuni le 11 décembre a également adopté à l’unanimité un vœu exprimé en faveur de la défense de l’emploi à UPM-Chapelle Darblay. Hubert Wulfranc a rappelé que la direction de la société finlandaise a annoncé récemment sa volonté de mettre fin à l’activité de sa machine PM3 sur son site de Grand-Couronne. « Une décision qui porterait un coup dur à l’emploi avec potentiellement 196 emplois directs supprimés et une menace à court terme concernant l’existence même du site du production de Grand-Couronne.»
Dans un autre registre, le conseil municipal a voté une demande de subventions d’investissement dans l’attente des résultats de programmation du Nouveau programme national de renouvellement urbain. « Nous espérons être retenu dans ce cadre afin de poursuivre et d’accélérer la modernisation des équipements publics dans le périmètre qui pourrait relever de ce programme », a expliqué le maire Hubert Wulfranc. À l’horizon 2015-2016, ce vaste chantier engloberait à la fois des équipements communaux comme les écoles mais aussi le développement de zones d’activités, le soutien à des équipements culturels et sportifs.

Défense du service public de proximité

À l’appel du sénateur communiste Thierry Foucault, et malgré une pluie battante, plus d’un centaine de personne s’est réunie devant la préfecture de région à Rouen. Principalement composé d’élus communistes, de syndicalistes, de militants associatifs et de simples usagers, le regroupement exigeait « des moyens pour le logement, la santé, l’éducation, le transport, l’emploi et les services publics » devant ce qu’il considère comme un recul des services publics de proximité et qui constitue, selon le sénateur, « le socle de la citoyenneté et de la compréhension des politiques publiques, le dernier rempart de la démocratie et de la proximité ».
Le maire de Dieppe, Sébastien Jumelle, présent aux côtés de ceux de Saint-Étienne-du-Rouvray, Hubert Wulfranc, et d’autres communes communistes du département, a notamment fustigé un gouvernement Valls « coupé du peuple », pointant l’« austérité à tous les échelons » qui « tape très fort sur les territoires et détruit les liens de solidarité élémentaires », qui « tue les communes » et « casse les services publics de proximité ». Le maire de Dieppe a enfin appelé à « défendre le service public qui fait la cohésion de notre territoire ».
Le sénateur Thierry Foucault a pour sa part pointé qu’il était possible de « faire autrement et de faire de la croissance », rappelant les millions d’euros « distribués au patronat français » à travers le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), citant les enseignes Auchan et Carrefour qui ont respectivement touché 44 et 75 millions d’euros au titre du CICE pour l’année 2013.
Présents également au rassemblement, plusieurs militants associatifs stéphanais parmi lesquels Michel Bouckaert de l’Association sportive Madrillet Château blanc (ASMCB), « la baisse des subventions représente un grand risque pour notre club, a-t-il dit, c’était important pour nous d’être là ».

Aïkibudo: la voie de ses maîtres

Pour la saison 2014-2015, l’Association stéphanaise d’aïkibudo et de kobudo mise sur la formation de ses cadres afin de toucher un public plus large, en particulier du côté des étudiants du campus du Madrillet. Art martial à part entière, même s’il est moins médiatisé que le judo ou le karaté, l’aïkibudo n’en finit pas de séduire de nouveaux disciples. L’Association stéphanaise d’aïkibudo et de kobudo (Asak) atteste de cet intérêt malgré un nombre de licenciés qui peut sembler modeste. « Notre club compte vingt-quatre licenciés, âgés de 14 à 74 ans, qui partagent tous la même envie et le même sens du partage, quel que soit le niveau du partenaire », explique Redouane Dahmani, l’un des professeurs.
Au-delà de l’intention, il y a aussi le résultat puisque l’Asak ne compte pas moins de huit ceintures noires parmi lesquelles Serge Jeanne qui dispense son savoir depuis de nombreuses années mais aussi François Le Mauff et Nadia Boubèche qui viennent de décrocher leur diplôme de moniteur fédéral en kobudo. Un vivier à exploiter. « Renforcer notre équipe d’encadrement est un bon moyen de prendre en charge un public plus large y compris chez les jeunes. Nous réfléchissons aux moyens d’attirer les étudiants du campus du Madrillet. Et pourquoi pas imaginer une section spécifique qui s’adapte à leurs emplois du temps? La plupart de nos ceintures noires sont prêtes à franchir le pas de l’enseignement. »
À mains nues ou avec armes, l’aïkibudo et le kobudo ne manquent pas de vertus pour convaincre les parents et les enfants. « Ce sport a changé ma vie », confie Erwann Lefebvre, 25 ans, qui a rejoint le club récemment. « J’ai plus confiance en moi, je suis plus ouvert sur les gens. Physiquement, j’ai gagné en souplesse et en tonus musculaire. » Michel Lemaire, un des vétérans, acquiesce. « J’ai débuté à 40 ans passés et, vingt ans plus tard, je tiens encore ma place. L’aïkibudo permet de continuer à progresser sans risquer de se blesser. »
En appui sur ces solides piliers, l’Asak est plus que jamais prêt à s’engager dans la transmission de ses valeurs.
• Parc omnisports, Youri-Gagarine, avenue du Bic Auber. Tél.: 06.35.24.75.58.

Des écoles connectées

Dès la rentrée 2015, six écoles maternelles et primaires supplémentaires profiteront d’équipements informatiques destinés à favoriser l’accès des enfants et des enseignants à la pédagogie numérique. Quand les ambitions de la Ville s’accordent avec les engagements de l’État pour un service public numérique éducatif, les résultats peuvent se révéler positifs pour tous les Stéphanais. Une dotation de développement urbain de 516960€ tombe ainsi à point nommé en cette fin d’année 2014 pour soutenir le projet de la Ville en faveur du développement des équipements informatiques dans les quartiers prioritaires Hartmann/La Houssière et Thorez/Grimau. Ce programme permettra notamment de compléter l’installation de vidéoprojecteurs, de tableaux interactifs et de classes mobiles dans les écoles primaire Louis-Pergaud, maternelle et élémentaire André-Ampère ainsi que dans l’école maternelle Pierre-Semard et les écoles primaire et maternelle Paul-Langevin.
Une première étape avait déjà été franchie dès la rentrée de septembre 2013 dans cinq écoles élémentaires et maternelles stéphanaises parmi lesquelles Victor-Duruy, Jean-Macé, Henri-Wallon, Joliot-Curie 1 et 2 et Maximilien-Robespierre. « Un an après la mise en place des vidéoprojecteurs et l’arrivée depuis quelques mois de la classe mobile avec des ordinateurs portables, nous sommes entrés dans le vif du sujet, explique Laurent Belloncle, directeur de l’école Joliot-Curie 2. Tous les collègues s’y sont mis. L’outil informatique est vraiment au service de l’apprentissage. C’est aussi un gain de temps qui permet d’être plus disponible pour les élèves qui en ont besoin. »
Une expérience riche d’enseignements que Laurent Belloncle va prochainement partager avec ses collègues des écoles qui seront équipées en septembre 2015. « Nous pourrons leur faire une démonstration concrète des applications et les guider dans le choix du matériel tout en étant bien conscients que chaque projet d’établissement comporte ses propres objectifs et ses contraintes. »
Le second volet de ce programme de développement des équipements informatiques à Saint-Étienne-du-Rouvray est à destination de la bibliothèque municipale Louis-Aragon. Dans un premier temps, les travaux d’extension, de rénovation et de câblage se dérouleront entre septembre 2015 et janvier 2016. Aussitôt après, un espace multimédia en accès libre sera créé dans l’objectif de répondre aussi bien aux besoins des enfants que des adultes.
Là encore, cette offre s’inscrira dans la continuité des dispositifs déjà mis en œuvre au sein de du centre socioculturel Georges-Déziré et plus récemment de la bibliothèque Elsa-Triolet. « Je suis déjà habituée de la bibliothèque depuis que j’ai 8 ans. J’y vais pour faire mes devoirs ou pour emprunter des livres. Et depuis quelques mois, je peux aussi faire des exposés en utilisant les ordinateurs de l’espace multimédia. Je peux faire des recherches sur internet et imprimer des documents », explique Öznur, une jeune collégienne de 14 ans du Château blanc.
Une opportunité dont tous les Stéphanais pourront bientôt profiter, quel que soit le quartier où ils résident.

