L’année dernière, en 2011, les mille et cent ans de la création de la Normandie furent célébrés. En 1911, le millénaire ne le fut pas moins. Partout en Normandie de grandes fêtes avaient eu lieu. Dans le quartier de l’Eure, entre le 13 et le 15 août 1911, des « fêtes historiques » furent organisées par « l’Union des commerçants et industriels ».
Berthe Lebas, Reine du quartier, présidait ces fêtes. C’est elle qui inaugura quai de la Meuse la « nouvelle » cloche des dockers. En effet, une autre cloche était en service, installée dans la Manufacture des tabacs, quai Casimir-Delavigne. Pendant quelques années, les deux cloches fonctionnèrent en duo, avec un léger décalage.
Conçu par L. Jacquet ingénieur, le campanile, en briques et béton recouvert d’un dôme polygonal en zinc a abrité une cloche en bronze fondue à Annecy par les frères Paccard. Leurs noms sont inscrits sur la cloche avec ceux des responsables de la chambre de commerce de l’époque dont celui de Joannes Couvert. Un escalier en vis est installé à l’intérieur de l’ouvrage.
La journée de travail de milliers de dockers a été rythmée d’août 1911 à 1962 par la cloche. De 6h30 du matin à 23h, elle sonnait 14 fois par jour, actionnée par une corde. Les trois sonneurs assuraient un service de 8 heures. Ils se relayaient de 6h à 14h, de 14h à 22h, puis de 23h à 6h du matin. La permanence de nuit avait été instaurée en 1947. En 1962, quand l’embauche des dockers fut déplacée de la place Léon-Carlier au B.C.M.O., la cloche, d’utilité moindre, fut remplacée par une sonnerie électrique. Elle a depuis déserté son abri pour rejoindre le musée maritime et portuaire.
En 1993, le campanile fut réhabilité et refait à l’identique à l’initiative du port autonome. Il a été classé à l’inventaire général du patrimoine en 1997 comme « témoin des modes de travail avant la mécanisation et la conteneurisation ».





