Nicolas Sarkozy a fait acte de candidature ce week-en en accordant au Figaro la primeur des « bases de sa campagne » comme le mentionne le dit journal.
Plus aucun journaliste ne pourra s’interrroger faussement désormais sur l’avenir de celui qui nous gouverne et que beaucoup ont subi pendant cinq ans. Le président sortant – et déjà sorti ? – revient vers nous.
Nicolas Sarkozy aura été un président superficiel, s’attaquant sans cesse à des chimères, empruntées pour beaucoup à l’extrême-droite, maintenant bien décomplexée et bien installée dans ses idées.
Aujourd’hui, chacun trouve une bonne raison pour considérer comme scandaleux que le Front national n’ait pas ses signatures. Pourquoi faudrait-il changer la règle des parrainages ? Est-ce à la démocratie de plier pour faire plaisir à un parti qui sème le chaos partout et qui est incapable de rallier à lui les voix des grands électeurs ?
Sur le fond, Nicolas Sarkozy n’aura rien fait pour l’emploi, le chômage, pour les déficits, publics, commerciaux…et on en passe. Les chiffres ont explosé. Le président du pouvoir d’achat est un souvenir.
Alors la défense est simple, assénée : la crise est passée par là. Certes. Elle a bon dos pour expliquer la nullité des résultats économiques et du manque d’effets des décisions présidentielles.
L’essentiel aura toujours été oublié pour laisser une place de choix à la démagogie et à l’appel à la division.
On se souviendra du début tonitruant de Nicolas Sarkozy : sa soirée au Fouquet’s, ses vacances sur le Bolloré Boat, ses footings permanents (son malaise aussi)…puis, sa nouvelle épouse, Carla, chanteuse à ses heures, le placement du fils à la présidence de l’EPAD….
Pire que Chirac. Au moins, l’ancien président (souvenons-nous…) avait un goût, certes discutable, pour le consensus mais après tout pour une dimension unie de la France.
Ils ont été nombreux à y croire.
Il l’a lui même confié : il se verrait bien faire autre chose. Paraît-il qu’il veut faire du « fric ». Le mot le résume bien.
Nous avons eu pendant cinq ans un commercial de la politique, un avocat des fondamentaux du Front national. Sans réels résultats. Le voilà maintenant revenir avec ses valises et ses valeurs, nous débitant les mêmes sornettes qu’en 2007. Cinq ans pour rien. Une impression de faire du surplace avec ce président.
Dans son interview, le candidat Sarkozy nous parle du travail alors que le chômage augmente comme jamais, s’en prend au RSA qu’il a lui-même mis en place, de l’indemnisation du chômage (la cible est facile), de l’école, de la laïcité, du « long manteau d’églises et de cathédrales qui recouvre notre pays », du mariage gay et de l’euthanasie…. Un vrai fourre-tout usé jusqu’à la corde qui servira encore pour 2012.
Dynamique ? Oui, mais pour quel résultat ? Juste un moulin à vent.
Ce qui semble troublant, c’est que malgré une impopularité jamais vue, François Hollande n’est pas si en avant que cela. Juste cinq ou six points de plus dans les sondages. Les Français en veulent encore ? Ce président coûte cher. Arrêtons les frais, au sens propre comme au figuré.