Atelier d’écriture: Vies stéphanaises, la suite

L’association Art Scène publie le deuxième tome de Brèves stéphanaises, un recueil de poèmes et de nouvelles écrits par des Stéphanais au (long) cours d’un atelier d’écriture. Depuis dix ans, Olivier Gosse arpente le territoire stéphanais à la rencontre des mots des habitants. Au fil de la collecte, l’ont rejoint les « passeurs de parole », un groupe de Stéphanais qui, à l’occasion d’un déclic, a soudain mûri en atelier d’écriture. « Au début, l’écriture était ponctuelle, elle se limitait au recueil de témoignages, se remémore Olivier Gosse de l’association Art Scène, et puis une habituée m’a un jour fait part de son désir d’écrire. »
Un groupe s’est fédéré autour de cette envie commune, se retrouvant tour à tour au centre socioculturel Jean-Prévost et à l’Ehpad Michel-Grandpierre. Il n’en fallait pas davantage pour que les idées s’engagent sur le chemin plus ou moins tortueux de la page blanche. « Écrire, c’est penser à quelque chose et le raconter, le mettre noir sur blanc », témoigne Olivier Gosse.
Préférant peut-être le plaisir collectif aux affres de la création solitaire, le groupe s’est prêté aux consignes d’Olivier Gosse. De ses contraintes formelles ont alors surgi des textes aux formats variés, rimés ou en prose. Quand certains évoquent le haïku par leur capacité à saisir en quelques mots la fragilité et la fugacité des choses (« Peureux comme un lièvre,/ Tremblant, l’œil affolé, sous les fougères. »), d’autres, plus proches de la nouvelle ou du théâtre, fonctionnent comme un kaléidoscope, comme autant de tranches de vie diffractées par les petits miroirs imparfaits du quotidien.
La même première phrase (« Décidément, personne ne me comprend ») peut ainsi ouvrir plusieurs univers miniatures très différents. L’incongruité des paysages et des personnages imposés (« Pyramide de Kheops », « Grand Canyon », « De Gaulle » ou « Attila ») tranche avec le banal de la situation relatée, mais pour un résultat chaque fois étonnant. On passe alternativement de la peau d’un Turc ne parlant pas le français à celle d’un salarié réclamant des vacances à son patron ou encore à celle du cardiaque lorgnant sur un petit verre de digestif. « On s’amuse, confirment les participants unanimes, on partage nos textes et c’est un vrai plaisir. »
• Mardi 9 décembre à 14h dans les locaux de l’Aspic et jeudi 22 janvier à 18h, à la bibliothèque Elsa-Triolet.
Brèves stéphanaises, tome 2, Christophe Chomant éditeur, 13€.

Téléthon : l’union fait leur force

Du 5 au 7 décembre, le collectif d’associations stéphanaises Solidarité espoir recherche se mobilise afin de récolter des dons pour l’édition 2014 du Téléthon.
La leçon s’impose comme
une évidence : on est toujours
plus fort ensemble.
Le collectif Solidarité espoir
recherche fondé en 2013 se mobilise
à nouveau en faveur du Téléthon. « La
première satisfaction pour nous, c’est
de constater que de nombreuses associations
stéphanaises nous ont rejoints
en 2014 parmi lesquelles, le club de
tennis, l’Acsec, l’Amicale réunionnaise,
la Boule stéphanaise ainsi que l’association
sottevillaise Northwest old time
dancers. L’Association du centre social
de La Houssière prendra en charge la
restauration lors des manifestations à la
salle festive », précise Corinne Marais, la
présidente du Club gymnique stéphanais.
Lors de l’édition précédente, Solidarité
espoir recherche avait réussi à collecter
5 461 € de dons. Record à battre !
« Car nous espérons faire encore mieux
cette année. Nous avons bien vu qu’en
nous associant, nous sommes parvenus
à toucher plus de gens. » Cet élan
de solidarité n’a pas laissé insensibles
les commerçants de la ville – plus d’une
quarantaine pour cette édition 2014 – qui
ont souhaité s’engager à leur manière en
offrant notamment des lots. « Cet engagement
de tous a permis de concevoir un
programme destiné à tous les publics. »
Dès vendredi 5 décembre, rendez-vous
au gymnase de l’Insa pour deux tournois
de foot en salle avec l’Amicale sportive
madrillet Château blanc (ASMCB). Le
premier aura lieu à 18 heures pour les
13/16 ans, le second à 20 heures pour
les 17 ans et plus. Le même jour, dès
17 h 45, celles et ceux qui ont des
fourmis dans les jambes pourront tenter
l’expérience de plus en plus prisée
d’une randonnée nocturne au départ de
la salle festive avec au choix deux parcours
conçus par Le ptit marcheur, l’un
de dix kilomètres et l’autre de quatre
kilomètres. Et, si jamais la motivation
venait à manquer, il y aurait toujours la
certitude de trouver à l’arrivée une collation
avec, selon les goûts, de la soupe,
du chocolat, du vin chaud et des gâteaux.
La journée du 6 décembre ne manquera
pas non plus d’opportunités pour se faire
plaisir, sans oublier de faire un don pour
le Téléthon. La salle festive servira de
cadre à un marché de Noël et à une foire
à tout tandis que de nombreuses animations
seront proposées au public. Pour se
divertir, des danses américaines, du tai
chi et du kung-fu ; pour se détendre, un
atelier réflexologie et pour se régaler un
apéritif réunionnais.
L’après-midi encore, les sportifs seront
à l’honneur avec au menu un tournoi de
pétanque en doublette, une initiation, des
jeux et des défis avec le club de tennis
stéphanais et, pour les plus téméraires,
le gymnase Paul-Éluard accueillera à la
fois les amateurs de boxe et les boxeurs
amateurs de 13 heures jusqu’à minuit.
Enfin, le 7 décembre sera réservé
à un grand loto à la salle festive.
Un temps pour tenter de décrocher
un smartphone, une tablette tactile,
un appareil photo numérique
ou encore des jeux de société. Le grand
gagnant repartira avec un séjour à
Center parcs.
Dans le même temps, les dentellières
et les dentelliers de Dansons sous
le Rouvre se chargeront de faire des
démonstrations tout en proposant à la
vente des objets pour Noël. « Chacune
de ces activités sera une occasion de
faire un don pour l’Association française
contre les myopathies. Et pour celles et
ceux qui ne pourraient pas se déplacer,
il y a toujours la possibilité d’appeler le
36 37 », conclut Corinne Marais.
www.facebook.com/SERtelethon

Prud’hommes: chronique d’une mort annoncée

Un projet de loi entend réformer les conseils de prud’hommes, la juridiction qui juge les conflits individuels du travail. Le texte inquiète une partie des syndicats et des avocats. La justice prud’homale sous sa forme actuelle pourrait bien être en voie de disparition. Les principes paritaire et électif qui fondent son caractère d’exception au sein du système judiciaire français sont remis en cause. « Sous prétexte du coût des élections prud’homales et de leur faible taux de participation, le gouvernement veut nous imposer un système d’échevinage », s’insurge Alain Paubert, défenseur prud’homal CGT.
L’échevinage serait ainsi la solution aux « coûts » de la démocratie… tout en retirant aux conseillers la légitimité que leur confère le suffrage direct de leurs pairs ouvriers ou patronaux. Cette solution, nettement moins démocratique, verrait ainsi les conseillers prud’homaux, désignés et non plus élus, réduits au rôle d’ « assesseurs » sans véritable légitimité. Ils siégeraient aux côtés de juges professionnels, en lieu et place du système actuel où les premiers, conseillers patronaux et ouvriers siégeant à parité, jugent indépendamment des seconds (en première instance).
« Hormis des délais trop longs, je ne vois pas le problème que cause cette juridiction », s’interroge maître Sandra Molinero, avocate stéphanaise plaidant au conseil des prud’hommes, et membre du Syndicat des avocats de France, lui aussi opposé à la réforme. La très grande majorité des affaires jugées trouvant leur conclusion sous l’autorité des seuls conseillers élus, en l’absence d’un magistrat professionnel. Cette réalité, souligne-t-elle, prouve à elle seule que « l’institution remplit correctement sa mission ».
Pour Alain Paubert, qui est lui aussi amené à défendre des salariés devant le conseil des prud’hommes, cette réforme répond avant tout aux voeux du patronat. « C’est souvent le salarié qui gagne », confirme pour sa part l’avocate. Les patrons espéreraient-ils, avec des magistrats professionnels, des jugements qui leur seraient plus favorables? Les choses ne sont toutefois pas si simples. Jean-Marie Guern, président du conseil des prud’hommes de Rouen, élu du collège « employeurs », s’il se dit favorable à la désignation des conseillers en lieu et place d’élections, se prononce en revanche contre l’échevinage, « on a montré qu’on est capables de juger seuls, l’échevinage démotiverait les conseillers ».
En attendant, la disparition annoncée des prud’hommes suit son cours. Élus en 2008 pour un mandat de cinq ans, les conseilleurs prud’homaux ont vu leur mandat prolongé jusqu’en 2017. Ce quasi-doublement imposé, et unanimement désapprouvé par les conseillers, employeurs ou salariés, ajoutera aux manques de moyens actuels qui créent bon nombre de retards et de dysfonctionnements. En effet, assure Alain Paubert, un nombre croissant de conseillers ne pourra plus aller au terme du mandat, ce qui signifiera la fermeture pure et simple de plusieurs conseils. « Les prud’hommes sont une des rares juridictions qui reste humaine et à l’écoute des faits », plaide l’avocate. « Ils n’ont ni les moyens ni les juges professionnels pour mettre en oeuvre cette réforme. » Personne, au final, ne sortira gagnant de cette affaire…

Copak fait dalle rase

Trois mois après l’incendie qui a détruit l’unité de production de l’entreprise Copak, le site a été
débarrassé de la ferraille et des gravats. Une étape importante avant d’envisager la reconstruction. Dès la fin octobre, deux entreprises ont investi le site de l’entreprise Copak pour faire table rase des débris qui envahissaient la dalle depuis le sinistre survenu le 25 juillet 2014. Prestosid, la première, s’est chargée de la démolition et des tonnes de ferraille de la structure de l’ancien bâtiment. Sita, la seconde, s’est occupée du tri des produits d’hygiène et d’entretien qui étaient en cours de fabrication ou déjà conditionnés. Coût total de l’opération, y compris les pertes liées au sinistre, dix millions d’euros. « Il était temps. Je commençais à en avoir assez d’avoir ce paysage de désolation sous les yeux », lance Patrick Darroux, le directeur de Copak.
Dans le même temps, la réintégration de l’activité conditionnement se prépare sur Saint-Étienne-du-Rouvray et devrait avoir lieu d’ici la fin novembre pour une vingtaine de salariés. « Nous tenons notre calendrier avec toujours en ligne de mire la perspective de rouvrir une entreprise flambant neuve pour le mois de juillet 2015. Tout juste un an après l’incendie. » Une partie du pari semble gagnée mais Patrick Darroux ne relâche pas pour autant la pression. Au contraire… « On sort de la phase d’improvisation durant laquelle il fallait réagir au jour le jour. Maintenant, il faut vraiment que nous soyons acteurs et organisateurs de notre propre sauvetage. Les clients qui nous ont fait confiance attendent des solutions et des réponses. C’est peut-être le cap le plus critique en fait. » Malgré tout, Copak, en plein sauvetage, parvient encore à séduire de nouveaux clients. « C’est une satisfaction certes mais teintée néanmoins de frustration car nous ne sommes pas encore en mesure de pouvoir les servir à 100% », reconnaît Patrick Darroux.
Dans tous les cas, la motivation ne fait pas défaut.

