Atelier urbain citoyen : bouillonnement d’idées

L’atelier urbain citoyen mis en place pour imaginer les contours du futur quartier Marc-Seguin, s’est réuni mercredi 20 juin pour la seconde fois. Pendant 1 h 30, la trentaine d’habitants engagés dans l’aventure a échangé idées et propositions. Accessibilité, déplacements, présence de commerces, ambiance architecturale… les membres de l’atelier étaient venus hier avec des dizaines d’idées à soumettre au reste du groupe pour que le futur visage du quartier Marc-Seguin soit une œuvre collective et concertée.
Répondant aux interrogations très ouvertes soumises par la Ville – "car la page que nous avons à écrire ensemble est blanche", a rappelé le maire Hubert Wulfranc – ils ont ainsi tous joué le jeu de la transparence, de la sincérité et de l’écoute respective.
En témoignent les échanges sur une nouvelle exploitation des lignes SNCF : l’installation d’une éventuelle station de tram-train constituerait-elle un atout pour le quartier ? La réponse est plutôt positive, "car cela mettrait le cœur de Saint-Étienne à quelques minutes de Rouen" et parce que "ça permettrait à des Stéphanais d’aller travailler à Rouen, Le Havre, Paris", répondent plusieurs participants… Mais "il ne faut pas que cela crée des nuisances pour les riverains", s’inquiète une habitante de la rue Henri-Giffard. "Vous souhaitez l’éloignement maximum des aménagements ?", prévient alors Hubert Wulfranc, tout en se levant pour montrer sur une immense carte les options possibles d’installation d’une nouvelle gare et d’un parking : "Tout est possible, rien n’est acté, c’est à vous d’en décider, martèle le maire. Mais il faut réfléchir à l’existant et à l’utilisation du futur quartier par ses futurs habitants."
Ce même équilibre entre besoins actuels et futurs s’impose aussi quand on réfléchit à la refonte du plan de circulation du bas de la ville, indissociable du projet : d’une part, il faut penser la desserte du futur quartier, mais aussi trouver des solutions pour alléger le trafic sur les rues de Paris et de la République qui sont aujourd’hui saturées. "Peut-on profiter de la création de ce nouveau quartier pour créer de nouveaux axes et ainsi à la fois sécuriser et désengorger la rue de Paris ?" a ainsi interrogé un jeune père de famille, inquiet de voir ses enfants fréquenter un axe dangereux. "Il faut réfléchir au statut et à l’importance de ces nouveaux axes, a pointé le maire. Car cela aura des incidences sur le coût du projet mais aussi sur le bien-être des habitants si leur quartier venait à être traversé par une artère importante." "On peut peut-être imaginer des solutions intermédiaires, avance un habitant, en créant des itinéraires spécifiques pour les transports en commun qui desserviraient le quartier, tout en diminuant le trafic la rue de Paris."
Concilier préoccupations des habitants d’aujourd’hui et besoins de ceux de demain, intérêts particuliers et intérêt général, c’est tout l’enjeu de cet atelier urbain citoyen. La plupart de ses participants l’ont bien compris d’ailleurs. Et cherchent à imaginer des solutions satisfaisantes pour tous : "Toute nouvelle construction fait peur aux riverains, reconnaît une habitante de la rue de Paris, mais il faut faire au mieux pour penser les choses de façon collective."
Cette culture du compromis s’est aussi illustrée à l’occasion du débat sur l’identité architecturale que pourrait avoir le nouveau quartier. Tandis que certains participants ont défendu le respect des traditions – "on voudrait garder l’image du village", "il ne faut pas créer des immeubles dans ce quartier de petites maisons" – d’autres ont souligné qu’il fallait absolument tenir compte des évolutions à venir : "l’habitat va devoir intégrer de nouvelles préoccupations, de nouvelles technologies, a ainsi insisté un Stéphanais. Si on reste dans la pure tradition, on sera hors-jeu dans quelques années, quand il faudra prendre en compte de nouveaux impératifs en matière énergétique, notamment." "On doit réussir à faire des choses actuelles, tout en gardant la configuration du village", a insisté une habitante, tandis que son voisin tenait à souligner que "la novation n’est pas incompatible avec l’esprit de la ville : il y a à Saint-Étienne une diversité des finitions qui m’a frappé quand je suis arrivé. ça donne pas mal de liberté."
Desserte du quartier, circulation dans le bas de la ville, homogénéité architecturale, ce sont aussi les ambitions du futur quartier en termes de développement durable que l’atelier a évoqué ou encore les précautions à prendre pour assurer la vitalité du quartier : commerces, activités tertiaires, que faut-il imaginer ? "Si on ne conçoit que de l’habitat, ce sera un quartier mort, a jugé un habitant. Il faut réserver des locaux qui pourront être affectés à la vie sociale."
Ce bouillonnement d’idées, inventives et généreuses, reprendra à la rentrée : le 10 octobre, une nouvelle réunion est prévue, en présence d’un bureau d’étude qui sera chargé d’accompagner et de concrétiser le travail de l’atelier urbain citoyen.

Isabelle Friedmann

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