Droits des travailleurs et compétitivité

Supprimer le droit du travail, voilà le credo du patronat.

On connaît la proposition du patronat de ne plus remplacer deux départs de fonctionnaires à la retraite sur trois. Mieux que l’Etat sarkozyste qui ne remplace plus qu’ un départ sur deux avec les dégâts que l’on connaît en terme de chômage et de services rendus à la population. Même l’extrême droite s’en émeut.

Le Medef nous fait ensuite le coup de la lourdeur du droit du travail qui freine les embauches car pas assez souple pour effectuer les licenciements.
Nos économistes, très doctes, sont davantage prompts à dénoncer les carcans du droit du travail que le contournement de ce même droit du travail par les patrons.

Un exemple : combien d’entreprises sous couvert d’éviter ce que l’on appelle pudiquement un effet de seuil, créent des filiales afin de ne pas arriver au seuil fatidique des 50 salariés qui permettrait aux salariés d’avoir un Comité d’Entreprise et où l’instauration d’institutions représentatives du personnel sont ainsi bipassées. Ce sont d’ailleurs les mêmes qui donnent des leçons de civisme et de citoyenneté, qui dans le recyclage, qui dans l’écologie, qui dans les transports, la manutention….et cela au vu et au su de tout le monde. A la CNT, on en connaît plein de petites boîtes, au Havre, qui en toute impunité s’inscrivent au registre du commerce et font des économies substantielles sur le dos des salariés. Car la loi est faite pour être contournée par les patrons qui peuvent se payer des fiscalistes et autres avocats spécialistes du droit des entreprises.

L’ouvrier, lui, ne dispose que d’un contrat de travail et d’un peu de code du travail pour le protéger dans le cadre d’un système contraint qui lui est largement défavorable. Et c’est ce peu que le patronat essaie de supprimer car ce peu est toujours trop pour les tenants du pouvoir. Les patrons et leurs « think tank » s’époumonent au travers des médias en distillant leurs mensonges comme quoi le droit du travail serait un frein à la compétitivité.
Les historiens savent que ce discours est récurrent. Il n’est qu’à reprendre les arguments de notre bon patronat de 1841 quand le droit du travail spécifique des enfants a été mis en place.

Toujours à se plaindre, les singes. Si on les écoutait, on leur donnerait la pièce ! Si on les laissait faire, ils ramèneraient au servage.
Les travailleurs n’auront que ce qu’ils prendront et leur combat prioritaire, ce n’est pas le combat pour l’égalité politique, c’est celui de l’égalité économique.

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