L’Europe doit-elle négocier un accord de libre-échange avec les Etats-Unis ?

200338071-001Dans leur dernier ouvrage « L’Europe au banc des accusés », Catherine CHATIGNOUX  et Renaud HONORE expliquent les raisons, les avantages et les risques d’un accord de libre-échange avec les USA.

  • Pourquoi un accord commercial avec les USA ? « Stimuler les échanges commerciaux est l’un des rares leviers dont nous disposons pour soutenir la croissance économique sans grever les finances publiques », confirme la Commission européenne. Devant l’enlisement des négociations multilatérales à l’OMC, ces accords bilatéraux sont devenus du dernier chic : il y eut d’abord celui avec la Corée du Sud en 2011, puis avec le Canada, fin 2013. Tous bons pour la croissance, assurent leurs zélotes. » Rappelons qui dit croissance dit emploi.
  • Un gain de 120 milliards d’euros « L’Europe et Etats-Unis pèsent ensemble près de la moitié de la production mondiale et 30 % du commerce : ouvrir ces marchés et faciliter les investissements pourraient représenter, selon les calculs de la Commission, un gain annuel de 120 milliards d’euros pour l’union européenne. »
  • L’ouverture des marchés publics américains aux entreprises européennes dont les entreprises françaises très présente sur ce marché (veolia). « Certes, les négociations du Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) porteront bien d’abord sur l’élimination des droits de douane sur tous les produits échangés. Mais ces derniers sont en moyenne déjà très faibles (moins de 3 %), même si subsistent ici ou là des pics tarifaires, dans le »« textile par exemple, où pour se protéger des importations chinoises les Etats-Unis ont porté les droits jusqu’à 40 %.
    Les Européens veulent également forcer la discussion sur les marchés publics américains, très fermés, contrairement aux marchés européens, « ouverts à 90 % », selon Bercy.
    « Nous voudrions transformer le Buy American Act qui réserve les marchés publics dans l’énergie, le ferroviaire, l’aéronautique, aux entreprises américaines ou installées aux Etats-Unis, en un Buy Transatlantic Act qui traiterait à égalité les offres des entreprises des deux continents ».
  • Le risque : « il y a bien un risque non négligeable pointé par de nombreux opposants à l’accord : les « standards » américains dans les domaines alimentaire, social et environnemental étant généralement plus faibles que ceux pratiqués en Europe, l’harmonisation des règles ou leur reconnaissance mutuelle risque de rabaisser le niveau de protection des citoyens européens. »
  • L’engagement de la commission européenne : « Nous n’allons pas éliminer toutes les barrières non tarifaires. Nous le ferons quand ce sera possible sans jamais renier nos valeurs ni abaisser le niveau de protection », a assuré le commissaire au Commerce, le Belge Karel De Gucht41. »

 

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