Le full-contact fait le plein

Le Club stéphanais de full-contact a ouvert une section « light-contact » pour enfants. Une boxe « pieds-poings » venue du karaté dont la pratique se veut ludique et sans risques dès 6 ans. Le noble art qui prend ses racines dans le karaté a trouvé sa relève stéphanaise grâce à la dernière édition de la Journée des loisirs et des associations, le 6 septembre. C’est au cours de démonstrations présentées à cette occasion que le club a su séduire une dizaine d’enfants de 7 à 14 ans. « Ça a été le déclencheur, reconnaît Éric Langlais, le président et entraîneur du Club stéphanais de full-contact, puis le bouche à oreille a fait le reste… »
« C’est un beau sport, s’enthousiasme Paul, 12 ans. Ça demande précision, souplesse et force. » Pour ces deux premières qualités, son « sparring-partner » Melvyn est plutôt d’accord, mais pas forcément avec la dernière. Le full-contact ne nécessiterait pas une force brute, à en croire Melvyn, le noble art pieds-poings donnerait plus volontiers dans la finesse que dans la rudesse aveugle des coups. « Ce n’est pas la force le plus important, argumente-t-il, tu peux mettre un coup sans force et déstabiliser ton adversaire. »
Contrairement à l’image véhiculée par les films dédiés à cet art martial, ce sport qui associe karaté et rings de boxe peut s’exercer sans violence. « Chez les enfants, on est dans une version light, rassure Éric Langlais, ce sont des jeux de touche, les visages sont protégés, on s’amuse. »
À cet âge, le full-contact est à proprement parlé du « light-contact », une version légère où l’on touche l’adversaire sans porter les coups, un peu comme pour l’escrime. Un aspect ludique et sans violence qui a séduit Aurélie, la maman de Noah et Lukas, deux nouveaux jeunes fulleurs stéphanais. « C’est un sport sans violence à ce niveau, dit-elle, ça les défoule. » Quant à l’aspect malgré tout « martial » de cet art, Aurélie assure que ses fils ont bien compris que les techniques apprises sur le tatami ou sur le ring ne doivent en aucun cas en sortir.
Autant de paroles qui rassureront Enzo, 7 ans, le plus jeune des nouveaux petits fulleurs du club, peut-être encore un peu intimidé par la discipline. « On s’amuse avant tout », souligne Éric Langlais.
• Cosum, parc omnisports Youri-Gagarine. Tél.: 06.98.38.10.15.

Sport en entreprise: rendez-vous au stade

Dans plusieurs entreprises stéphanaises, la pause-café a été remplacée par la pause-sport. Plus qu’une tendance, ce sont à chaque fois des initiatives portées par des hommes et des femmes qui veulent partager leur passion. Il était une fois, la fermeture du pont Mathilde en 2012… Et l’histoire peut commencer pour Anne-Cécile Costa Matos, adjointe au responsable de l’agence stéphanaise Würth, spécialisée dans l’outillage et le matériel pour les professionnels. « Du jour au lendemain, les temps de trajet ont explosé. Certains collègues n’avaient plus le temps de rentrer chez eux pour déjeuner. J’ai alors proposé de profiter de la pause du midi pour faire du sport. »
Sportive dans l’âme, Anne-Cécile Costa Matos collectionne depuis l’âge de 6 ans les licences comme d’autres collectionnent les timbres ou les tickets de cinéma. Athlétisme, karaté, basket-ball, volley-ball, handball, tennis, équitation, tout y passe. « Dans le cadre professionnel, depuis dix ans, pour moi la soupape c’est la course à pied et la natation. »
Forte de cette expérience, Anne-Cécile Costa Matos ne manque pas de faire naître des vocations parmi ses collègues. « Au début, il s’agissait seulement d’aller marcher quarante-cinq minutes à bonne allure dans la forêt du Madrillet. Mais nous étions limités par le fait que nous ne disposions pas de douches à l’agence. » Un nouveau cap est franchi quand la petite équipe décide de se déplacer dans les structures municipales situées à proximité sur les communes de Saint-Étienne-du-Rouvray et Sotteville-lès-Rouen. Résultat, un emploi du temps « olympique » avec une activité pour chaque jour de la semaine. Lundi, c’est la salle de sport de la piscine Marcel-Porzou; mardi, natation pour trente longueurs; mercredi, la course à pied sur un parcours de 5 kilomètres; jeudi, la marche en forêt et, le vendredi, retour à la piscine pour soixante longueurs. Pour Anne-Cécile Costa Matos et ses collègues, Laurine Lassalle, Ingrid Lefèvre, Sandra Ponthieu, Sylvie Parent ou encore Romain Loisel, le responsable du magasin, le virus est pris. « Certains ont perdu du poids, d’autres ont arrêté de fumer. Pour tous, même si la journée commence mal, la pause-sport permet de repartir de zéro à
13h30. » Et point de vue management? « Une fois en tenue de sport, les liens sont totalement différents. Un seul mot d’ordre: interdiction de parler boulot. »
Même son de cloche à la Vente Olivier au sein de l’imprimerie Iropa où Francis-Luc Merelo, un des commerciaux de l’entreprise, a réuni d’autres collègues hommes et femmes pour des moments de détente. « Depuis neuf mois, le midi, c’est pétanque. Un sport à part entière qui associe le geste technique et des règles précises. On préfère ça plutôt que de manger au restaurant. » En fin de journée, il y a aussi l’option course à pied, à partir de 18h30 pour des parcours de dix à seize kilomètres. « Durant les beaux jours, la forêt est à deux pas, c’est idéal. En hiver, nous avons un parcours en ville. » Dans le même temps, Antoine Baucé, assistant de direction, amateur d’effort intense, a constitué une équipe masculine en VTT pour des sorties en forêt le week-end. « Nous ne nous fixons pas d’objectifs de compétition a priori. C’est avant tout du plaisir. »
En somme, pour la bonne santé des employés et de l’entreprise, le sport serait la panacée. Une idée qui tarde parfois à retenir l’attention des patrons, aussi bienveillants soient-ils, tandis que les salariés ne rechignent pas à s’impliquer pour leur bien-être et celui de leurs collègues.

Littérature jeunesse: à hauteur d’enfants

Fidèle au poste, la Ville sera présente sur la 32e édition du Festival du livre de jeunesse de Rouen, du 28 au 30 novembre, consacrée aux contes et légendes. Le Festival du livre de jeunesse de Rouen est bien plus qu’une grande librairie éphémère. C’est aussi un espace de « construction citoyenne »… Une préoccupation dans laquelle se reconnaît la commune, et qu’elle traduit notamment dans son projet éducatif local (PEL). Son coordonnateur, Jérôme Lalung-Bonnaire, animera un débat dimanche 30 novembre, espace Philippe-Farge à la Halle aux toiles.
Un jeu de cartes a été conçu pour interroger les différentes facettes de ces « territoires apprenants » que sont les villes « à hauteur d’enfants ». « Une ville peut faire dans l’éducatif sans être soumise à l’Éducation nationale, plaide Jérôme Lalung-Bonnaire, ses choix s’inscrivent dans le périscolaire, l’urbanisme, la culture… » C’est sur cette conviction que la Ville bâtit sa réflexion autour de futurs quartiers d’enfants stéphanais. « L’enjeu est de trouver une articulation entre l’intérêt général et les usages des enfants. »
Le débat promet d’être riche. La place traditionnellement laissée à l’enfant dans les villes est volontiers réduite aux portions congrues des aires de jeux et des écoles, l’enfant étant de fait perçu, en dehors de ces espaces, comme une potentielle source de nuisances…
La Ville sera également présente sur le festival « pour du jeu », quoique de manière tout autant militante. La ludothèque municipale propose une trentaine de jeux de plateau « prêts à jouer ». « Nous avons valorisé des références assez peu connues en lien avec la thématique du festival, indique Grégory Méjean, le responsable de la ludothèque, mais toujours avec des mécanismes qui ont fait leurs preuves. » Au menu, petits cochons, Poucet, Chaperon rouge et autres grands méchants loups seront évidemment de la partie, mais des imaginaires bien plus inédits seront convoqués, comme ceux des jeux Dixit ou Fabula dont tout le sel consiste à inventer sa propre histoire!

