Des arts martiaux florissants

Samedi 14 avril, tous les clubs d’arts martiaux et de combats de la ville se retrouvent pour un Printemps des arts martiaux et des sports de combat  alliant initiations du public et démonstrations. L’événement est une formidable vitrine pour ces disciplines particulièrement nombreuses. Sept clubs d’arts martiaux et un club de boxe ont pris racine à Saint-Étienne-du-Rouvray. Certains depuis plusieurs décennies, d’autres plus récemment. Ensemble, ces associations rassemblent près de 700 pratiquants. Autant que le football et ses trois clubs. Du côté du service des sports, la directrice Maryvonne Collin est la première à observer l’engouement suscité par ces disciplines : "À une certaine époque, il y a eu un phénomène de mode autour des arts martiaux qui séduisaient pour le côté self-défense ou bien-être et gestion des énergies. Mais nous n’en sommes plus là. La Ville est régulièrement sollicitée par de nouvelles associations et nous accordons le même intérêt à toutes quelque soit la discipline sportive."
Le choix de la commune correspond au lieu de résidence du créateur et à l’accueil réservé aux sportifs. "J’entame ma troisième saison et tout s’est assez vite mis en place. Nous avons eu un bon soutien de la Ville, une salle, une subvention, mais aussi une aide logistique et beaucoup de dialogue", se félicite Xavier Llorca du Chok muay thaï. Pour le karatéka, Frédéric Bonnet, il y avait la volonté de renouer avec le quartier du Château Blanc. "Je voulais rendre ce qu’on m’avait donné gamin et j’avais envie de créer par le sport du lien social."
Mais taekwondo, kung-fu, karaté, boxe thaï… n’y a-t-il pas concurrence entre les structures ? Éric Langlais, président du club de full-contact est mitigé quant à ce foisonnement. "C’est sans doute un peu plus difficile de garder ses licenciés. Il y a plus de roulement qu’avant." Michaël Cauchois, entraîneur de taekwondo, estime lui que "chaque discipline a sa spécificité, même si on retrouve des techniques similaires. Les pratiquants peuvent choisir la philosophie qui leur convient." Olivier Kémayou pour le club de boxe parle plutôt de "concurrence saine". "Je n’aime pas voir partir mes gars, mais c’est l’esprit même du sport d’être tolérant." Le trésorier de l’Asak, qui propose de l’Aïkibudo et du kobudo, est même persuadé que "plus il y aura de disciplines et plus il y aura de pratiquants".
Beaucoup regrettent l’image tenace de "sport de voyou" qui colle à certaines de ces pratiques les plus spectaculaires. Michel Rodriguez, adjoint au sport, considère qu’une manifestation comme celle du 14 avril peut permettre de lever les préjugés. C’est la deuxième fois qu’une grande manifestation est organisée pour valoriser les arts martiaux et de combat. "Nous avons proposé ce rendez-vous aux clubs il y a un an et demi, raconte Michel Rodriguez. Ensuite il a fallu coordonner les calendriers sportifs. L’intérêt c’est vraiment que les dirigeants puissent travailler ensemble, se rencontrer. Et pour les Stéphanais, le Printemps des arts martiaux est une occasion unique de découvrir ce qui se pratique ici." Ce n’est pas Michèle Houssin, la secrétaire de l’association euro-chinoise qui dira le contraire : "Nous proposons du Kung-fu, du Taï chi et du Qi gong. Souvent cela ne dit rien aux non-initiés, rien de tel que de venir voir."
De 14 h 30 à 16 h 30, huit espaces de combats seront montés au gymnase de l’Insa. Chaque club y accueillera petits et grands pour des initiations. À partir de 17 heures, place aux démonstrations. "Je fais répéter des enfants et des ados, annonce l’entraîneur du judo Enzo Legrand. Mon objectif est de montrer qu’on peut prendre du plaisir à tout âge."

• Le printemps des arts martiaux et sports de combat
Samedi 14 avril de 14 h 30 à 20 h 30, gymnase de l’Insa, avenue de Galillée. Entrée libre. Renseignements auprès du service des sports au 02 35 66 64 91.

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