Vendredi 7 mars 2014 : un hommage à Pierre SEMARD

Communistes et cheminots sottevillais s’étaient donné rendez vous à Sotteville ce vendredi 7 mars à 17 heures pour rendre un hommage à Pierre SEMARD, dirigeant de la fédération CGT des cheminots, dirigeant du PCF, patriote et résistant ,tombe sous les balles, assassine, par le gouvernement français et les nazis le 7 mars 1942.

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C’est Olivier Christol, secrétaire de la section de Sotteville du PCF qui a fait l’intervention en hommage à Pierre SEMARD.

Voici son intervention:

Hommage à Pierre SEMARD
72ème anniversaire de son assassinat
07 Mars 2014
Sotteville-lès-Rouen

Mesdames, Messieurs,
Cher(es) ami (es), Cher(es) camarades,

Nous sommes réunis aujourd’hui, 7 mars 2014, pour rendre hommage à Pierre SEMARD, tombé sous les balles d’un peloton d’exécution aux ordres des autorités allemandes fascistes.

Cet assassinat comme otage a eu lieu à la prison d’Evreux à laquelle Pierre SEMARD avait été transféré la veille. C’était le 7 mars 1942, il y a donc 72 ans.

Pierre SEMARD est un des grands noms de l’histoire de France, justement honoré par la mémoire collective, comme le confirme le nombre de rues qui portent son nom dans nos communes.
Pour les cheminots, il continue à incarner le dirigeant syndical par excellence.
Pour les historiens, il symbolise la rectitude politique et le courage civique, dans sa vie et par sa mort. 

Pierre SEMARD a mené une vie, à la fois donc de syndicaliste, de dirigeant politique, et son engagement l’a conduit tout naturellement au Parti Communiste Français.

C’est donc indissociablement le secrétaire général de la CGT des cheminots, le dirigeant communiste, le patriote, le résistant, l’élu et plus généralement l’homme public que l’on honore aujourd’hui.

Cheminot à la Compagnie des chemins de fer du PLM, il est révoqué le 8 mai 1920 en raison de la part qu’il prend aux grandes grèves menées cette année là.

Membre de la commission exécutive de la C.G.T.U, il est parmi les fondateurs du « Comité d’action contre l’impérialisme et la guerre » et anime la lutte contre l’occupation de la Ruhr par les troupes françaises. Il participe ainsi à la conférence d’Essen, qui marque la solidarité des travailleurs et des soldats, en janvier 1923. Arrêté à son retour, avec Gaston Monmousseau, Gabriel Péri et d’autres militants, il est incarcéré plusieurs mois. Il le sera à nouveau, en 1927.

Réintégré fictivement au chemin de fer en 1934, il l’est réellement grâce au front populaire, le 1er novembre 1936.

Démis de son mandat de membre du Conseil d’Administration de la SNCF le 10 décembre 1938, afin de l’empêcher d’exercer son mandat de 1er responsable de la Fédération CGT des transports, le ministre des Travaux publics de l’époque le relègue comme employé à la gare de Loches. Cependant, même dans cette sous-préfecture de l’Indre et Loire, il ne cesse d’être actif et poursuit inlassablement la lutte pour la défense des intérêts des cheminots, de l’ensemble des salariés, du peuple français.

Voilà pourquoi, après avoir été mobilisé le jour même où éclate la guerre en Europe, il est à peine deux mois plus tard, emprisonné en octobre, accusé, avec d’autres, de détournement de fonds syndicaux pour avoir refusé de livrer l’avoir financier de leur fédération syndicale.

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C’est un prétexte qui ne tient pas longtemps.

Il est néanmoins traduit devant le tribunal militaire permanent de Paris où, le 6 avril 1940, il est condamné à 3 ans de prison, 2 000 francs d’amende et à 5 ans de privation de ses droits civiques. Une nouvelle révocation accompagne cette peine, cette fois de la S.N.C.F.

