
À l’angle des rues Pablo-Neruda et Dal-Piaz, dans le prolongement de l’avenue Salvador-Allende, se trouve une modeste motte de terre au sommet légèrement bombé.
C’est à cet endroit précis que s’élevait au XIe siècle la motte de la « vieille tour », structure défensive destinée à protéger un édifice en bois, construit sur un tertre demi-circulaire. À l’origine, cette motte, large de 35 m et haute de 4 m, surplombait la ville. Construite en bord de falaise, elle offrait un point de vue remarquable sur la ville basse, une partie de la vallée de la Seine et l’Estuaire.
Son promoteur Guillaume Malet, constructeur de la Collégiale, ancêtre du Prieuré de Graville, fut un compagnon de Guillaume-le-Conquérant à Hastings en 1066.
Amputée au XIXe siècle par la construction de la rue de l’Abbaye (devenue rue Pablo-Picasso), la motte s’est retrouvée abandonnée et envahie par la végétation.
Elle fut redécouverte et mise à jour par Serge Launay, un Aplemontais très investi dans la vie de ce quartier; Jean-Pierre Watte, archéologue au Muséum d’Histoires Naturelles y fit les premières fouilles. En 2008, le site est réaménagé. Pour les Havrais, toujours soucieux de connaître l’histoire de leur ville, cette motte incarne le passé médiéval de la cité, attestant que des gens vivaient déjà là, bien avant la venue de François Ier et d’Auguste Perret. Aujourd’hui, dans un paysage résolument urbain, au milieu de logements modernes, demeure ce promontoire millénaire, monument exceptionnel, car il est rare qu’une motte médiévale subsiste en milieu urbain. Les abords ont été rénovés : un petit jardin paysager borde la motte, protégée par une grille. Deux panneaux didactiques présentent le lieu et son histoire, mettant ainsi en valeur ce talus historique au cœur du quartier d’Aplemont.
De notre correspondante S.B