DLXXVII.

Comme une épidémie. On va faire une course, on ouvre le journal, on déambule au marché. A chaque occasion, on apprend la mort de quelqu’un. Ou l’agonie. Ou la récidive (chère aux cancérologues). Passée la stupeur (mais je m’y attendais), on prend l’air désolé, on se congratule, on s’estime heureux. Après les condoléances et l’instant philosophique (nous sommes peu de choses !) viennent les phrases toutes faites. L’une d’elles me rend perplexe : à plus tard, et espérons-le, dans d’autres circonstances. Pourquoi se dirait-on trois mots ailleurs qu’au cimetière, à l’église ou dans la rue ?

Certes, conventions, mais sortant de l’hôpital, j’avoue être plus exigeant. Notez que c’est pareil pour la télévision. Période d’été, pas un programme potable. La plupart du temps, rediffusions de vieilleries. Cinéma ? Bof. Concert ? Passons. Théâtre ? Ce n’était que Molière, etc. Restent les inhumations, cérémonial classique, à toutes épreuves. Ou les vacances. Tenez, des amis pas encore morts, me proposent de m’héberger dans leur villégiature. A trop jouer le convalescent, voilà ce qu’on récolte.

La chose se passerait, sans accent, dans le Midi. De celui où il ne fait pas trop chaud. Sur les hauteurs et éloigné (promis juré) des festivals. Pour me plaire, on ne fera rien, sinon se reposer. La bibliothèque est vaste, je pourrai lire. Et à défaut de Paris-Normandie, j’aurai le Midi Libre (ou prétendu tel). On mangera dehors m’assure-t-on. J’ai cru percevoir que c’était comme une obligation locale. Barbecue ? C’est à craindre. Je sens que mon état de santé va m’empêcher d’accepter. A tort sans doute.

Rouen l’été n’est pas si folichon. Même, par endroit, sinistre. Excepté rue Saint-Romain où on s’active à la finition du Mémorial Johannique. Pas si grand, pas si cher. Là encore, la montagne va accoucher d’une souris. Pour l’heure, les maçons (les vrais) fignolent. L’autre jour, je m’attardais à les regarder. En tant que vieux monsieur, j’ai le droit. Que de sérieux ! On voit qu’ils travaillent pour la gloire patrimoniale, historique et touristique. On s’attend presque à ce qu’un chapelain sorte et les en bénisse. A défaut d’être payé ? Hé, sait-on jamais ?

L’autre jour, au crématorium, coup de théâtre (c’est de saison). Discours, re-discours, hommage, re-hommage, et pour finir, alors que rien n’y prédisposait l’assistance (pas plus que le mort), un membre de la famille a voulu dire le Notre Père. Et qu’on le dise avec lui. Aidez-moi, plaidait-il. La chose était pathétique. Mais entre gens bien élevés, n’est-ce pas. Au moins, en voilà un qui n’était pas dans le conventionnel.

Au sortir, une vieille connaissance m’apostropha : qu’est que c’est que ce Notre Père ? Ils ont changé la fin. J’opinais. Oui, ce n’est plus la banale prière d’autrefois. On dirait qu’elle a viré protestant. Ça fait plus chic. Plus musclé. Moins béni oui oui. Enfin, façon de dire. Redescendant le rue Francis-Yard, ça m’est venu comme ça. Eux seuls ont raison. Voilà comment le monde avance : en changeant la fin. A y repensez, comme pour l’Historial, vous verrez, eux aussi, ils changeront la fin.

Interview exclusive : Pierre-Edouard Bellemare, l’ancien hockeyeur de Rouen en NHL

Pierre-Edouard Bellemare, ancien hockeyeur des Dragons de Rouen, vient de signer un contrat en National Hockey League, graal pour tout hockeyeur, chez les Flyers de Philadelphie. L’international fait désormais partie du club très restreint des Français ayant signé un contrat NHL. Il revient pour nous sur son parcours, sur sa progression à Rouen et sur la vie qui l’attend à Philadelphie.

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#Sexisme – Coupe du monde : deux femmes journalistes dénoncent un « environnement ultra-masculin » | @scoopit http://t.co/POkLPPXJMN

Eligi-Formation (@EligiFormation)July 03, 2014

Coupe du monde : deux femmes journalistes dénoncent un "environnement ultra-masculin"

Coupe du monde : deux femmes journalistes dénoncent un « environnement ultra-masculin »

Employées par l’Agence France Presse, elles se désolent de leurs conditions de travail au Brésil. Plus que le stress ou la fatigue, c’est le sexisme qui les épuise. | discrimination

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55/100 des Hauts Normands .

C’est le pourcentage des Hauts Normand qui sont attachés a leur département comme institutions de proximité.il en est de même en region Champagne Ardenne , Centre,Languedoc Roussillon,Lorraine, Franche Comté et Auvergne.
Sur l’ensemble du territoire, la moyenne se situe à 46% avec des pointes comme […]

A qui la faute ?

extraits d’un dialogue entre Marcel Gauchet et Frédéric Lordon.

Remarquable analyse sur la situation actuelle de notre démocratie

Le déficit de confiance à l’égard de la gauche ne s’arrange pas. Qui est responsable ? «La faute à personne» et «tous coupables»: les deux sont vrais. Il est vain de chercher un responsable à qui tout faire endosser. La crise est générale et elle est très profonde ; elle n’a pas été suffisamment reconnue et mesurée. C’est là que se situe la vraie responsabilité.