Mais le véritable chef d’accusation est identique à celui qui servira à jeter en prison des centaines de ses camarades : il est communiste.

Nous sommes à deux mois de l’invasion du pays par la peste brune. Au lieu de la combattre, c’est contre les antifascistes, les antihitlériens notoires, que le gouvernement du moment s’acharne.

Quand on parle de résistance, ici à Sotteville, cela évoque un certain nombre de personnes : Colonel Fabien, Paul Langevin, Marcel Lechevalier, Guy Môquet, Célestin Dubois, les frères Cantons (Louis et René), Marius Vallée, Henri Breton, Claudine Guérin, Danielle Casanova et bien d’autres qui ont donné leur nom à des rues de notre commune.

Même si certaines ou certains le nient encore, l’histoire nous enseigne que ces résistants de la première heure pouvaient aussi être déportés dans des camps de la mort et mourir de maladie, de sévices ou expériences diverses, dans les chambres à gaz.
Beaucoup d’ailleurs n’en sont pas revenus.

L’histoire ne se reproduit pas à l’identique, dit on, mais au delà de l’hommage que nous rendons à l’homme politique et au militant syndical, nous voulons mettre en garde contre une éventuelle montée de la « bête immonde » qui a fait tant de ravage dans les années 1940 en Europe et dans le monde.
Aujourd’hui, alors que ses dirigeants tentent de montrer que le FN serait devenu un parti « acceptable », laissant de côté ses idées les plus proches du fascisme, il faut rappeler que son programme économique est plus qu’ultra libéral.

C’est donc parce qu’il combattait le fascisme que Pierre SEMARD a été assassiné.

Aujourd’hui, dans la continuité de son combat, c’est contre la droite et l’extrême droite que nous nous battons.

Il luttait contre tous ceux qui dans ces années de guerre disaient « Plutôt Hitler que le Front Populaire », et dont les successeurs d’aujourd’hui comparent les civilisations entre elles, opposent les individus entre eux, ceux qui ont du travail à ceux qui en cherchent, les salariés du public à ceux du privé, les français aux étrangers, les riches aux pauvres, les hommes aux femmes … avec la volonté de diviser pour mieux régner.

Ce sont les mêmes qui soutenaient à l’époque la montée du fasciste en Europe, ces héritiers du « Comité des Forges » de Charles de Wendel, rebaptisé d’abord CNPF du temps d’un certain Gattaz, Yvon, et aujourd´hui MEDEF dirigé par un autre Gattaz, Pierre, fils du précédent, qui veulent toujours plus s’enrichir sans se soucier des conséquences.

Ce sont eux qui organisent, en France et en Europe, une main mise sans partage de la finance sur tous les secteurs de la société.


Il suffit pour s’en convaincre de voir la position du président du MEDEF, qui déclare accepter les cadeaux, nombreux, du gouvernement actuel, comme ceux du précédent, mais qui refuse catégoriquement qu’il y ait des contreparties sur l’emploi notamment en échange. Le débat qui s’engage autour du pacte de responsabilité est significatif des positions de chacun autour de la question de ces contreparties aux 30 milliards d’Euros de cadeaux fiscaux et sociaux offerts aux entreprises. Face à un patronat uni et arcbouté sur des positions, on ne peut que déplorer une division syndicale.

Ce sont toujours les mêmes qui font pression sur le gouvernement pour que celui-ci supprime tout ce qui peut les gêner dans leur course aux profits.

C’est contre eux que nous nous battons aujourd’hui. Ce sont eux nos adversaires.

Ainsi, c’est la casse des services publics locaux ou nationaux, notamment le fret ferroviaire, ou la mise en place d’un véritable carcan d’austérité, notamment pour les collectivités au travers de la baisse des dotations de l’Etat, pour faire payer leur crise, celle du capitalisme, aux peuples et contraindre les Etats, les collectivités à une saignée des dépenses publiques.
Il est d’ailleurs annoncé une réduction des dotations de l’Etat aux collectivités de 10 milliards d’euros d’ici 2017.

