Une information démentie par les services de renseignements français. En revanche, les autorités américaines prédisent des représailles contre les Etats-Unis et ses alliés, dont la France, après le début des frappes en Syrie. Le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi a affirmé, jeudi 25 septembre, avoir été informé d’un projet d’attentats par l’Etat islamique (EI) visant des métros à Paris et aux Etats-Unis. Information toutefois démentie par les gouvernements français et américain. En revanche, les autorités américaines sont convaincues que l’organisation jihadiste tentera d’agir contre les Etats-Unis et ses alliés, dont la France, en représailles des frappes en Syrie, selon le patron du FBI.
Selon le gouvernement français, les mesures renforcées de prévention et de vigilance « contre les risques terroristes » annoncées jeudi « l’ont été indépendamment et préalablement à ces déclarations ». Les ressortissants français et américains ont été visés, avec tous les membres de la coalition internationale opposée au groupe Etat islamique, par un appel au meurtre lancé en début de semaine par cette organisation jihadiste.
Même message à Washington : « Personne au sein du gouvernement américain n’est au courant d’un tel complot et cela n’a pas été évoqué lors de nos rencontres avec les responsables irakiens ici à New York », a dit un haut responsable américain sous couvert d’anonymat. Nous avons vu des articles sur les propos du Premier ministre Abadi. Nous n’avons pas confirmé un tel complot et aurions besoin d’examiner toute information de la part de nos partenaires irakiens avant de nous prononcer », a déclaré pour sa part Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil de sécurité nationale.
Le FBI craint des représailles La Maison Blanche a précisé qu’elle prenait toute menace « au sérieux » et travaillait toujours pour « corroborer » les informations qu’elle recevait de ses partenaires. En revanche, les autorités américaines sont convaincues que l’Etat islamique tentera d’agir aux Etats-Unis en représailles de leurs frappes en Syrie, selon le patron du FBI. « Il n’y a aucun doute », a déclaré le directeur du FBI James Comey.
Les Etats-Unis et leurs alliés arabes frappent depuis mardi des cibles jihadistes en Syrie et ont commencé, dans la nuit de mercredi à jeudi, à frapper les installations pétrolières contrôlées par le groupe extrémiste EI. Depuis le 8 août, les Etats-Unis mènent des frappes aériennes contre l’EI en Irak. La logique, s’ils aspirent à devenir les leaders du jihad mondial, est qu’ils ne peuvent pas y parvenir sans frapper l’Amérique », a poursuivi le patron de la police fédérale américaine. « Je n’ai absolument aucun doute que s’ils avaient la capacité – ce dont je doute – de mener des attaques sophistiquées simultanées [du type du 11-Septembre], ils le feraient », a-t-il ajouté. Le responsable américain n’a pas donné de détails sur le type d’attaques que les autorités redoutent mais il a estimé que l’objectif de l’EI était de « tuer ou de brutaliser des Américains innocents ».
Une douzaine de ressortissants américains combattent actuellement avec les organisations terroristes, quelles qu’elles soient. Au total, une centaine ont cherché à les rejoindre, y sont parvenus et sont rentrés sur le sol américain ou se trouvent toujours en Syrie. Le chef du FBI s’est dit « inquiet du fait que l’EI cherche encore à motiver et à radicaliser les gens aux Etats-Unis ». « Des terroristes très, très, très mauvais » Interrogé sur l’efficacité les récentes frappes ciblées des Etats-Unis contre les membres de Khorassan, un groupuscule proche d’Al-Qaïda, le patron du FBI a dit « continuer à travailler avec l’hypothèse qu’ils sont toujours indemnes ».
Les autorités américaines n’ont pas pu confirmer l’ampleur des dommages subis par Khorassan, ni si son chef avait été tué lors des frappes mardi. Elles avaient indiqué que ce groupe s’apprêtait à conduire « une attaque majeure » sur le sol américain. « Cette organisation est au top de la liste de mes préoccupations » depuis « longtemps », a déclaré James Comey. Car « c’est un regroupement de terroristes très, très, très mauvais et expérimentés, sur lequel nous avons peu de visibilité », a-t-il dit. Ils « travaillaient à une attaque », a ajouté le chef de la police, sans pouvoir dire si celle-ci était prévue « demain, dans trois semaines ou dans trois mois ». Mais je dois faire comme si c’était demain », a-t-il dit.