(fil-fax 13/02/14)
Les spectateurs de l’Opéra de Rouen – Haute-Normandie devront attendre le mois de novembre prochain pour entendre l’orchestre placé sous la direction de son futur chef principal, Leo Hussain, nommé pour trois saisons. Présenté mercredi à la presse au British Council à Paris aux côtés du président de l’opéra et de la Région Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol (PS) et du directeur général, Frédéric Roels, le jeune chef de 35 ans, a annoncé un premier concert symphonique au cours de la saison 2014 – 2015. D’ici là les passionnés pourront aller le voir à Mulhouse, le 28 février, diriger l’Orchestre symphonique de Mulhouse pour un concert consacré à Ligeti, Schumann, Pärt. Ce programme est en tout cas conforme à la vision que Leo Hussain a du répertoire, « où l’on recherche la proximité des œuvres entre-elles, contemporaines ou classiques ».
Hussain a fait ses classes de chef avec Sir Simon Rattle à la Philharmonie de Berlin, travaillé avec Ricardo Mutti, Valery Gergiev. Il a pris son envol avec la direction musicale du Lendestheater Salzburg en 2009 et dirigé une nouvelle production du Grand Macabre de Ligeti à l’opéra royal de La Monnaie à Bruxelles.
A Rouen, il ne sera “que“ chef principal alors que ses prédécesseurs, Oswald Sallaberger et Luciano Acoccela, avaient le titre de directeur musical. « Un changement de vocabulaire, pas de statut », explique Frédéric Roels qui tient toutefois à distinguer les rôles : « Sur le lyrique, j’ai la main avec lui à mes côtés. Avec le symphonique, il a la main et moi à ses côtés ». En creux, cela signifie que Acoccela qui termine son contrat de trois ans à la fin de la présente saison, n’avait sans doute pas cette souplesse. « Oui, c’est une décision de ma part de ne pas poursuivre avec lui. Il a contribué à stabiliser l’orchestre. C’était une étape », justifie Frédéric Roels en attendant de ce changement « une dynamique dans une ligne qui évolue ».
Leo Hussain a été choisi par un jury qui comptait Laurence Equilbey parmi ses membres. Elle aura sans doute eu une influence dans la décision après une journée de travail avec l’orchestre de l’Opéra de Rouen. Il s’est déclaré « heureux » de cette rencontre qui fut, « une journée très particulière » pour lui. Il a senti « un orchestre qui a envie de découvrir de nouvelles choses, d‘évoluer, discipliné, avec un son de très haute qualité qui le rapproche de l’école allemande ». Le fondateur de l’orchestre en 1998, Oswald Sallaberger appréciera sûrement le compliment, d’autant que le compositeur qui vient à l’esprit de Leo Hussain en dirigeant l’orchestre, est Beethoven, la passion de Sallaberger.
Comme Acoccela, Hussain poursuivra en parallèle une carrière de chef invité. En 2015, il sera au Festival de Glyndebourne (East-Sussex) à quelques encablures de Newhaven. Les places y sont chères, pour les chefs comme pour le public. Celui de Haute-Normandie pourra se féliciter que l’un des siens soit à la baguette.