LOUPS GAROUS
• La ludothèque organise le grand jeu « Les Loups-garous de Thiercelieux », dimanche 30 novembre à 17h (salle Béatrix-Beck, 2e étage). Chaque nuit, les loups-garous dévorent un villageois, le jour, ces derniers débattent pour démasquer le coupable et l’éliminer… Samedi 29 novembre, une initiation au jeu aura lieu avec la conteuse Evelyne Pèlerin (la voix de la griotte dans Kirikou), au centre socioculturel Georges-Déziré.
• Renseignements et réservation au 02.35.70.37.38 (festival) ou au 02.32.95.16.25 (ludothèque Célestin-Freinet).

Les Kurdes d’ici dénoncent une catastrophe humanitaire

Le conseil municipal a voté une aide aux villes kurdes de Turquie accueillant les réfugiés
de Kobané (Syrie) fuyant les djihadistes de l’État islamique (EI). Des Stéphanais témoignent… Pour Aysel Demir et Ali Ali, c’est un « geste symbolique très important pour le moral de la communauté ». Aysel est la présidente du Centre de la communauté démocratique kurde de Rouen (CCDKR). Ali a fui la ville syrienne de Kamechliyé en 2001 pour raisons politiques. « On m’a jeté en prison parce que j’étais Kurde », dit-il. L’une et l’autre saluent la subvention de 750€ votée par le conseil municipal stéphanais le 16 octobre. Cette aide est destinée aux communes kurdes de Turquie à proximité de la ville syrienne de Kobané assiégée par les djihadistes de l’État islamique (EI) depuis le 16 septembre, « elles sont seules, l’État turc ne fait rien pour les aider ». Deux d’entre elles sont chères à la présidente du CCDKR, Sirnak étant sa ville natale et Batman, celle où réside sa famille.
Côté turc, les caméras du monde entier sont braquées sur Kobané où les combattants kurdes résistent à l’encerclement des djihadistes. « C’est un génocide, une catastrophe humanitaire, la communauté internationale doit donner aux habitants de Kobané les moyens de se défendre », plaident les deux représentants des quelque 400 familles kurdes de l’agglomération, dont beaucoup résident sur la commune. Les combattants kurdes sont en effet seuls et faiblement armés face à l’EI qui dispose quant à lui d’armements puissants et sophistiqués. Ali a deux frères et deux sœurs possiblement engagés dans les combats, indique-t-il, « je n’ai aucune nouvelle d’eux depuis le début de la guerre ».
Les forces kurdes comptent dans leurs rangs un très grand nombre de femmes, et restent le dernier rempart contre l’EI dans cette région. Elles ont récemment sauvé des dizaines de milliers de Yézidis des massacres perpétrés par l’EI. « Ils décapitent les gens et jouent au foot avec leur tête », explique Aysel Demir.
L’issue des combats de Kobané sera déterminante pour l’avenir des Kurdes turcs. Une guerre civile qui ne dit pas son nom a fait plus de 35 000 morts kurdes (selon le journal Le Monde) en Turquie pendant dix ans. Un fragile cessez-le-feu est maintenant à l’œuvre, « mais si Kobané tombe, redoute Aysel, ce sera un bain de sang en Turquie ».
Le 6 octobre, une manifestation de soutien à Kobané a fait au moins dix morts à Diyarbakir, la capitale du Kurdistan turc. Mais ce risque ne semble convaincre ni la Turquie, ni la communauté internationale, d’amplifier leur aide aux habitants de Kobané. Selon Aysel et Ali, « la Turquie attend que Kobané tombe pour mieux contrôler les Kurdes de Syrie et d’Irak… »

Les nounous prennent la plume

Un groupe d’assistantes maternelles a co-écrit un album jeunesse abordant les violences faites aux femmes. Un sujet difficile dont elles ont tiré « Les secrets d’Elfi et Simo », un livre à mettre entre toutes les mains. Elfi est un éléphant. Il est violent avec ses camarades de l’école et n’a pas de copains. Quand sa maman vient le chercher, elle porte une grosse paire de lunettes noires… On comprendra que la maman d’Elfi subit des violences conjugales. Mais il faudra l’arrivée d’un copain plus petit pour que l’imposant Elfi comprenne que « les papas n’ont pas le droit de faire ça ». Ce copain est une petite souris nommée Simo, « nous avons choisi deux personnages opposés », expliquent les co-auteures. La légende veut que les éléphants aient peur des souris mais, dans l’histoire co-écrite par les cinq assistantes maternelles indépendantes de la Maison de la famille, la souris libérera l’éléphant de ses peurs.
Simo fera le premier pas qui permettra à Elfi de comprendre que la violence de son père n’est pas normale et qu’il n’a pas à la reproduire pour exister aux yeux des autres… L’amitié de Simo sera une clé pour s’ouvrir aux autres et se confier à la maîtresse. C’est encore grâce à la petite souris, dont on apprendra qu’elle a, elle aussi, subi un père violent, qu’Elfi sera enfin en position de comprendre que « dans la vie, il est interdit de faire du mal aux autres ».
Une morale qui, pour sembler évidente aux yeux d’un adulte responsable, ne l’est pas toujours pour un enfant dont le modèle familial est celui de la violence quotidienne. « Les enfants peuvent croire que ce qu’ils vivent à la maison est la norme s’ils n’ont pas de contre-modèle dans leur entourage », confirme Stéphanie Canville, psychologue du développement de l’enfant. « Dans les problématiques de violences conjugales, les enfants se retrouvent victimes d’un conflit de loyauté, il est difficile pour eux de prendre partie pour l’un ou pour l’autre… »
Les intentions des cinq co-auteures, pour être difficiles à traiter, tant le sujet touche à ce qu’il y a de plus injuste, sont rendues accessibles aux enfants grâce aux illustrations de Christophe Bonnefond. La violence d’Elfi est explicitement mise en scène. Quant à sa maman, les illustrations la montrent avec écharpe et lunettes de soleil, accessoires dont on devine qu’ils ne sont pas mis par coquetterie. Ils cachent les traces de coups. Si le style graphique de Christophe Bonnefond adopte un parti pris naïf, son dessin n’évite pas de se confronter au sujet de fond. Il n’oublie pas de dire non plus qu’on peut sortir du statut de femme battue et recouvrer sa dignité. L’illustrateur montre une maman de Simo qui a réussi à mettre derrière elle son passé de femme battue pour devenir une femme rayonnante (elle brille littéralement comme un soleil aux yeux de son fils). Et c’est là le plus important.

UNE PREMIÈRE
« Les secrets d’Elfi et Simo » est une première expérience d’écriture et de publication pour ses cinq co-auteures (Pascale Lecomte, Anne-Lise Henry, Véronique Charhani, Christèle Veiber et Karine Pascuttini) et son illustrateur (Christophe Bonnefond). Le livre est publié par la Ville de Saint-Étienne-du-Rouvray dans le cadre de son action de lutte contre les violences faites aux femmes. Des lectures par les auteurs auront lieu au centre socioculturel Georges-Déziré jeudi 20 novembre à 9h30 et 10h30. Et elles le présenteront mardi 25 à 18h.
Le livre sera disponible dans les bibliothèques municipales.

Contournement Est: retour à la case péage

Au cœur des sujets répertoriés dans le compte rendu de la concertation sur le contournement Est, la question du financement arrive largement en tête. Qui paiera la note d’un projet estimé à 1 milliard d’euros? Petit à petit, le
contournement
Est de Rouen
fait son chemin.
Dernier épisode en date, le
24 octobre, le préfet de la région
Haute-Normandie, Pierre-
Henry Maccioni, a fait savoir
par voie de communiqué de
presse qu’il venait d’adresser
le compte rendu de la concertation
à Ségolène Royal, ministre
de l’Écologie, du Développement
durable et de l’Énergie.
Prochain objectif : l’ouverture
d’une enquête publique début
2016.
Dans le document rédigé par
la Direction régionale de l’environnement,
de l’aménagement
et du logement (Dreal), il est
bien fait état de tous les sujets
liés à cette infrastructure et
notamment des enjeux humains
et naturels ou encore des
alternatives modales liées au
fret fluvial et ferroviaire. Mais
sur soixante-quatre pages,
pas moins d’une dizaine sont
consacrées à la seule question
du coût de réalisation et de
fonctionnement de l’ouvrage.
Premier constat : un chiffre a
disparu et non des moindres.
Le 9 juillet, lors de la réunion de
clôture de la concertation qui se
déroulait à la Halle aux toiles de
Rouen, Patrick Berg, directeur
de la Dreal Haute-Normandie,
reconnaissait la nécessité de
recourir à des fonds privés, tout
en modulant « mais pour que le
péage soit modéré, il y aura une
subvention publique d’investissement
d’environ 500 millions
d’euros ». Quelques mois plus
tard, dans le rapport remis au
ministère, si la phrase est reprise
quasiment mot pour mot,
le montant de la subvention
n’apparaît plus. Tout du moins,
est-il écrit que « pour que le
projet soit réalisé, il est nécessaire
d’apporter la moitié du
coût en subvention publique ».
Un engagement qui laisse de la
marge et qui prévoit de surcroît
que « cette subvention sera
réunie en mobilisant l’État et
les collectivités. »
Dans un contexte annoncé
de baisse de la dotation globale
de fonctionnement de
11 milliards d’euros pour les
dites collectivités, certains ne
manquent pas de s’inquiéter.
Pour Alain Roussel, maire des
Authieux-le-Port-Saint-Ouen et
président de l’Association des
communes pour un contournement
Est soutenable (Access),
« ce compte rendu se résume
à une démarche administrative.
En l’absence de montage financier,
il n’y a rien de concret,
aucune perspective. La seule
réponse de la Dreal, c’est le
péage ! » Sur ce point, le rapport
précise que « le niveau
de péage pris en compte pour
les études de trafic s’élève en
chiffres actuels à 10 centimes
le kilomètre pour une voiture
particulière et 30 centimes pour
un poids lourd. » Soit, pour un
tracé estimé à 40 kilomètres,
environ 4 € pour les voitures
et 12 € pour les poids lourds.
Et quand certains s’insurgent,
voire revendiquent la gratuité
d’usage, la Dreal se borne à
indiquer que « les sociétés
autoroutières proposent généralement
un système d’abonnement
domicile-travail ». Dont
acte.
D’une manière générale, au-delà
des inquiétudes, ce sont
les incertitudes liées à ce projet
qui dominent. Quelle date pour
la mise en service, alors que le
site internet de la Commission
nationale de débat public annonce
2030 et la Dreal 2024 ?
Quelle part de contribution pour
l’État et les collectivités ? Quels
aménagements pour la préservation
de l’environnement et de
la qualité de l’air ? Une seule
chose est sûre : le ministère de
l’Écologie, du Développement
durable et de l’Énergie, en
charge de l’enquête publique,
ne manquera pas d’ouvrage
d’ici 2016.

