(fil-fax 07/11/14)
La CGT, la FNSEA, des riverains mais aussi des écologistes et l’UMP montent au créneau pour défendre les barrages de Vézins et de la Roche-qui-boit sur la Sélune (Manche), ouverts en 1932 et 1919. La décision d’araser ces petites installations d’une puissance respective de 22 millions et 4 millions de KW a été prise en 2009 à la suite du Grenelle de l’environnement. L’objectif est de parvenir à restaurer toutes les fonctions écologiques de la rivière. Depuis juillet 2012 EDF a cessé l’exploitation de ces barrages en prévision de leur démantèlement qui pourrait commencer en 2015. Ce chantier à 15 M€ pourrait durer trois ans.
La CGT a organisé mardi une manifestation sur le site de Vézins mardi dans le cadre d’une journée nationale d’action, pour défendre ces barrages. Le syndicat souligne que ces installations sont en parfait état de fonctionnement et qu’elles contribuent au « mix-énergétique ». Il est rejoint pour d’autres raisons, par les agriculteurs de la FDSEA de la Manche qui sans se prononcer sur le bien-fondé de l’arasement estiment que les barrages jouent un rôle de retenue d’eau protégeant les terres. Ils veulent un protocole d’indemnisation qui prenne en compte la perte de terres cultivables et la pollution due à la libération des métaux lourds accumulés en amont des barrages.
Des voix se sont aussi élevées dans le même sens du côté des écologistes. L’ancien député européen Vert Didier Anger estime ainsi que ces installations devraient être maintenus au moins le temps que la France respecte ses engagements en matière d’énergies renouvelables. Le député UMP Guénhaël Huet défend lui-aussi ces barrages qui participent, selon lui, à la qualité des eaux et à la régulation des crues. Au cours de l’enquête publique qui s’est achevée à la mi-octobre beaucoup d’habitants se sont exprimés contre le projet d’arasement en dénonçant un « gâchis » et une « décision technocratique (…) en parfaite contradiction avec la nouvelle culture du développement durable ». Ils veulent préserver « une énergie propre » et « les activités de loisirs existantes » sur les lacs. D’autres opposants craignent que le démantèlement des barrages n’aient des conséquences néfastes sur le Mont-Saint-Michel en apportant des sédiments alors que des sommes colossales viennent d’être dépensées pour désensabler sa baie. Enfin certains font valoir qu’il serait possible de rétablir la migration des saumons en installant des écluses à poissons comme celles qui ont fait leurs preuves, selon eux, « en Ecosse et en Irlande ». A l’inverse l’association Manche nature se félicite de la décision de « faire le ménage » en stigmatisant les générations qui « ont défiguré la Sélune » et « détérioré gravement son écosystème ».