On peut noter que la lutte contre l’austérité est aussi la marque des communistes, du courant progressiste que nous représentons, sur la liste de large rassemblement de gauche, sur la liste « J’aime Sotteville » conduite par le Maire Pierre Bourguignon.
« Nous faisons en permanence le choix de « l’Humain d’abord » au cœur de Sotteville dans l’intérêt des Sottevillaises et des sottevillais et refusons toute politique d’austérité qui viendrait s’y opposer. » peut-on lire dans l’édito du document Projet qui vient d’être distribué.

Cette politique, de la droite, de l’extrême droite, soutenue, de fait, par un gouvernement qui choisit de plus en plus le camp du libéralisme contre celui du peuple, il nous faut la combattre et nous devons être optimistes quant à l’issue de ce combat.

C’et ce que nous faisons notamment :

quand nous rejetons le traité Européen, le TSCG qui met notre pays sous la coupe de l’Europe et de Bruxelles en imposant la réduction des déficits par tous les moyens
quand nous nous opposons à l’ANI, cet accord qui permet aux patronats de licencier plus facilement,
quand nous refusons la réforme des retraites qui constitue un véritable recul de société,
quand nous combattons la hausse de la TVA dont l’objectif est de financer un crédit d’impôts pour les entreprises les plus grandes,
quand nous refusons de voter le budget de l’Etat qui est entièrement orienté vers les plus riches, vers la finance, en contradiction avec les promesses faites par le candidat Hollande dans la campagne où il déclarait que son ennemi, c’était justement la finance …
quand nous nous opposons à la réforme territoriale et à la montée des métropoles qui à la fois retirent des moyens aux collectivités, tout en éloignant les populations des centres de décisions.

A toutes ces mesures, dont la liste n’est pas exhaustive, mesures qui ont toutes été votées par la députée qui prétends gérer notre commune demain, il convient de rajouter notre combat contre le « 4ème paquet ferroviaire » qui n’est ni plus ni moins qu’une ouverture en grand à la concurrence pour le transport ferroviaire, tant marchandise que voyageurs.
Sa mise en œuvre ne va pas faciliter le redémarrage du triage de Sotteville, victime des politiques libérales mises en œuvre depuis des années par la SNCF et le gouvernement.
En effet, la commission veut considérer ce transport ferroviaire comme n’importe quelle autre industrie de « réseau » (énergie, télécommunications, poste).
On voit ce que cela donne peur ceux-ci depuis qu’ils sont « ouverts » à la concurrence.

Raymond Aubrac, un autre grand résistant, rappelait peu de temps avant sa mort, concernant les jeunes générations d’aujourd’hui, que, du fait de conditions de vie très difficiles, ils pensent qu’ils n’ont pas d’avenir, ils n’ont pas le sentiment que la société les attend. Il leur disait : « Si vous baissez les bras, vous n’avez aucune chance de vous en tirer. » Il y a soixante-dix ans, les jeunes, comme nombre de leurs ainés, dont Pierre SEMARD, n’ont pas baissé la tête, ils se sont battus, ils ont eu raison et ils ont gagné.

Dans sa dernière lettre, publiée par « la Tribune des Cheminots », Pierre SEMARD lance ce cri d’espérance : « Je meurs certain de la victoire sur les fascistes et de la libération de la France. Dites à mes camarades cheminots que je les adjure de ne rien faire qui puisse aider les hitlériens. Ils me comprendront et m’écouteront, ils agiront, j’en suis sur. »

Aussi soixante-douze ans après sa disparition tragique, le meilleur hommage que nous puissions rendre à celui qui reste un symbole du martyre des cheminots pendant la 2ème guerre mondiale, à Pierre SEMARD, réside bien dans la poursuite de ses idéaux, dans le fait de ne jamais oublier le sens profond de son engagement et de ses actes.

Je vous remercie.

PS bis

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