Aide à domicile: un secteur fragilisé

Malgré le déblocage de 1,25 million d’euros voté par le conseil général à l’initiative du groupe communiste, les associations de l’aide à domicile restent menacées. Toutefois, les familles et le personnel intervenant sur la ville semblent pour l’heure épargnés. Lundi 27 octobre,
les associations
d’aide à domicile
du département,
parmi lesquelles l’Association
de l’aide familiale
populaire (AAFP) dont
69 salariés interviennent
sur la commune auprès de
466 familles, manifestaient
à Rouen à l’appel de la CFDT.
Le syndicat dénonçait une
situation qui pourrait entraîner
à court terme la disparition de
certaines d’entre elles et le
licenciement d’un millier de
salariés.
L’organisation pointait notamment
leur « mise en concurrence
inadmissible » résultant
des financements du Département,
ce dernier pratiquant
des tarifs différents pour chacune
des quatre grandes associations
de l’aide à domicile
de Seine-Maritime. Quoi qu’il
en soit, assure Didier Quint,
représentant CFDT, ce financement
du Département demeure
« insuffisant par rapport au coût
réel de la prestation ».
À Saint-Étienne-du-Rouvray,
l’AAFP, par la voix de François
Fondard, son directeur général,
s’est fixé l’objectif à très court
terme d’une réduction de son
taux horaire afin de retrouver
l’équilibre, ce qui, ajoute le
responsable « devrait signifier
la suppression d’une dizaine
d’emplois ». Ces licenciements
ne devraient toutefois pas toucher
les personnels intervenant
sur la commune.
Les graves difficultés qui
frappent les associations
d’aide à domicile sont dues
à la conjonction de plusieurs
causes. La première, pointée
par la CFDT et par le conseiller
général Claude Collin – à
l’origine, avec ses collègues
communistes, du déblocage
de 1,25 million dont une partie
(650 000,00 €) donnera à
l’AAFP, explique François Fondard,
« un an de sursis » – est
liée à la concurrence du secteur
privé lucratif. Ce dernier n’aura
en effet pas été soumis, depuis
son apparition en 2005, aux
mêmes contraintes statutaires
que le secteur associatif.
Créé par la loi Borloo de 2005,
le secteur privé lucratif de
l’aide à domicile n’était soumis,
jusqu’au 1er novembre dernier,
à aucune convention collective.
Cette absence de texte encadrant
le statut de ses salariés
soumettait ainsi les travailleurs
du privé lucratif à des conditions
d’exercice dégradées par
rapport à celles de leurs collègues
de l’associatif. Une inégalité
statutaire impactant sur
les services d’un privé lucratif
que la CFDT qualifie d’« offre
low cost ».
Ce déséquilibre de contraintes
statutaires aurait en outre, aux
dires du syndicat, porté des
agents du conseil général à
demander aux employeurs associatifs
de « baisser les coûts
de production en dénonçant la
convention collective des associations
». Caroline Dutarte,
vice-présidente du conseil
général, assure que le Département
n’a donné « aucune
instruction en ce sens ». L’élue
ajoutant qu’une convention
collective allait évidemment
« dans le bon sens, même si
cela représente un coût pour
les associations ».
Une autre cause, incriminée
par la déléguée centrale CFDT
Christel Bigare, dans les difficultés
frappant les associations
serait le « désengagement de
la Carsat ». La caisse d’assurance
retraite répond, quant à
elle, par la voix de son directeur
Jean-Yves Yvenat, que « l’aide
de la Carsat n’a pas baissé
jusqu’en 2013 » (date d’entrée
en vigueur de la convention
collective des associations,
ceci dit au passage), confirmant
néanmoins que la situation tendue
actuelle résulte de la loi
Borloo de 2005 qui a « ouvert
le marché au privé lucratif »
diluant ainsi les financements.
Le directeur de la Carsat annonce
toutefois une « baisse
de 19 % jusqu’en 2017 » du
financement à l’aide à domicile.
Les jours du secteur associatif
sont-ils comptés ?

Pas de repreneur pour Atlas

Le magasin d’ameublement Atlas du Château blanc a fermé définitivement ses portes lundi 27 octobre.
Aucune offre de reprise n’a été retenue par le tribunal. Les quelque 8 000 mètres carrés d’Atlas sont désormais vides de marchandises et de leurs seize salariés. Le magasin d’ameublement stéphanais était l’un des 95 sites des enseignes Fly, Atlas et Crozatier détenus en direct par la famille Rapp (Mobilier européen), dont le siège social est à Kingersheim (Haut-Rhin).
D’abord placé en procédure de sauvegarde de l’emploi (PSE) en juin, le numéro quatre de l’ameublement français avait été placé en redressement judiciaire le 17 septembre par le tribunal de Mulhouse. Le magasin stéphanais avait fait l’objet d’une offre de reprise, comme les 24 autres magasins et leurs 288 emplois sous enseigne Atlas détenue en direct par les Rapp. Cette offre émanait de la société Arum fondée par Patrick Werner, l’ex-président du directoire de la Banque postale, mais ce dernier a retiré son offre entre les deux tours, préférant « laisser le champ libre à l’offre Fly [présentée par l’ancien directeur financier du groupe, ndlr] qui permettrait de sauver davantage d’emplois. »
En l’absence d’un autre repreneur, les magasins Atlas devraient donc fermer leurs portes, à l’exception de 4 d’entre eux repris par But, de 8 autres repris par Conforama en mars dernier, et des 22 autres magasins indépendants sous franchise.
Dominique Joubert, le directeur du magasin stéphanais, se dit « sous le choc » de cette nouvelle. « Le magasin est rentable », plaide-t-il, même s’il reconnaît que le tassement du marché du meuble et l’ouverture d’Ikea à Tourville-la-Rivière avaient rendu la situation plus tendue, « mais c’est un magasin viable, doté d’un personnel excellent ».
Les seize salariés du magasin désormais en attente de leur lettre de licenciement déplorent le manque d’information de la part du siège alsacien. Dans un mail que leur avaient adressé le 10 octobre les cousins François et Philippe Rapp, les 2076 salariés du groupe étaient invités à « accepter de subir une zone d’incertitude jusqu’à début novembre » et se voyaient proposer un numéro de téléphone de soutien psychologique.
« Du vent », dénonce l’un des salariés. L’incertitude plane sur l’avenir des locaux désormais vides.

Festival Chants d’Elles : Elle connaît la chanson

La chanteuse, comédienne, scénariste et réalisatrice Agnès Jaoui se produit au Rive Gauche à l’occasion du festival Chants d’Elles. Avec « Les Passionarias », elle embarque le public sur la bande-son de son enfance. Petite, elle chantait à tue-tête avec la Française Barbara, l’Argentine Mercedes Sosa, l’Espagnole Martirio ou encore l’Israélienne Esther Ofarim. Aujourd’hui, dans son nouveau spectacle « Les Passionarias », Agnès Jaoui rend hommage aux femmes qui ont marqué son enfance. « Des femmes libres, fortes, qui dégageaient quelque chose », confie-t-elle. À travers leurs chants et leurs langues, accompagnée du Quintet Official, elle raconte leurs combats, leurs amours et l’histoire de leur pays.
Attirée par les musiques du monde depuis son plus jeune âge, la chanteuse est tombée sous le charme des rythmes d’Amérique latine lors d’un voyage à Cuba, il y a plusieurs années. « Plus tard, j’ai compris que cette musique ressemblait à la musique baroque que j’adorais, et que j’adore toujours, et qu’elle m’avait sûrement rappelé les musiques arabes de mon enfance », raconte-t-elle. C’est donc tout naturellement avec des musiciens cubains et argentins, devenus des amis proches, qu’Agnès Jaoui a chanté. D’abord en privé ou dans des bars, puis en public.
Si sa carrière sur et derrière les écrans, et au théâtre, l’a pendant un temps éloignée du monde musical, Agnès Jaoui n’a jamais renoncé au chant. Après avoir étudié le classique au conservatoire, où elle a sculpté sa voix aux accents graves de soprano, c’est son interprétation du boléro cubain Lo Dudo dans « Le rôle de sa vie » de François Favrat qui a été pour elle, et son futur producteur, le déclic révélateur qui lui a permis d’enregistrer son premier album.
« La musique et le chant donnent aux femmes, quelle que soit leur origine, une liberté et une force qui me fascinent, souligne la chanteuse. Je trouve remarquable qu’une chanson, qui part d’un détail, puisse devenir un symbole et nous porter dans nos vies personnelles. » Avec « Les Passionarias », Agnès Jaoui espère porter son public vers des horizons lointains.
• Concert organisé par Le Rive Gauche, le 25 novembre à 20h30. Tarifs: 25€/21€/15€. Renseignements au 02.32.91.94.94.

