Après la révolte de la Harelle en 1382, les bourgeois demandent au bailli de construire une horloge et le 5 août 1389, le conseil accepte de bâtir une tour ou un beffroi pour la loger.

Neuf ans de travaux et au final l’érection d’une tour couronnée d’une flèche couverte de plomb.
La charpente menaçant de rompre est remplacée, à partir de 1711, par un dôme surmonté d’une lanterne. L’horloge sera achevée par Jean de Felain qui en deviendra le premier gouverneur et sera chargé de l’entretien en échange d’un logement dans la tour.
Le mécanisme d’origine toujours existant a cessé d’actionner les cadrans et les cloches sonnant tous les quarts d’heure. Remplacé en 1928 par une horloge électrique, c’est elle qui remplit désormais cette fonction.
Couvre-feu
Il faudra attendre 1449, pour que la Rouvel, la cloche d’argent (surnom venant de la couleur claire due à une proportion élevée d’étain dans l’alliage), soit remontée à côté de la Cache-Ribaut, laquelle, sonnant matin et soir, réglait la journée des ouvriers. Avant la construction de l’horloge, celle-ci sonnait le couvre-feu le soir (elle signalait l’heure à laquelle les gens de mauvaise vie, les «ribauds», se cachaient pour commettre leurs forfaits). A l’origine, seules les heures étaient sonnées. En 1410 deux cadrans furent ajoutés au-dessus de la porte Massacre entre Hôtel de Ville et beffroi. Olivier Homo, gouverneur de l’horloge, en serait le créateur et l’inventeur du système ingénieux de tiges et pignons transmettant le mouvement du mécanisme aux cadrans.
Massacre et Renaissance
En 1527, la porte Massacre est démolie et l’arcade de style Renaissance, est surmontée d’un pavillon portant les nouveaux cadrans que nous admirons toujours. Ils indiquent en plus de l’heure, les phases de la lune et les jours de la semaine représentés par des triomphes. A noter le côté insolite de la représentation sur l’arcade, d’un angelot «tête à l’ envers». L’artiste se serait vengé d’un salaire trop faible. Sur les cadrans, on remarquera aussi le chiffre IIII au lieu de IV. Au pied du beffroi se trouve une belle fontaine. Construite en 1457, elle est remplacée en 1734 et illustre les amours du fauve Alphée et de la nymphe Aréthuse. Des travaux ont permis récemment d’installer à l’intérieur du beffroi un Musée du temps.
De notre correspondant Daniel Caillet
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