Mais il est vrai que l’arrivée de la gauche au pouvoir, dans une impréparation complète, n’a rien arrangé. L’effet de l’alternance est épuisé. Le jugement de l’opinion est sans appel: tous les mêmes dans l’impuissance; rien à attendre du changement de personnel dirigeant.

Du point de vue du moral des troupes, ce n’est pas idéal. Le président finit par se résoudre à faire, au bout d’un an et demi, ce dont il avait commencé par nier la nécessité. C’est encore pire que s’il avait annoncé la couleur d’entrée. Et si au moins on avait le sentiment que cela va servir à quelque chose et qu’un vrai redressement est au bout ! Mais c’est sur ce point qu’il y a doute.

Les gens voient leur société se déglinguer de partout, en plus de l’extension inexorable du chômage: retraites, système de santé, système scolaire, et pas la moindre explication à la hauteur, pas la moindre perspective convaincante de la part de gouvernants qui ne pensent qu’à leur réélection, à leurs postes, à leurs nominations. On serait révolté à moins!

L’indifférenciation des politiques de la droite et de la gauche, notamment économiques, est le péril démocratique majuscule. Et la vie politique est empoisonnée de ces fausses alternances qui ont perdu tout pouvoir d’alternative. « L’occasion Hollande » cependant restera comme un moment d’une radicalité marquante, jusqu’à laisser passablement déboussolés les demi-habiles qui, sous couleur de profondeur historique, ânonnaient gravement «Bad Godesberg»

Le problème étant que nous sommes maintenant beaucoup plus près de Chicago que de Bad Godesberg. La droite est aussi nulle que la gauche, c’est entendu, mais est-ce une consolation? Il n’y a plus beaucoup de sens à continuer de se renvoyer la balle d’un camp à l’autre, sous les yeux d’un public pour lequel il est majoritairement acquis que c’est «du pareil au même». La responsabilité de la gauche est plus grande à cet égard que celle de la droite, parce que c’est elle, de fait, qui est en charge d’amener les idées dans le champ politique, là où la droite se contente de gérer de manière plus ou moins pragmatique.

Or sur ce chapitre elle a été dramatiquement défaillante. Nous avons changé de monde, et elle n’a rien à dire sur ce qui s’y passe. Elle s’y est ralliée honteusement, en se cachant derrière quelques incantations morales. Mais il y a aussi l’effet d’un climat général de la «pensée», si le mot est vraiment adéquat, où les idéologues réactionnaires ont tribune, micro et Académie ouverts, climat auquel certains médias auront pris plus que leur part.

Il y a des couvertures à répétition à base de minarets et d’«Islam sans gêne» qui font bien davantage pour le FN que tous les porte-à-porte, et notamment dans ces zones où, quoiqu’on n’y ait jamais vu le moindre immigré, l’extrême droite cartonne avec pour merveilleux atout des «images» d’immigrés bien plus «payantes» que tous les immigrés réels.

L’Europe est à la fois le vecteur et le miroir grossissant de ce qu’il y a de plus problématique dans le nouveau monde où nous avons basculé. Ses effets ne se résument pas aux résultats économiques peu probants de cette mécanique dont on nous annonçait monts et merveilles. Il y aurait beaucoup à dire là-dessus, mais il faut éviter l’enfermement dans l’économie qui est l’un des pièges intellectuels les plus dangereux du moment.

L’Europe est aussi une construction politique et c’est sur ce point que le bât blesse le plus. En fait de construction politique, il faut dire que c’est la construction la plus antipolitique qui soit. Car les peuples ont des besoins politiques, comme la fréquentation des économistes n’apprend pas à le comprendre. De ce point de vue, le monstre que nous avons bâti peu à peu est une machine à frustrer leurs attentes les plus profondes.

L’idée est juste, les moyens sont déplorables. L’édifice ne tient plus que par la peur d’en sortir et du saut dans l’inconnu que cela représenterait. Ce pourquoi il va durer, mais en ne nous laissant pour tout horizon qu’un marasme général. Il n’est que temps de siffler la fin de la récréation et de passer à la phase d’organisation qu’exige une «mondialisation durable». C’est ce qui aurait pu être la mission de l’Europe, en théorie…La montée de l’extrême droite est alors la pathologie réactionnelle qui suit immanquablement ce genre d’attentat au principe, quasi existentiel, de souveraineté démocratique. La grande réconciliation identitaire n’a donc vocation à se faire que dans la consécration d’un ordre social dominé par les mêmes puissants qu’aujourd’hui. Et le FN n’a jamais eu d’autre intention que de renouer avec le capital un compromis de classe, peut-être légèrement teinté de démondialisation, mais qui en préserverait fondamentalement les intérêts hégémoniques et la position directrice dans la société – et les classes ouvrières ne peuvent être davantage abusées.

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Enquête autour de l’accueil en gendarmerie/police des victimes de viol ou d’agression sexuelle | @scoopit http://t.co/VTkb6dWiQV

Eligi-Formation (@EligiFormation)July 03, 2014

Enquête autour de l'accueil en gendarmerie/police des victimes de viol ou d'agression sexuelle

Enquête autour de l’accueil en gendarmerie/police des victimes de viol ou d’agression sexuelle

Enquête autour de l’accueil en gendarmerie/police des victimes de viol ou d’agression sexuelle on discrimination curated by Paul-Marie Cavelier

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