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A terme, les forêts françaises vont souffrir du manque d’eau et devraient régresser dans certaines zones en raison du réchauffement climatique.
Les forêts françaises en danger SIPA/JDD
Des chercheurs ont beau essayer d’anticiper la crise afin d’aider les forestiers à s’y préparer, les résultats de leurs études au sujet du devenir des forêts françaises, qui viennent d’être présentés à Paris lors d’un colloque réunissant des chercheurs de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), du CNRS et de plusieurs universités, sont préoccupants et ne semblent pas laisser beaucoup de « marge de manœuvre ». Les sécheresses vont être en effet « de plus en plus sévères, longues et fréquentes ». Certaines régions, situées en particulier au sud et au sud-ouest, devraient être touchées « dès un futur proche », c’est-à-dire dans les trois décennies à venir. Mais pratiquement toutes devraient l’être avant la fin du siècle.
Chênes, hêtres, épicéas, sapins, pins Douglas… : pour ces espèces fortement représentées sur le territoire national, il se produira souvent une modification sensible des aires de répartition. Les espèces méditerranéennes comme le chêne vert remonteront vers le nord, le pin sylvestre diminuera considérablement dans tout l’ouest, voire, selon Paul Leadley, de l’université Paris-sud et du CNRS, disparaîtra. Le hêtre, lui, régressera fortement en plaine. Pour certaines essences, Paul Leadley n’hésite pas à souligner de « quasi-certitudes de quasi-disparition ». D’autres prévisions sont toutefois plus optimistes et tiennent compte de l’augmentation de la teneur en CO2 dans l’atmosphère, qui serait de nature protéger des arbres contre la sécheresse.
Maladies et insectes
En 2003 ou 2006, où des périodes de grande chaleur et de faible pluviométrie ont été enregistrées, certains arbres sont morts brutalement, d’autres se sont acclimatés, d’autres encore se sont affaiblis pour finir par dépérir. Simulant la réduction de la pluie, progressive ou brutale, des chercheurs ont observé comment l’écosystème méditerranéen, particulièrement le chêne vert et le pin d’Alep, y réagissait. Ils ont constaté que si la dérive est lente, l’écosystème tend à s’acclimater, avec une « architecture des branches » différente, et notamment « moins de feuilles pour consommer moins d’eau ». Mais comme les sécheresses devraient devenir plus fréquentes et brutales, elles ne laisseront pas le temps aux arbres, selon l’ensemble des spécialistes, de se reconstituer, d’adapter leurs racines et d’ajuster la surface de leurs feuilles. Lors des sécheresses de la dernière décennie, les arbres les plus fragiles ont été touchés par des maladies, comme l’oïdium du chêne, dont la fréquence augmente quand les hivers sont plus doux. Les populations de scolytes, des insectes qui s’en prennent aux épicéas, sapins ou pins maritimes, explosent après des étés très chauds.
Arbres en péril
Taux de mortalité
Si la mortalité naturelle des arbres est de 0,4 % par an, ce taux peut être considérablement multiplié dans les périodes de crise après sécheresse.
Guide anti-crise
Pour aider les forestiers, l’Institut de développement forestier (IDF) a publié récemment un « guide de gestion des forêts en crise sanitaire ». Un « livre vert » anti-crise, consultable sur le site de l’Inra, qui propose des pistes de solution.
Programme en préparation
L’ Institut national de recherche agronomique (Inra) prépare de son côté un programme sur l’adaptation de la sylviculture au changement climatique, en fonction des espèces, des régions et des milieux locaux.