Français et Allemands s’apprêtent à commémorer l’armistice

À la veille de la commémoration de l’armistice de 1918, le maire a accueilli une délégation allemande de la ville jumelle de Nordenham, au côté de Jacques Dutheil président du comité stéphanais. « Votre présence est importante pour nous, a insisté Hubert Wulfranc, je vous souhaite donc la bienvenue et vous remercie d’avoir souhaité participer à ces commémorations. Depuis plusieurs mois, l’actualité est dominée par le souvenir du centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Demain, mardi 11 novembre, la cérémonie stéphanaise sera guidée par la mémoire et par les leçons qu’il convient de tirer de cette effroyable tragédie.”
Jan Ede, président du comité de jumelage de Nordenham, entouré de Carina Schaffarzyk, Edith Zurhold et Christain Koppen, a également pris la parole : “Nous sommes très reconnaissants à nos anciens adversaires de la confiance qu’ils nous témoignent en nous permettant d’être ici, à Saint-Étienne-du-Rouvray.” Puis s’exprimant sur le thème de la paix, Jan Ede a précisé que “l’Europe ne devait pas se résumer à des directives économiques ou à des réglementations précisant la courbure des bananes, mais que ce devait être un moteur de liberté et d’amitié entre les peuples et la possibilité pour les habitants de se déplacer.”
À l’occasion de la cérémonie du 11 novembre qui se déroulera à 11 heures, place de la Libération, la délégation allemande lira un message de paix adressé aux Stéphanais par le maire de Nordenham.
Puis, dimanche 16 novembre – jour de commémoration de toutes les victimes de guerre en Allemagne –, Jeanine Lebret, Pierre Ménard et Yvon Rémy se recueilleront devant le monument aux morts de Nordenham et porteront la parole du maire Hubert Wulfranc. Ces représentants de l’atelier histoire et patrimoine du centre socioculturel Georges-Déziré profiteront également de leur visite pour découvrir les panneaux de leur exposition “Guerres… ou paix, mémoires stéphanaises” présentés en allemand.
Décidément les échanges entre les deux villes sont nourris ces dernières mois. Durant la première semaine des vacances de La Toussaint, plusieurs élèves du conservatoire avaient rendez-vous pour une étape musicale dense incluant, master classes, répétitions avec leurs homologues allemands et concerts. Un vrai programme de pros!

Acsec : sur la voie du petit scarabée

Pour l’Association culturelle et sportive euro-chinoise, la voie du kung-fu est ouverte à tous, dès l’âge de 6 ans. Coordination, concentration, motricité, souplesse… les bonnes raisons ne manquent pas pour inciter les plus jeunes, garçons et filles, à s’initier au kung-fu. « Mais c’est surtout sur la dimension comportementale que j’insiste, précise Camille Georges, éducatrice sportive à l’Acsec. « Je mets l’accent sur le sport de défense bien plus que sur l’attaque. Dans le même temps, la pratique du kung-fu permet de travailler sur la gestion de son influx, la maîtrise de soi et puis c’est aussi une manière de rappeler les bienfaits de la mixité dans le sport. »
Pour les enfants de 6 à 12 ans, Camille Georges s’appuie sur un programme qui prend en compte à la fois le tao-lu, autrement dit la technique pure mais aussi le combat, « en version cool ». « Les deux aspects sont parfaitement complémentaires », précise Camille Georges. C’est pourquoi les enfants sont invités à participer aux deux séances d’entraînements hebdomadaires. Car dès la première année, les jeunes pratiquants sont impliqués au minimum dans des démonstrations et parfois dans des compétitions. « C’est le meilleur moyen de prendre conscience des enjeux de l’apprentissage. C’est une école de la vie où il faut savoir se confronter à l’autre tout en le respectant. »
Même si la saison est bien entamée, il reste encore des possibilités d’inscription sur les créneaux du mardi et du jeudi soir. Pour celles et ceux qui hésiteraient encore, l’Acsec leur donne rendez-vous samedi 8 novembre au Kindarena de Rouen dans le cadre de la nuit des arts martiaux. Des démonstrations auront lieu. Elles devraient enchanter à la fois les adultes et les enfants, prêts à réveiller la fureur du dragon.
• Pour tout renseignement, rendez-vous sur www.acsec-france.org ou par téléphone au 09.54.53.40.09.

Jean Jaurès : « Chercher la vérité et la dire »

Le pays commémore les cent ans de l’assassinat de Jean Jaurès, mais l’homme de paix n’a plus sa place dans les manuels d’histoire. Les valeurs qu’il incarnait font pourtant toujours débat, les élèves de troisième stéphanais s’en sont emparés. Lorsque l’ancien rédacteur en chef de « L’Humanité » Charles Silvestre sillonne les collèges de France pour parler de celui dont la dépouille est entrée au Panthéon en 1924, les élèves sont, de son propre aveu, « à la fois surpris et admiratifs ». « Ils découvrent un homme qui s’est battu pour des valeurs toujours d’actualité, comme la paix et la liberté d’expression. »
Mais cette liberté d’expression tant défendue par Jaurès souffrirait encore de quelques faiblesses, aux dires des collégiens stéphanais. Beaucoup affirment se méfier de la presse, notamment écrite. « Il y a toujours un risque de censure », assènent les troisièmes de Louise-Michel, tout comme leurs camarades des trois autres collèges. Et dans ce contexte, ceux qui sont censés porter et défendre la liberté d’expression sont cruellement pointés du doigt: « Les journalistes sont aux ordres », ajoutent-ils.
Néanmoins, l’information circule, les élèves semblent avoir trouvé leurs propres manières de s’informer, même si cellesci ne répondent pas exactement aux exigences et codes de déontologie de la presse. Les jeunes ados stéphanais disent notamment s’informer via les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter, ou grâce aux plateformes comme MSN, Snapchat, Wikipedia.
Quoi qu’il en soit, « les vidéos, c’est plus fluide », proclament-ils. Dans cette galaxie de l’information, l’image est donc reine. « C’est une preuve », lance-t-on à Paul-Éluard. À Picasso, les élèves mettent pour leur part un bémol au toutimage, préférant alerter contre les dérives de l’info en temps réel des chaînes comme BFM et i-Télé.
L’ensemble des collégiens exprime par conséquent des doutes quant aux progrès de la liberté d’expression depuis Jean Jaurès. « Il y a moins de censure aujourd’hui, concèdent-ils, mais il y en a quand même. »
Une dégradation de la liberté d’expression que Charles Silvestre qualifie quant à lui avec des mots bien plus durs, citant au passage l’édito du premier numéro de « L’Huma » en 1904: « C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde. »
L’ancien rédacteur en chef du journal communiste, un siècle plus tard, dresse un constat des plus sévères: « Les grands médias ne font que répéter que ce que leur dit l’État, ils font de la com’, de la propagande. »
Pour se prémunir contre le risque de manipulation de l’info, la pluralité des supports pratiquée par les collégiens peut ainsi constituer le meilleur des remparts. À Robespierre, la pluralité n’emporte toutefois pas l’unanimité, certains suggérant même de tout concentrer sur un seul média qui ferait radio, télé, internet, « et puis supprimer le papier ». Un verdict un peu radical mais qui coïncide avec un point de vue partagé par une très large majorité de leurs condisciples. « La presse papier, c’est pour les vieux, ce n’est pas écologique, et puis, surtout, pourquoi payer pour quelque chose qu’on peut avoir gratuitement? »
Quelle que soit la méthode, les collégiens stéphanais sont bel et bien des citoyens en herbe. Leur connaissance de l’actualité reste au moins équivalente à celle d’un adulte, aucun des grands thèmes de l’actualité ne leur demeure inconnu. Tous restent largement sensibles aux grands sujets qui interpellaient déjà au temps de Jaurès, telles la conscience ouvrière, la défense des libertés, la paix…
Chacun remarque, quel que soit son collège, que la guerre est partout à son œuvre de destruction. La Syrie, la Palestine, l’Irak, l’Ukraine sont évoqués spontanément par les élèves des quatre établissements. Tous craignent en outre qu’à tout moment les guerres n’embrasent la planète. Comme Charles Silvestre, les collégiens s’accordent ainsi à dire la nécessité de « les sentir venir, de les renifler longtemps à l’avance pour les empêcher ». « La guerre attise la guerre », lâche un élève de Paul-Éluard. Mais le sentiment d’impuissance pèse malgré tout face à la complexité du monde: « J’ai l’impression qu’on ne peut rien faire pour éviter les guerres, dit-on à Louise-Michel, les manifs ça ne sert à rien. »
Pour tous, la paix reste un idéal… mais un idéal aussi fragile que les libertés pour lesquelles Jaurès s’est battu, et qu’ils tentent eux aussi d’entretenir du haut de leurs 15 ans. Si tous reconnaissent qu’en France les libertés fondamentales sont à peu près respectées, comme la liberté de circuler, de s’exprimer, de faire grève, une jeune fille de Robespierre ne manque pas de souligner « le défaut d’égalité femme-homme, en particulier, dans le monde du travail ». Et son voisin d’abonder en soulignant « le décalage entre les salaires à niveau de qualification égale ».
Un monde du travail qui, selon eux, ne s’accorde pas avec les libertés fondamentales, « il n’y a pas de liberté d’expression dans les entreprises, les gens ont peur de perdre leur travail ». Un avenir en demi-teinte pour ces ados qui, en fin d’année scolaire, devront faire des choix d’orientation pour leur avenir professionnel. « Oui, je serai peut-être un ouvrier plus tard, lance un garçon de Louise- Michel, il n’y a pas de sous métier. » Un camarade ajoute: « C’est normal que les ouvriers se battent, le travail c’est leur vie! »
À Robespierre, on souligne qu’il faut rester vigilant, « pour défendre les salaires, la retraite, la durée du temps et les conditions de travail ». Le chômage est dans toutes les têtes, beaucoup craignent de n’avoir pas forcément le choix de leur métier. La fin de l’insouciance? Non, car la réalité de la situation économique ne les empêche pas de continuer de rêver à des professions comme ingénieur en informatique, designer de voiture, avocat, médecin, professeur des écoles…
Un siècle plus tard, le discours que fit Jaurès aux élèves du lycée d’Albi ne manquerait certainement pas d’éveiller l’intérêt et l’attention des collégiens stéphanais: « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »

