Licenci’elles

3-suisses Un des acteurs principaux de la vente par correspondance en France va mal. Il s’agit en effet des 3 Suisses, une entreprise française de vente à distance, créée en 1932, à Roubaix par Xavier Toulemonde sous le nom des Filatures des 3 Suisses, qui deviendront par la suite les 3 Suisses. J’ai rencontré dernièrement 3 ex-salariées de cette entreprise dont le siège social est situé à Croix dans le Nord. En 2012, les 3 Suisses décide de fermer définitivement toutes ses boutiques présentes en France (soit 35 magasins au total), pour se consacrer uniquement au commerce sur internet, licenciant ainsi 149 employé(e)s dans tout l’hexagone malgré de nombreux bénéfices réalisés par le groupe 3 Suisses. Une centaine de salarié(e)s ont décidé de contester leurs licenciements et ont saisi les Prud’hommes pour “licenciement abusif sans raisons économique”. Un de ces espaces 3 Suisses était situé à ROUEN et 5 hôtesses se retrouvent sans emploi. J’ai récemment reçu trois de ces salariées lors d’un entretien au cours duquel elles m’ont expliqué la situation de l’entreprise et les raisons abjectes de leur licenciement. Les suppressions d’emplois ont été décidées dans le cadre d’un plan de réorganisation des activités privilégiant le e-commerce et souhaité par le nouveau propriétaire des 3 Suisses International, le groupe Otto Versand, leader mondial de la vente à distance. Depuis 2009 en effet, l’entreprise n’a cessé de licencier, la direction ayant promis en 2009 que le P.S.E éviterait toute autre restructuration ce qui n’a finalement pas été le cas. En 2009, l’entreprise a procédé à 850 licenciements, en 2010, 69 licenciements ont été prononcés dans le réseau des magasins de destockage, en 2011, on comptait 250 licenciements et alors que nous ne sommes qu’au mois d’avril, on compte pour 2012 déjà plus de 100 licenciements. Cette entreprise appartient pourtant à un groupe bénéficiaire, leader mondial de la vente à distance ; cependant, elle ne dispose pas d’une réelle autonomie de direction au sein de ce groupe. Une grande partie des salariés concernés a entamé une action en justice pour licenciement abusif et non-justification de licenciements économiques. L’objectif de l’association Licenci’elles qui a été constituée est d’aider les salariés des 3 Suisses et leurs filiales, assurer un soutien moral à ses adhérents et à leur famille et mener toute action permettant d’obtenir réparation des préjudices subis auprès de leur employeur. Présente sur les réseaux sociaux, Licenci’elles souhaite se faire connaître et pouvoir ainsi aider les salariés qui luttent contre les licenciements économiques dans les entreprises ou les groupes qui font des bénéfices. Et cette histoire me rappelle celle d’autres salariés en lutte partout en France : Lejaby, Paru Vendu, Sodimédical, où les salariés n’ont pas reçu de salaires pendant sept mois…

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