(fil-fax 19/06/12)
Une large victoire sans être un triomphe : les socialistes remportent les élections législatives en Haute-Normandie mais la droite sauve les meubles. Dans cette région dont le principal département, la Seine-Maritime, a perdu deux sièges lors du redécoupage, le PS totalise dorénavant dix députés sur quinze contre six sur dix-sept en 2007. La droite n’en compte plus que cinq contre neuf et le PCF perd ses deux sièges et ne sera pas représenté à l’Assemblée nationale pour la première fois depuis 1951. Globalement, le PS se rapproche de ses meilleurs résultats obtenus en 1981 (dix sur treize) et en 1988 (treize sur dix-sept).
En Seine-Maritime, les socialistes se renforcent dans le Pays de Caux au détriment de la droite et au Havre au détriment du PCF. Si la victoire d’Estelle Grelier était attendue dans la 9ème (Fécamp), celle de Dominique Chauvel dans la 10ème (Yvetot) face au sortant UMP Alfred Trassy-Paillogues apparaissait moins évidente à l’issue du premier tour. Au Havre, Catherine Troallic seule en lice dans la 8ème (partie est) après le retrait en sa faveur du communiste Jean-Paul Lecoq est élue. Dans la 7ème, voisine, (partie ouest) Laurent Logiou rate de peu l’élection avec 49,1 % des voix face au nouveau maire UMP Edouard Philippe. Le PS peut toutefois se targuer d’être devenu majoritaire sur la ville avec 35,1 % des voix au premier tour contre 15,8 % au PCF et 30,7 % à l’UMP.
Dans le reste du département, les socialistes sont très largement reconduits après la victoire au premier tour de leur chef de file Laurent Fabius dans la 4ème (banlieue sud-ouest de Rouen). Le meilleur résultat est à mettre à l’actif de Christophe Bouillon avec 66,1 % dans la 5ème qui s’étend le long de la vallée de la Seine. La droite sauve la 2ème (nord de Rouen) qui s’était montrée la plus « sarkozyste » lors de la présidentielle, avec la député sortante UMP Françoise Guégot. Avec un score de 47,8 %, l’écologiste soutenue par le PS Véronique Moinet montre toutefois que cette alliance peut fonctionner autrement que sur le papier.
Dans l’Eure, la droite limite ses pertes à la 2ème (Evreux-nord-ouest) emportée de 39 voix par le président PS du Conseil général Jean Louis Destans qui rejoint ainsi sur les bancs socialistes François Loncle réélu dans la 4ème (Louviers) pour un septième mandat. Bruno Le Maire (UMP) retrouve facilement son siège dans la 1ère (Evreux-sud) avec 58,0% des suffrages face au maire PRG d’Evreux Michel Champredon. Son score est comparable à celui qu’il avait réalisé en 2007 (58,3%) face à la socialiste Anne Mansouret. L’ancien ministre de l’Agriculture se place ainsi en bonne position dans la perspective des municipales de 2014 même si Michel Champredon reste majoritaire sur la ville avec 53,4 % des voix. La victoire est moins nette dans la 3ème (Bernay) pour le président du Nouveau Centre Hervé Morin, un peu chahuté ces derniers mois, qui recueille 53,2% des suffrages alors qu’il avait été réélu en 2007 dès le premier tour avec 50,1% des voix.
Enfin, dans la 5ème (Vernon), le député sortant UMP Franck Gilard retrouve son siège avec 60,4% des suffrages face au Front national Jean-Michel Dubois qui passe toutefois de 20,0% au premier tour à 39,6% au second. Dans cette circonscription, la gauche avait été éliminée dès le premier tour en raison de la présence de deux candidates dissidentes du PS, mécontentes que leur parti ait décidé de soutenir un candidat EELV.