Sur un air de jumelage

Le groupe pop rock stéphanais Les Mamies and Papies a obtenu une aide de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (Ofaj). Une tournée est prévue à Nordenham, la « jumelle » allemande de la commune. « Ils n’ont pas la même façon de jouer, Les Braincops travaillent les morceaux, nous, on est plus portés sur l’impro », analyse Luc Gosselin, professeur de musiques actuelles du jeune groupe stéphanais Les Mamies and Papies. Quant aux Braincops, ils sont en quelque sorte leur Doppelgänger, leur double allemand.
Les deux formations se connaissent depuis deux ans, précise le professeur au conservatoire de musique stéphanais, notamment grâce au festival Yes or Notes. « Ils sont maintenant en capacité d’organiser eux-mêmes leurs échanges, se félicite-t-il, les Facebook chauffent! »
16 ans et saxophoniste des Mamies and Papies, Simon fait partie du voyage musicolinguistique au cours duquel, outre les trois ou quatre concerts qu’il sera amené à donner avec ses cinq camarades du groupe, il devra intervenir dans les classes des membres des Braincops. « Je me débrouille en allemand, dit-il, mais je dois avouer que c’est plus facile pour nous de communiquer en anglais. »
Mais qui sait? cette tournée d’une semaine fera-t-elle passer la langue de Scorpions et de Nina Hagen au premier rang des échanges… Les Mamies and Papies arrivent donc au terme d’un cycle qui les aura vus s’enrichir les uns les autres et voler de leurs propres ailes. « Le but est qu’ils deviennent autonomes », indique celui qui aura été leur mentor temporaire pendant ce cycle de deux années, « ce qui nous permet ensuite de nous consacrer à un autre groupe ».
L’aide octroyée par l’Ofaj permettra aux six garçons et filles de 12 à 17 ans du groupe stéphanais de concrétiser une série de concerts outre-Rhin, en Basse-Saxe, plus précisément, à Nordenham et dans sa région. Ce projet d’échange a été mis au point en coopération avec les comités de jumelage allemand et stéphanais. « Je ne suis pas si surpris que ça que l’Ofaj ait accordé son aide au projet, reconnaît Luc Gosselin, le côté linguistique et multiculturel, on l’a toujours fait naturellement. »

Palestine: l’angoisse au bout du fil

En juillet et août 2014, l’armée israélienne a bombardé les habitants de Gaza. Deux mois meurtriers qui ont directement touché une famille stéphanaise. Personne n’était à l’abri,
une bombe pouvait tomber
n’importe quand et
tuer toute la famille. » Reem Gonçalves
est stéphanaise depuis dix ans. Sa famille
est restée à Gaza. Elle a vécu les
sept semaines de l’attaque israélienne
accrochée au téléphone « et sur Skype,
quand il y avait de l’électricité ». Reem
vit dans l’angoisse chaque fois que le
portable ne répond pas. « Ma soeur est
institutrice, raconte-t-elle, ils font semblant
que tout va bien, mais deux de ses
élèves ont été tués. »
Éprouvés par des dizaines d’années de
quasi-enfermement, les Gazaouis ont
encore vu leur situation se dégrader cet
été lorsque l’armée israélienne a pilonné
ce territoire sous le contrôle du Hamas.
« Les Palestiniens veulent vivre normalement,
ils ne cherchent pas 24 heures
sur 24 à détruire Israël. » Mais comme
toutes les familles de Gaza, celle de
Reem a été victime des bombes, « une
de mes tantes a été tuée sous les décombres
de sa maison, son fils est dans
le coma ».
Plusieurs associations soutiennent
les Palestiniens, comme France-
Palestine solidarité (AFPS) dont Blandine
Prime est membre actif. L’AFPS
soutient notamment les agriculteurs
de Tent of Nations, une ferme palestinienne
au sud de Bethléem, en Cisjordanie,
car, dit-elle, « une terre non
cultivée est confisquée par les colons
israéliens ». Cinq colonies illégales
sont implantées dans les environs de
Tent of Nations, « dont deux de plus
de 40 000 habitants », ajoute Blandine
Prime. L’équivalent d’une ville comme
Saint-Étienne-du-Rouvray. Afin de lutter
contre cette occupation, l’AFPS appelle
à boycotter les produits fabriqués dans
ces colonies, « les dattes Mehadrin et les
médicaments du laboratoire Teva ». Ce
boycott s’inscrit dans la campagne BDS
(Boycott desinvestissement sanctions)
que les responsables israéliens taxent
d’antisémitisme, « c’est un argument
facile qu’ils répètent jusqu’à la nausée,
rétorque Blandine Prime, mais il n’y a
pas un groupe de l’AFPS qui ne côtoie
pas des Israéliens pour la paix… »

Les Dragon Ladies rament contre le cancer

Sur leur drôle d’embarcation, l’équipage des Dragon Ladies gagne du terrain contre le cancer du sein. Pour ces femmes, pagayer ensemble devient un moyen de surmonter la maladie. Une femme sur huit risque à un moment de sa vie de développer un cancer du sein. Pour ne pas transformer cette probabilité en fatalité, la meilleure solution reste encore le dépistage précoce. Mais une fois que la maladie s’est déclarée, au-delà du traitement et de la prise en charge médicale, la pratique sportive s’impose comme une source de bienfaits reconnue par tous les spécialistes.
Pour Isabelle Saint Girons, présidente de l’association Unies pour elles, le déclic a eu lieu en mars 2011, lors d’une conférence consacrée au cancer du sein. « Il était question de l’activité physique et plus spécialement d’une expérience menée à Reims où des femmes se réunissaient pour pagayer sur un dragon boat, une embarcation ancestrale d’origine chinoise. J’étais alors en plein traitement et j’éprouvais un grand besoin de me reconstruire tant au niveau physique que psychologique. J’ai décidé de créer un équipage près de Rouen. »
Quelques mois plus tard, les Dragon Ladies embarquaient sur la base de Belbeuf et donnaient leur premier coup de rame aux abords des rives de la Seine. Une initiative qui n’a pas manqué de séduire à la fois des femmes atteintes d’un cancer du sein mais aussi des médecins du centre Henri-Becquerel qui se sont aussitôt impliqués dans cette initiative. Il faut avouer que les arguments sont plus qu’éloquents. « Dans les cas de cancer du sein, la pratique sportive permet de faire chuter les taux de récidive de 30 à 50% », précise Isabelle Saint Girons. « De surcroît, le geste même de pagayer est particulièrement adapté pour celles qui peuvent souffrir d’un lymphoedème suite à l’ablation des ganglions lymphatiques situés sous l’aisselle. » Aujourd’hui, l’équipage des Dragon Ladies compte pas moins de 23 femmes qui se retrouvent chaque semaine pour des entraînements et toujours dans la bonne humeur. « Des places restent à prendre et toutes celles qui souhaiteraient nous rejoindre sont les bienvenues », insiste Isabelle Saint Girons. Une manière comme une autre de reprendre la barre de sa vie, malgré la maladie.
• Pour plus de renseignements concernant l’association Unies pour elles et l’équipage des Dragon Ladies, contactez l’espace rencontre et information du centre Henri-Becquerel. Kate Lee-Verhoeven au 02.32.08.29.33.

