
Ainsi, Jérôme Cahuzac, ministre du budget a fini par
démissionner. Accusé par Mediapart de posséder un compte bancaire en Suisse, le
député dépité du Lot et Garonne qui niait farouchement l’existence d’un tel
compte, a fini par lâcher le morceau…
Souvenons-nous. Voici quelques mois, un site internet de mauvais esprit
sortait l’info : celui qui s’occupait alors du budget de notre pays avait
un compte bancaire bien dissimulé à l’extérieur des frontières hexagonales, un
compte ouvert auprès de l’Union des Banques Suisses, l’UBS, à ne pas confondre
avec l’USB. Monsieur le Ministre nia alors avec la plus grande vigueur
l’existence dudit compte et alla même jusqu’à attaquer verbalement Mediapart
pour se défendre.
Ainsi, Jéjé nous informait solennellement en décembre 2012 :
« Je démens catégoriquement les allégations contenues sur le site
Médiapart. Je n’ai jamais eu de compte à l’étranger, ni maintenant, ni avant.
J’ai saisi la justice (…) et c’est devant la justice que je
m’expliquerai en attendant des éléments probants qui à ce jour font
défaut.»
Et bien, c’est donc à la Justice mais aussi devant l’Assemblée Nationale que
le ministre a fini par lâcher, « dévasté par le remords » :
« J’ai rencontré les deux juges aujourd’hui. Je leur ai confirmé
l’existence de ce compte ». C’est donc par un démenti de son premier
démenti que s’achève cette pitoyable affaire d’un gamin pris les mains dans le
pot de confiture et qui s’évertue à nier l’évidence en se léchant les babines
et les doigts. Comment ne pas songer à ce gosse qui aggrave son cas en ajoutant
le mensonge à son forfait, et pas téléphonique le forfait même si le mensonge
est téléphoné.
Bref, loin de ces calembours à deux balles, penchons-nous maintenant sur ce
qui a bien pu conduire un député socialiste à se sentir investi de la mission
de s’ouvrir un compte chez nos amis helvètes, bien que banquiers en
l’occurrence. Tout d’abord, pour ouvrir un compte au pays de Guillaume Tell, du
gruyère, du chocolat de luxe et des röstis, il faut déjà posséder quelques
moyens en numéraires. C’est donc muni de sa fortune acquise à la force du
poignet et même du bistouri que le désormais ex-ministre a pu devenir un client
de la prestigieuse UBS. En effet, Jéjé Cahuzac était chirurgien avant d’être
ministre, et même chirurgien esthétique à défaut d’être un esthète de la fraude
fiscale ou du blanchiment. C’est dire si la dissimulation ou le maquillage de
la réalité fait ou faisait partie du cœur de son métier.
Mieux encore, c’est un chirurgien esthétique spécialisé dans l’implant
capillaire qui a donc été la victime de cette histoire tirée par les chevaux,
dirait Eric Woerth, ou par les cheveux comme me le faisait remarquer
modestement mais avec pertinence mon coiffeur. En tous cas Jérôme Cahuzac peut
se faire des cheveux blancs, maintenant que la Justice l’a rattrapé en flagrant
délit de mensonge.
On ne s’empêchera pas au passage d’égratigner l’inénarrable Jean-François
Copé, l’homme-pas-si-fort-que-çà de l’UMP qui estimait que François Hollande
avait soit fait preuve de candeur, soit menti. On sait très bien qu’à l’UMP, on
ne mélange pas les torchons et les serviettes et que dans l’histoire de la
glorieuse élection du maire de Meaux à la tête de l’UMP, un candidat aurait
fait preuve de candeur alors que l’autre aurait menti.
Le mot de la fin à Robespierre, Maximilien, pas le partenaire de Jean-Marc
Thibaut, qui était surnommé « l’incorruptible », pas Jean-Marc Thibaut,
mais Robespierre : « Tout homme n’a pas le droit d’entasser du
blé, quand son semblable meurt de faim, tout ce qui est nécessaire à
l’existence de la vie des hommes, appartient à la société, son superflu seul
est un objet de commerce ».
Comme une perruque ou un implant capillaire ?