Contournement Est: retour à la case péage

Au cœur des sujets répertoriés dans le compte rendu de la concertation sur le contournement Est, la question du financement arrive largement en tête. Qui paiera la note d’un projet estimé à 1 milliard d’euros? Petit à petit, le
contournement
Est de Rouen
fait son chemin.
Dernier épisode en date, le
24 octobre, le préfet de la région
Haute-Normandie, Pierre-
Henry Maccioni, a fait savoir
par voie de communiqué de
presse qu’il venait d’adresser
le compte rendu de la concertation
à Ségolène Royal, ministre
de l’Écologie, du Développement
durable et de l’Énergie.
Prochain objectif : l’ouverture
d’une enquête publique début
2016.
Dans le document rédigé par
la Direction régionale de l’environnement,
de l’aménagement
et du logement (Dreal), il est
bien fait état de tous les sujets
liés à cette infrastructure et
notamment des enjeux humains
et naturels ou encore des
alternatives modales liées au
fret fluvial et ferroviaire. Mais
sur soixante-quatre pages,
pas moins d’une dizaine sont
consacrées à la seule question
du coût de réalisation et de
fonctionnement de l’ouvrage.
Premier constat : un chiffre a
disparu et non des moindres.
Le 9 juillet, lors de la réunion de
clôture de la concertation qui se
déroulait à la Halle aux toiles de
Rouen, Patrick Berg, directeur
de la Dreal Haute-Normandie,
reconnaissait la nécessité de
recourir à des fonds privés, tout
en modulant « mais pour que le
péage soit modéré, il y aura une
subvention publique d’investissement
d’environ 500 millions
d’euros ». Quelques mois plus
tard, dans le rapport remis au
ministère, si la phrase est reprise
quasiment mot pour mot,
le montant de la subvention
n’apparaît plus. Tout du moins,
est-il écrit que « pour que le
projet soit réalisé, il est nécessaire
d’apporter la moitié du
coût en subvention publique ».
Un engagement qui laisse de la
marge et qui prévoit de surcroît
que « cette subvention sera
réunie en mobilisant l’État et
les collectivités. »
Dans un contexte annoncé
de baisse de la dotation globale
de fonctionnement de
11 milliards d’euros pour les
dites collectivités, certains ne
manquent pas de s’inquiéter.
Pour Alain Roussel, maire des
Authieux-le-Port-Saint-Ouen et
président de l’Association des
communes pour un contournement
Est soutenable (Access),
« ce compte rendu se résume
à une démarche administrative.
En l’absence de montage financier,
il n’y a rien de concret,
aucune perspective. La seule
réponse de la Dreal, c’est le
péage ! » Sur ce point, le rapport
précise que « le niveau
de péage pris en compte pour
les études de trafic s’élève en
chiffres actuels à 10 centimes
le kilomètre pour une voiture
particulière et 30 centimes pour
un poids lourd. » Soit, pour un
tracé estimé à 40 kilomètres,
environ 4 € pour les voitures
et 12 € pour les poids lourds.
Et quand certains s’insurgent,
voire revendiquent la gratuité
d’usage, la Dreal se borne à
indiquer que « les sociétés
autoroutières proposent généralement
un système d’abonnement
domicile-travail ». Dont
acte.
D’une manière générale, au-delà
des inquiétudes, ce sont
les incertitudes liées à ce projet
qui dominent. Quelle date pour
la mise en service, alors que le
site internet de la Commission
nationale de débat public annonce
2030 et la Dreal 2024 ?
Quelle part de contribution pour
l’État et les collectivités ? Quels
aménagements pour la préservation
de l’environnement et de
la qualité de l’air ? Une seule
chose est sûre : le ministère de
l’Écologie, du Développement
durable et de l’Énergie, en
charge de l’enquête publique,
ne manquera pas d’ouvrage
d’ici 2016.

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