Durant le mois de juin, l'Éhpad Michel-Grandpierre propose des séances d'information et d'échange à destination des aidants de patients souffrant de la maladie d'Alzheimer ou d'autres maladies apparentées. Aujourd'hui, en France, la maladie d'Alzheimer concerne près de 850 000 malades. Mais si l'on prend en compte les proches et les aidants, ce sont près de 3 millions de personnes qui sont touchées et dont le quotidien est bouleversé. Paradoxalement, malgré l'ampleur et l'expansion croissante de cette maladie, la pathologie demeure assez mal connue, voire mal perçue. En première ligne, les aidants se sentent parfois isolés et désemparés lorsque le diagnostic tombe pour l'un de leurs proches. «À chaque fois, c'est un choc. Chacun réagit comme il peut face à la maladie d'un conjoint, d'un père ou d'une mère, d'un frère ou d'une sœur, voire tout simplement d'un ami. Les situations sont toutes singulières mais, dans tous les cas, les aidants sont en souffrance. Certains sont même en dépression. Eux aussi ont besoin d'être préservés et parfois pris en charge», explique Michel Wilmort, cadre de santé au centre hospitalier du Rouvray.
C'est dans cet esprit que l'Éhpad (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) Michel-Grandpierre, en lien avec l'association Grafism (Groupement régional d'actions, de formations et d'informations en santé mentale) et l'Agence régionale de la santé, a décidé de proposer des séances de sensibilisation et d'information pour les aidants. Ces réunions, encadrées par un médecin psychiatre et un cadre de santé du service de psychiatrie pour personnes âgées du centre hospitalier du Rouvray, se déroulent comme des tables ouvertes. «Durant ces ateliers, l'échange est prioritaire. Nous nous adaptons aux besoins des groupes qui ne dépassent jamais plus de huit personnes. Les thèmes qui reviennent le plus souvent dans la discussion sont liés au sentiment de culpabilité et plus généralement aux affects. Les personnes s'autorisent à parler de tout ce qu'elles ressentent, y compris des sentiments les moins avouables, souligne Michel Wilmort. Les questions sur la maladie elle-même et son évolution sont aussi nombreuses. Les aidants veulent comprendre les changements qui s'opèrent afin d'adopter la meilleure attitude possible.»
Au-delà des bienfaits que peut entraîner la libération de la parole, ces séances d'information ont aussi vocation à proposer des solutions concrètes en orientant les aidants vers des structures qui peuvent soulager leur quotidien. Dans tous les cas, l'objectif reste de diminuer le stress et de prévenir les situations d'épuisement avant le burn out. Sandrine Da Cunha Leal, la directrice de l'Éhpad Michel-Grandpierre, compte sur ces moments de rencontre pour faire découvrir tous les services proposés par son établissement avec notamment un accueil de jour, un hébergement temporaire et une plateforme de répit. «Depuis mars 2013, La Bulle offre notamment un soutien psychologique individuel et assiste les aidants aussi bien à domicile que dans le cadre d'activités de loisirs. C'est également une bonne occasion de dédramatiser sur un éventuel prochain placement en résidence», précise Sandrine Da Cunha Leal.
FORMATION
• Formation à l'adresse des aidants de personnes atteintes de la maladie, les prochaines séances auront lieu les 10, 17 et 24 juin, de 16 à 18 heures. Gratuit. Ehpad Michel-Grandpierre, avenue du Val-l'Abbé. Renseignements et inscriptions au 02 32 19 00 10.
Photographie: Les aidants se sentent parfois isolés et désemparés face à la maladie d'un de leurs proches, c'est pourquoi des séances de sensibilisation et d'information sont programmées en juin.