L’AFT-IFTIM change d’adresse

Après avoir emménagé en août sur le Creaparc de la Vente Olivier, le centre de formation en transport et en logistique de l’AFT-IFTIM est sur le point de changer de nom. Des équipements mieux adaptés, des locaux plus spacieux, un accès facilité au réseau des autoroutes vers Caen, Le Havre et Paris, l’équipe du centre de formation de l’AFT-IFTIM n’a que des raisons de se féliciter de sa nouvelle implantation sur le Creaparc de la Vente Olivier. Dès le 25 août, les premiers apprentis et professionnels du transport et de la logistique découvraient les nouveaux bâtiments implantés sur un terrain de près de deux hectares avec notamment dix-sept salles de cours, un magasin école, deux pistes pour les poids lourds et une aire de manœuvre pour les engins de chantier. « C’est un très bel outil de travail qui va nous permettre de mieux accueillir et de mieux former les 4000 jeunes et adultes qui passent chaque année par l’AFT-IFTIM. Preuve que même dans un contexte difficile pour les transporteurs, le secteur reste attractif », confie Fabrice Weillaert, le directeur du site stéphanais.
Entre ces murs où résonnent souvent le bruit des moteurs et des chariots élévateurs, on voit passer en permanence des conducteurs apprentis, des caristes d’entrepôts, des gestionnaires de stocks, des préparateurs de commandes. Et les dix-huit formateurs de l’AFT-IFTIM ne manquent pas d’ouvrage entre celles et ceux qui préparent un CAP, un bac pro et jusqu’à des diplômes de niveau bac+2 pour les techniciens supérieurs en méthode et exploitation logistique et de niveau bac +3 pour les responsables en logistique. Pour les plus chevronnés aussi le centre de formation stéphanais permet de préparer des certifications pour la conduite en sécurité ou encore pour le transport de matières dangereuses. Formation continue et en alternance, stages… toutes les formules sont au programme.
Au-delà du changement d’adresse, l’AFT-IFTIM s’apprête aussi à opérer une mutation plus profonde à l’échelle nationale puisque dès le 1er janvier 2015, le centre de formation prendra le nom d’AFTRAL. Un nouvel acronyme pour « Apprendre et se former en transport et logistique ». « Après 55 ans d’existence, ce n’est peut-être pas une révolution mais c’est quand même le signe d’une authentique évolution pour cette école qui compte plus de 650 véhicules en France et qui représente un interlocuteur important sur le plan de l’économie régionale et de l’emploi », précise Fabrice Weillaert. Dans les faits, l’AFT-IFTIMaccueille notamment depuis la fin septembre quinze anciens salariés de l’entreprise Mory Ducros. « Ils sont là pour une formation de trois mois qui doit leur permettre d’évoluer vers le secteur du transport en commun avec l’espoir d’une embauche à la clef. »
• Creaparc de la Vente Olivier, 145 chemin du Taillis. Tél.: 02.35.66.67.28.

Métropole : plus de proximité ?

Les pôles de proximité de la métropole deviendront au 1er janvier 2015 les interlocuteurs des Stéphanais en matière de voirie. Mais, pour le moment, on ignore où ils se trouveront. Qui appeler lorsqu’un nid-de-poule déforme la chaussée, lorsqu’un lampadaire ne fonctionne plus ou lorsqu’un panneau indicateur est plié? Dans trois mois, les Stéphanais devront changer de réflexe. Ils devront s’adresser au futur « pôle de proximité » métropolitain du secteur. Trois devraient voir le jour à l’échelle de la métropole.
Les quelque 665 km2 et 485 000 habitants de l’actuelle Crea seront ainsi gérés en direct par ces futurs pôles pour toutes les questions et signalements liés à la voirie, à l’éclairage public, au jalonnement (panneaux directionnels) et aux arbres d’alignements plantés en bordure des chaussées (entre autres compétences transférées, lire ci-dessous)… Jusqu’à présent, ces mêmes usagers pouvaient adresser leurs requêtes dans chacun des 71 hôtels de ville des communes de la Crea, sans parler des mairies annexes. Cette réduction du nombre de lieux auxquels s’adresser soulève quelques réticences chez les usagers, à l’image de Patrick, venu signaler un problème de voirie en mairie. « Je suis contre la métropole, dit-il, on éloigne encore le quidam des centres de décision. »
Ce glissement de compétences se traduira par le transfert, d’une part, de sept agents stéphanais des services municipaux de la voirie et des espaces verts vers ceux de la métropole, et, d’autre part, d’un budget, englobant l’entretien de la voirie et de l’éclairage public, d’un peu moins d’un million d’euros, le tout dans un contexte national des baisses de dotations de l’État en direction des communes. « Ce transfert permettra une économie d’échelle instantanée, assure Simon Raoult, le responsable municipal des voiries qui sera transféré aux services de la métropole au 1er janvier, les quantités négociées à l’échelle métropolitaine seront plus importantes, par conséquent, les prix unitaires seront revus à la baisse pour les prestations portant sur les chaussées. »
Toutefois, ces économies, à l’échelle de la métropole, ne bénéficieront pas au budget de la commune. Si les économies d’échelle sont effectivement possibles, il reste néanmoins des zones d’ombre sur ces fameux futurs pôles de proximité. À trois mois de leur mise en service, la Métropole Rouen Normandie n’a toujours pas communiqué leur localisation géographique, ni leurs modalités d’accueil des usagers.
• COMPÉTENCES DE LA MÉTROPOLE
La Crea deviendra au 1er janvier 2015 l’une des douze métropoles françaises, telles que les a définies la loi du 27 janvier 2014. Si le texte légal clarifie les conditions d’exercice de certaines compétences des collectivités, elle crée, dans la foulée, ces nouvelles entités territoriales vers lesquelles les communes concernées devront transférer une partie de leurs compétences et donc de leur budget et de leurs personnels. L’article L5217-2 de cette loi donne aux métropoles les compétences suivantes: le développement et l’aménagement économique, social et culturel; l’aménagement de l’espace métropolitain; la politique locale de l’habitat; la politique de la ville; la gestion des services d’intérêt collectif; la protection et mise en valeur de l’environnement et de politique du cadre de vie.

Le goût du sport

Quand il s’agit de perdre du poids, l’activité physique se révèle souvent une solution déterminante.
Encore faut-il être capable d’associer la pratique sportive à une alimentation appropriée pour
que les bonnes intentions ne produisent pas de fâcheuses conséquences sur les organismes. Cédric Solignac, éducateur sportif à la Ville, reconnaît qu’il est souvent interpellé au sein de la salle de remise en forme par des hommes et des femmes qui veulent savoir comment perdre du poids tout en réussissant à prendre de la masse musculaire. Un défi pas si simple à relever et qui implique d’emblée que la pratique sportive soit régulière. « Je comprends bien qu’il n’est pas toujours évident de venir plus d’une fois par semaine à la salle et pourtant le secret réside surtout dans l’assiduité, idéalement trois fois par semaine », précise Cédric Solignac. Le sentiment de frustration devant l’absence de résultat précède alors quelquefois le retour au canapé. « La salle de remise en forme ne doit pas être une fin en soi mais plutôt un complément d’activité qui peut être associé à de la marche rapide ou à du footing. Car au final, il n’est pas seulement question de perdre du poids mais de modifier durablement les comportements. »
Élise Molina, diététicienne au Pôle santé sport de Rouen, confirme que ce qui doit primer c’est la pérennité de l’activité. « Il faut donc choisir son sport par goût. La salle de remise en forme a bien des atouts car elle permet de ne pas être isolé et d’associer l’individuel et le collectif. » Au-delà, l’alternance entre des exercices d’endurance et une pratique plus intensive, en fractionné, pour le renforcement musculaire « porte toujours ses fruits ».
Reste à savoir ensuite comment gérer l’apport en énergie pour l’effort et comment choisir le bon menu pour une récupération efficace. « Il ne s’agit pas seulement de savoir ce qu’on mange mais aussi dans quelle condition, à quelle heure et en quelle quantité. Il faut être attentif aux sensations pour bien distinguer le besoin et l’envie. Le sommeil aussi est un facteur essentiel à prendre en compte, un temps nécessaire pour que le cerveau fasse son travail de régulation. » De la mesure avant toute chose donc et pour cela il faut savoir faire preuve de discernement.
La chasse au gras nécessite de choisir la bonne cible. « Le pourcentage de masse grasse est un indicateur fiable. Il permet de faire la part de ce qu’il faut éliminer et du “bon gras” à préserver pour alimenter notamment le cœur et le cerveau. Dans tous les cas, il faut prendre garde de ne pas basculer dans la dénutrition. » C’est sans doute pourquoi les diététiciens ont tendance à refuser le terme de régime et préfèrent parler de rééquilibrage alimentaire.
Ainsi, même si chaque prescription se doit de prendre en compte l’âge et le sexe des individus, Élise Molina préconise quelques conseils simples d’alimentation dans le cadre d’une pratique sportive tout en insistant sur l’importance de manger lentement, de bien mastiquer, dans une ambiance calme. Il est conseillé de s’alimenter une à deux heures avant l’effort en associant des protéines maigres comme un yaourt nature, des féculents comme du riz ou des pommes de terre, des fibres en petite quantité pour éviter les désagréments digestifs, sans jamais oublier de bien s’hydrater. Pendant l’effort, la priorité revient aux sucres rapides comme les pâtes de fruit. Dans le même temps, il faut fractionner l’hydratation et choisir par exemple des cocktails maison à partir d’un fond de jus de raisin dilué dans de l’eau. Enfin, après l’effort, les protéines maigres sont à nouveau les bienvenus avec du poisson ou de la viande blanche à associer à des féculents et des fibres riches en potassium et en magnésium. Les eaux gazeuses sont également les bienvenues pour un bon rééquilibrage hydrique et sodique (sel). En dessert, un fruit et un produit laitier feront toujours bon ménage. Preuve que la quête de l’équilibre alimentaire dans le cadre d’une pratique sportive n’est pas exempte de la notion de plaisir.

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut