C’est l’histoire vraie d’une électrice d’Yvetot à qui l’on a refusé le droit de voter. Munie de ses papiers, cette personne se présente au bureau de vote pour accomplir son devoir électoral et également voter au nom de son fils dont elle a la procuration.
Celui-ci en prévision de cette année électorale a fait une procuration à sa mère en bonne et due forme, valable jusqu’au 31 décembre 2012. Pour rappel il est possible d’avoir le choix de la durée d’une procuration, notamment pour un an à compter de sa date d’établissement.
Après avoir voté avec la procuration de son fils lors des élections présidentielles sans problème, elle se voit refuser le droit de voter avec cette même procuration (voir la procuration). Cette personne n’insiste pas davantage, ne vote pas et repart chez elle.
Quelle ne fut pas sa surprise quand, une semaine plus tard, elle découvre son « aventure » relatée dans la presse locale en des termes accusateurs pour le moins contestables (article non signé), car publié sans apparemment avoir vérifié le bien fondé de cette histoire. L’article en question, intitulé « Triche ? », pointe du doigt cette électrice en assurant que « la procuration n’avait pas été établie aux dates autorisées. Ou bien quelqu’un s’était trompé, ou bien le document était falsifié », et conclue avec un cinglant : « En effet, ce n’est jamais la peine de vouloir tricher ».
Légitimement révoltée par ce procédé, elle décide de se rendre à la Mairie pour demander des explications : comment cette histoire s’est elle retrouvée dans les pages d’un journal ? Qui a pu raconter cela et dans cette version ? Au vu du préjudice moral qu’elle ressent, elle réclame également des excuses du Maire. Aucune réponse à ses questions, aucune excuse. Elle se rend ensuite dans les locaux du journal ayant publié l’article pour y déposer un droit de réponse, un communiqué rectificatif. Là encore elle n’obtiendra aucune réponse ni aucune excuse, et son communiqué ne paraitra pas.
Voilà une électrice qui non seulement n’a pas pu voter alors qu’elle avait des papiers parfaitement en règle (une procuration peut être valable un an) et qui est traitée publiquement de « tricheuse » ! Ce n’est pas une fiction, c’est une histoire vraie qui s’est passée à Yvetot le mois dernier…