Le recyclable, l’avenir de Renault ?

Lors de la présentation, la déconstruction était clairement expliquée par l’exemple.

Lors de la présentation, la déconstruction était clairement expliquée par l’exemple.


Le Havre – Du chômage partiel qui s’intensifie, des délocalisations qui se multiplient… les salariés de l’usine Renault Sandouville ont décidé « de prendre leur avenir en main».
À l’initiative de la CGT fut rendu publique la semaine passée un nouveau projet industriel pour le site de l’agglomération havraise, un projet que de manière unanime, élus de tous bords ont qualifié d’innovant. De quoi s’agit-il ? « Mettre en place une filière de déconstruction et de revalorisation des véhicules Renault hors d’usage », explique le secrétaire général de la CGT Sandouville, Nicolas Guermonprez.
Avec 750 000 véhicules sortis chaque année de la circulation, la proposition semble d’emblée pertinente. « C’est un vrai plan de sauvegarde de l’emploi, évidemment. En 10 ans, l’usine de Renault Sandouville a perdu 8000 salariés, soit l’équivalent de la population de Saint-Romain de Colbosc. Ces salariés, ce sont des gens qui ont fabriqué le meilleur de Renault. Leur savoir-faire, leur expertise est reconnue de tous. Un seul slogan s’impose en conséquence : « Qui mieux que Renault pour déconstruire votre Renault ? ».

Un projet écocitoyen, avant tout
Et cette nouvelle filière, c’est aussi la garantie de créer des emplois en nombre dans d’autres secteurs de l’industrie. Car la CGT propose un projet qui permet au-delà de la déconstruction des véhicules, le tri de leurs différents composants et la construction de nouveaux véhicules à partir de carcasses recyclées. « Le tout sans même concurrencer casses automobiles et ferrailleurs ». Il faut savoir que 85 % d’un véhicule est recyclable. Ecologique est le projet !
S’il est porté par un syndicat, la CGT de surcroît, ce projet veut s’inscrire bien au-delà de toutes considérations politiques. « Il est avant tout un projet citoyen dont tout le monde doit s’emparer ». Le jour de sa présentation, 300 personnes, familles, amis, salariés, élus ont répondu d’emblée à l’invitation de la CGT. « Tous ont exprimé un enthousiasme fort. Et nous avons été réellement pris au sérieux ». La mobilisation continue désormais, notamment sur le site conçu à cet effet où une pétition de soutien au projet industriel est en ligne.

Karine Lebrun

Un site à consulter : www.1projet1avenir.com.  La pétition de soutien y est en ligne.

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