A Dieppe, Sébastien Jumel devra affronter un centre gauche soutenu par la députée PS

(fil-fax 21/02/14)

Les protagonistes de l’élection municipale à Dieppe sont maintenant connus après la présentation officielle mercredi de la liste Unis pour Dieppe que conduira le divers gauche Bernard Brébion. Face au maire sortant communiste, Sébastien Jumel on retrouvera également la liste UMP-UDI conduite par André Gautier et celle du FN Stéphane Mauger.

A Dieppe, la campagne a démarré depuis de plusieurs mois, certains diront même “plusieurs années“ dès qu’est apparue inéluctable la rupture à gauche entre le PC et le PS dont le chef de file est, dans les faits, le président du conseil régional et du syndicat mixte du port, Alain Le Vern. Entre l’Hôtel de ville et la Vigie, le bras de fer aura duré tout le mandat sur des prérogatives tant territoriales qu’économiques. On a cru longtemps que Alain Le Vern, résidant à Dieppe, serait le chef de file d’une liste socialiste. Alors que la tension montait au sein même de la municipalité entre élus PC et PS, M. Le Vern esquissait les contours d’une entente avec des centristes et des acteurs socio-économiques pour bouter Sébastien Jumel hors de la mairie. En septembre 2013, le coup de tonnerre de la démission du conseil régional et de son mandat sénateur a pu faire croire un temps qu’Alain Le Vern allait se lancer dans la bataille municipale. Il a finalement laissé à Bernard Brébion le soin de conduire cette liste associant des socialistes dont la députée Sandrine Hurel, des centristes et des représentants de la société civile. Alain Le Vern, aujourd’hui à la direction Grandes Lignes et TER de la SNCF, sera présent le 10 mars pour le lancement de la campagne officielle.

A l’Hôtel de Ville, Sébastien Jumel ne manque pas de dénoncer l’alliance de socialistes locaux avec la droite. Fort de ses bastions électoraux des quartiers ouest de Dieppe, le maire sortant également vice-président du conseil général, ne se retrouve pas pour autant isolé à gauche. Il a obtenu le soutien de socialistes en désaccord avec le projet Unis pour Dieppe dont celui de l’ancien député PS Jean Beaufils. Au PCF, il s’appuie sur un tissu militant très organisé. Et surtout, il a réussi l’exploit d’attirer sur sa liste des militants d’Europe Ecologie Les Verts et du Parti de gauche, malgré leur opposition sur la centrale nucléaire de Penly et le projet aujourd’hui enterré d’EPR que défend ardemment M. Jumel.

Pour la droite dieppoise, l’UMP André Gautier et sa liste Dieppe au cœur a réussi à rassembler quasiment toutes les familles de l’opposition. Elle était en complète déliquescence après la défaite en 2008 de l’ancien député gaulliste Edouard Leveau. Si le conseiller municipal centriste sortant Patrick Hoornaert a rallié Unis pour Dieppe, André Gautier patiemment retissé les fils de la droite, a pris à ses côtés l’UDI Danièle Thétiot, conseillère municipale sortante, ainsi que des anciens adjoints au maire (2001 – 2008), comme les UMP Jean Bazin qui fut tête de liste en 2008, et Annick Ouvry.

Plus à droite, le Front national joue la carte de l’extrême jeunesse avec un étudiant en 5ème année de Sciences Po Lille, Stéphane Mauger, 23 ans. Son pari est d’approcher le résultat de Marine Le Pen, qui avait obtenu 18,31% des voix en avril 2012, ou de faire aussi bien que la candidate Sophie Pétel aux législatives de juin 2012, 11,65%. Il compte bousculer Sébastien Jumel dans les quartiers populaires.

Dans ce cas de figure il n’est pas impossible que le sort de Dieppe se joue dans une quadrangulaire au second tour si les quatre listes dépassent les 10% au premier tour. Car aucune alliance n’est envisageable à ce jour.

 

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