L’hebdomadaire républicain de gauche « Marianne » nous propose cette semaine une « une » fracassante à souhait à l’occasion de la sortie d’un nouveau livre du géographe Christophe GUILLUY: « La France périphérique, comment on a sacrifié les classes populaires »...
Au risque de caricaturer une étude de fond et qui a le mérite de prendre en compte des phénomènes multi-factoriels, le nouveau livre choc de Guilluy pourrait aussi s’appeler ainsi: géographie du Front National. La géographie sociale et humaine comme méthode de décryptage des comportements électoraux des habitants est une vieille tradition fondée par la célèbre étude d’André SIEGFRIED sur l’Ouest de la France réalisée au début du XXe siècle et qui se demandait si l’Ouest catholique et conservateur était compatible avec les idéaux républicains de progrès.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Siegfried
Plus de 100 ans plus tard et dans le nouveau contexte de la crise sociale, économique et politique la plus grave que la France a pu connaître depuis la catastrophe de 1940, le livre de GUILLUY confirme ce que d’autres études de géographes, sociologues ou économistes (par exemple Davezies) ont pu apercevoir:
La France n’est plus constituée comme avant de grands territoires homogènes ou d’une mosaïque cimentée par de multiples solidarités locales. La France est désormais en lambeaux, en miettes, éparpillée, ventilée façon puzzle avec une discrimination sociale et culturelle (voire … un appartheid territorial doux ou pacifique ?) qui se déploie à toutes les échelles (communale, départementale, régionale…).
50 années de DATAR (direction de l’aménagement du territoire et de l’action régionale) pour en arriver là !
Marine Le PEN est devenue le principal objet de curiosité géographique pour une classe politico-médiatique parisienne parfaitement autiste sur ce qui se passe dans « le pays profond ».
Les géographes sont devenus des Cassandre à force d’ignorance pour leurs travaux, leurs analyses, leurs solutions, à l’instar des écologistes et des climatologues qui ont tiré en vain jusque-là la sonnette d’alarme du réchauffement climatique !
Faudra-t-il que Marine LE PEN soit la première femme élue présidente de la République en 2017 pour qu’un certain nombre de responsables, élus, décideurs et faiseurs d’opinion découvrent enfin les symptômes que les géographes, tels des médecins des territoires en souffrance, ont pu observer depuis trop longtemps?
On pourra, légitimement, critiquer telle ou telle analyse proposée par Guilluy, son livre a le mérite d’exister: qu’il puisse enfin ouvrir les yeux de ceux et celles qui refusent de voir !
Tentons d’être positifs néanmoins… Après la pleine prise de conscience du désastre, il faut trouver des solutions.
1° Nous pensons que la réorganisation des politiques publiques de solidarité territoriale pour réparer, recoudre, relier, remettre à niveau doit se faire dans le cadre de vraies régions assises sur de vrais territoires cohérents de part leur géo-histoire: le « A R » du sigle DATAR n’a jamais vraiment été mis en pratique tant que nous étions dans un centralisme bureaucratique parisien et autoritaire.
2° Nous pensons que l’UNITE NORMANDE est un ANTIDOTE, et contrairement à ce que peuvent penser les imposteurs politiciens de la Fabiusie, la mise en oeuvre d’un grand projet de territoire normand autour de l’idée de réseau et de solidarité sera la meilleure réponse possible au désarroi social de nos concitoyens angoissés par le chômage, la pauvreté, la désertification des services publics et tentés par le Front National…
3° Nous pensons que l’avenir est à l’UNITE NORMANDE pour la mise en oeuvre d’un « socialisme territorial » normand qui doit s’appuyer sur le mode d’emploi de la géographe normande qui réclame la mise en oeuvre des idées de réseau, de complémentarité, de coopération, de solidarité et de responsabilité des acteurs.
4° L’égoïsme de circonscription et électoral à courte de vue de certains « grands élus » qui se disent de gauche, bâti sur le sable du déclin d’une Normandie coupée en deux depuis plus de 40 ans est IRRESPONSABLE !
5° Pour que la « Fabiusie » ne soit pas la prochaine victime des ambitions électorales du Front National (pensons aux déclarations de Nicolas Bay, le jeune vice-président frontiste après le beau succès du FN aux dernières élections municipales à Elbeuf…) il faut réaliser au plus vite l’UNITE NORMANDE et mettre en oeuvre un socialisme territorial normand.
Si Laurent FABIUS n’en est pas encore convaincu, tant pis pour lui !
Ci-après, quelques cartes extraites du livre de Christophe GUILLUY qui montre l’ampleur du désastre territorial français: le pays est littéralement explosé entre zones dominantes métropolisées et urbaines qui sont « dans le coup », dans « la mondialisation » et zones dominées, déclassées, rurales qui sont sorties des radars du présent et de l’avenir: les fameux « PLOUKISTANS » dont nous avons déjà ici parlés…









