Durant l'été 1914, il aura suffi de quelques semaines pour que l'Europe s'embrase et pour que des millions d'hommes soient jetés dans l'horreur de la guerre. Le Stéphanais revient sur les premiers jours de la Grande Guerre…
Du 1er au 4 août : l'escalade Le 1er août : Mobilisation générale en France et en Allemagne.
Le 2 août : Même si le président de la République Raymond Poincaré n'a de cesse de répéter que la mobilisation n'est pas la guerre. L'ordre de mobilisation est bel et bien exécutoire pour le 2 août en France. L'affiche en atteste. Elle avait été imprimée à l'avance, il ne manquait plus que d'inscrire la date à la plume. Pour certains, c'est bien la preuve que les états-majors se tenaient prêts depuis quelque temps déjà. Malgré tout, la prudence est encore de rigueur. Il s'agit de ne rien provoquer et les troupes commandées par le général Joffre ont ordre de ne pas approcher à moins de dix kilomètres de la frontière. Dans le Journal de Rouen, le journaliste a décidé de titrer : « La guerre est voulue par l'Allemagne ». Dans la même édition, le quotidien local reprend intégralement la déclaration du président de la République, qui « compte sur le patriotisme de tous les Français » et qui conclut par ces mots : « À cette heure, il n'y a plus de partis. Il y a la France, l'éternelle France, pacifique et résolue. Il y a la Patrie du droit et de la justice tout entière dans le calme, la vigilance et la dignité. »
Le 3 août : L'Allemagne déclare la guerre à la France. Le même jour, le premier fait de guerre est relaté dans le Journal de Rouen, en quelques lignes : « Les Allemands ont tiré les premiers coups de feu sur nos soldats. L'attaque s'est produite contre le poste de garde militarisé de Petite-Croix (territoire de Belfort). »
Le 4 août : Le président de la République Raymond Poincaré appelle à l'union sacrée à la Chambre et au Sénat. Le Parlement vote les crédits de guerre à l'unanimité. Les nombreuses interventions des socialistes et syndicalistes aux obsèques de Jean Jaurès, célébrées le 4 août au matin, assurent le président de la République du soutien inconditionnel des gauches. En Allemagne, les propos sont identiques : « Je ne connais plus de partis, je ne connais que des Allemands », affirme le Kaiser.