(fil-fax 12/09/12)
L’intersyndicale de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, en attente de la décision du tribunal de commerce de Rouen sur une éventuelle reprise, a demandé mardi à François Hollande de se rendre sur le site. Cette invitation est une réaction à la déclaration d’Alain Le Vern, président (PS) du conseil régional, ayant exprimé son inquiétude sur le sort de la raffinerie et ses doutes sur la crédibilité des deux candidats déclarés à la reprise.
Intitulé “Engagement n°61“, en référence aux 60 engagements de campagne, le communiqué de l’intersyndicale rappelle la visite de M. Hollande du 5 janvier 2012. « A l’issue des échanges il nous avait promis de revenir autant que nécessaire pour sauver cette industrie viable », rappelle l’intersyndicale. Elle demande « au Président de la République, au Premier ministre, au ministre du Redressement productif de venir à la rencontre des salariés et de l’intersyndicale dans les plus brefs délais et ce pour faire baisser la tension régnant sur le site SEVESO et aider à apporter de vraies réponses à nos interrogations ». L’Intersyndicale signale ainsi la nervosité croissante du personnel avec les risques induits par les risques technologiques que portent le site.
De son côté, le groupe des élus du Front de Gauche (PCF, PG, GU) au conseil régional de Haute-Normandie a réagi vigoureusement mardi à l’analyse d’Alain Le Vern. Ils parlent de propos « inacceptables ». « Cette colère, nous la partageons », écrit à son tour Jean-Luc Lecomte, au nom du groupe Front de Gauche. Il demande « que tous ceux qui dans cette Région disposent des moyens institutionnels, économiques et politiques et des relais au plus haut niveau de l’Etat interviennent sans faille et avec conviction ». Lundi alors que Jean-Luc Mélenchon s’exprimait à Petit-Couronne, le porte-parole de l’intersyndicale, Yvon Scornet, avait déjà qualifié M. Le Vern, sans le nommer, de « faux amis ».
Alain Le Vern est à son tour, revenu mardi sur ces critiques, considérant qu’il y avait une « interprétation erronée » de ses propos. Il a assuré qu’il a toujours suivi de près le dossier Petroplus et ses salariés qu’il a accueilli à l’Hôtel de Région pour une exposition de leurs portraits photographiés. « En temps que Président de Région, je suis inquiet parce que rien n’est encore acquis à ce jour, parce que l’avenir de 550 familles est en jeu ! Je suis inquiet parce qu’à deux reprises le tribunal de commerce a reporté sa décision et parce que des incertitudes demeurent quant aux projets de reprise présentés. Ceux qui prétendraient aujourd’hui ne pas l’être ne feraient pas preuve de responsabilité ! », clame M. Le Vern.