Sources : Paris- Normandie
Formation. Les plate-formes d’éoliennes en mer sont une opportunité pour rendre plus positifs des métiers industriels qui souffrent d’être délaissés par les jeunes.

Installation, raccordement d’un câble sous-marin à une ferme éolienne
LE HAVRE (Seine-Maritime). C’était une première en France, avec un vrai succès de fréquentation. Le 10 février dernier, le premier forum de l’éolien offshore de Fécamp a permis à de nombreux jeunes visiteurs de mieux connaître les filières de formation qui permettront à certains d’entre eux de participer à l’une des aventures énergétiques et industrielles les plus novatrices du moment.
« C’est l’un des grands atouts de l’éolien. Son image est extrêmement positive et nous permet de communiquer sur nos métiers qui souffrent d’une mauvaise réputation », confirme Yohann Perret, représentant de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM).
Car l’éolien devrait générer des milliers d’emplois pour la construction des plateformes, la production de turbines et la maintenance des sites. Et les métiers de la métallurgie (chaudronnerie, soudure, mécanique…) s’activent déjà pour optimiser leurs futurs recrutements, ce qui reste une gageure aujourd’hui. « Nous sommes dans des filières dites en tension, car nous avons des difficultés à embaucher », admet Philippe Vasse, du groupe Fouré Lagadec, emblématique entreprise havraise, leader dans la chaudronnerie et la maintenance industrielle.
« Nos métiers très liés à la pétrochimie, à l’industrie lourde, n’attirent pas les jeunes. Pour eux, ce sont des métiers durs, salissants, polluants, et liés à des secteurs d’activités soumis aux délocalisations. Là, avec l’éolien, une nouvelle génération semble davantage sensible à un véritable enjeu de société qu’est le développement durable. » Autre atout non négligeable pour les jeunes Haut-normands, l’opportunité de trouver du travail au pays. « C’est pourquoi nous allons mettre en place des formations spécialisées dans l’offshore au Havre, car ce sont les jeunes de la région que nous visons en priorité », affirme Matthieu Guillou de l’Association de formation professionnelle de l’industrie (AFPI). « Nous sommes convaincus que toutes ces formations professionnelles liées à la maintenance et à la production industrielle pour l’éolien offshore, vont répondre aux besoins des entreprises, mais aussi aux attentes de jeunes gens en quête d’une filière qui recrute, mais aussi valorisante. L’éolien semble posséder des vertus inédites pour reconquérir les jeunes dans nos filières. »
Areva a choisi Le Havre pour deux usines
Le géant du nucléaire français Areva a choisi le Havre pour y implanter sur le territoire du port une unité de fabrication de pâles d’éoliennes et d’assemblage de nacelles. Cette annonce est prometteuse de 400 à 700 emplois directs et jusqu’à 4000 emplois dans la région. En effet, Areva prévoit de construire deux usines. Pour la multinationale, Le Havre a été préféré à Cherbourg par sa situation géographique et la qualité de ses infrastructures. « Le site d’implantation bénéficie d’un quai avec accès direct à la mer, de grands espaces disponibles, une forte activité logistique pour les approvisionnements et une tradition industrielle », affirme Jean Huby, directeur de l’activité éolienne d’Areva. Mais ce site industriel ne verra le jour que si Areva remporte l’appel d’offres sur la maîtrise d’ouvrage de deux des cinq plateformes d’éoliennes off-shore voulues par l’Etat sur le littoral de la Manche et de l’Atlantique (Le tréport, Fécamp, Courseulles-sur-mer, Saint-Brieuc et Saint-Nazaire). Car Areva n’est pas le seul groupe énergétique à convoiter ce nouveau marché de l’éolien en mer. Parmi les candidats déclarés, on retrouve également EDF, GDF-Suez, Alstom et le consortium espagnol Iberdrola. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) étudie actuellement les dossiers, et sa décision est attendue pour avril prochain.
L’éolien offshore passionne la côte en Seine-Maritime
– Le projet de plateforme d’éoliennes off-shore le plus avancé est celui du Tréport qui comprend à 18 kilomètres de la cité portuaire un parc de 140 éoliennes produisant 705 mégawatts. Mais depuis l’ouverture du débat public, le projet qui paraissait consensuel à l’origine, a rencontré l’hostilité des marins-pêcheurs qui craignent que les éoliennes n’altèrent durablement leur zone de pêche. Le Tréport abrite une flotte de 70 navires de pêche
– Le projet de parc éolien de Fécamp qui comprend près de 80 éoliennes semble faire davantage l’unanimité qu’au Tréport. Les élus ont pris leur précaution en menant une large concertation avec la population, notamment avec les marins-pêcheurs de la zone. Lors des débats locaux, le parc éolien a fait consensus, porté d’une seule voix par son maire, Patrick Jeanne et Estelle Grelier, la présidente de la communauté de communes. Même à Etretat d’où l’on verra les éoliennes, le projet ne provoque aucune hostilité majeure.
Publié le 19 février 2012