Lundi 5 mars près d’une centaine d’anciens salariés de l’usine Renault Sandouville déposait au conseil des prud’hommes une saisine afin de faire reconnaître leurs droits à une retraite pleine. Retour sur cette action avec leur avocat, Eric Baudeu.
Près d’une centaine d’hommes au conseil des Prud’hommes, l’action est plutôt exceptionnelle ?
D’ordinaire, il est vrai, c’est l’avocat des plaignants qui se déplace seul pour déposer le dossier au greffe. Mais compte tenu du contexte, nous avons tenu à une action symbolique.
Le contexte que vous évoquez, quel est-il ?
Ces anciens salariés de Renault Sandouville, tous âgés à l’époque entre 55 et 56 ans, ont été fortement sollicités à partir en préretraite dans le cadre du PRV (Plan Renault Volontariat) financé, il faut le rappeler à hauteur de 25 millions d’euros par les fonds européens. Ce plan concernait 4000 salariés en France, dont 1400 à Sandouville. Ces salariés qui travaillaient à la chaîne, signaient alors un congé de reconversion qui devait leur garantir un plan de formation puis des indemnités chômage à taux plein, s’ils ne trouvaient pas un autre emploi, jusqu’à l’entrée dans l’âge de la retraite, 60 ans à l’époque, avec la garantie d’une pension complète.
Qu’est-il advenu ?
Le PRV s’est mis en place alors que les discussions sur la réforme des retraites étaient déjà bien engagées. Renault ne pouvait l’ignorer.
La réforme appliquée, nombreux sont aujourd’hui les anciens salariés de Renault qui sont concernés par l’allongement de l’âge de la retraite. Ce qui signifie qu’un certain nombre d’entre eux, sans emploi, vit désormais sans aucune ressource. Et la situation peut s’étirer jusqu’à 18 mois, pour plusieurs de mes plaignants.
Qu’entendez-vous faire reconnaître ?
Que Renault paie ce qu’il doit à ses salariés. Et nous demanderons aussi l’annulation de la convention signée en 2009. Une tentative de conciliation est maintenant proposée le 2 avril prochain. Notre souhait est d’arriver à plaider l’affaire avant cet été. Mais nous savons que Renault va traîner des pieds. En terme d’image de marque, cette affaire n’est pas pour les séduire.
Propos recueillis par K.Lebrun