Pour votre récolte, n’utilisez jamais de sac en plastique : la fermentation rend les champignons impropres à la consommation.
Alors que s’annoncent les flambées au coin du feu, les châtaignes cuites à la braise, il est un autre classique de l’automne naissant : le champignon. Alain Castel, Président de la Société Linnéenne de Seine-Maritime (société savante d’histoire naturelle), s’empresse de mettre en garde les promeneurs du dimanche : « La mycologie est une science complexe qui n’est pas à la portée de tous. Il ne faut pas cueillir n’importe quel champignon et encore moins le manger. » Pour Alain Castel, le champignon n’est pas destiné à atterrir dans les assiettes, mais bel et bien dans les locaux de son association où il étudie les différentes espèces de champignons.
300 espèces recensées
À la forêt de Montgeon, on trouve pléthore d’espèces : « Nous y avons recensé 30 espèces comestibles, 8 mortelles. Les autres champignons sont sans saveur culinaire. » Inutile alors, selon le mycologue, de dépouiller la nature de ses attributs pour ne pas pouvoir déguster ces champignons à la poêle. Si l’aventure de la cueillette, à des fins d’étude ou gastronomiques, vous tente, il faut observer un certain nombre de règles pour respecter la nature : « Il faut laisser sur place les champignons jeunes pour permettre la repousse et utiliser un couteau à lame recourbée afin de ne pas abîmer le pied. » La nature ne doit pas être pillée ; chaque cueilleur est invité à ne prendre que la quantité nécessaire à ses besoins : « On ne doit pas ramasser plus de 3 kg de champignons par personne. Une manière de protéger la nature et d’éviter le commerce. » Même si la nature semble offrir bien des cadeaux, des arrêtés préfectoraux encadrent les accès dans certaines forêts. De même, inutile de s’aventurer dans des domaines privés pour effectuer ses courses automnales. Muni d’un couteau à lame recourbée, vous n’oublierez pas l’accessoire indispensable à tout bon cueilleur : le panier en osier. Bannis les sacs en plastique qui abîment le fongicide, « il faut poser les champignons récoltés dans un panier tapissé de fougères pour éviter que les champignons ne s’entrechoquent. » Toute une science, la cueillette des champipi, des champignons.
S.B.
Précautions d’usage : reconnaître les champignons
Avant de consommer un champignon, il faut s’assurer qu’il est comestible. Il n’existe pas de méthode imparable pour identifier un bon champignon. Les champignons assimilant les toxines du milieu où ils vivent, il est recommandé de ne pas ramasser de spécimens sur les bords de route, les sites industriels et prés récemment traités. Par ailleurs, avant de partir à la cueillette, munissez-vous d’un atlas qui vous aidera à identifier les espèces et à repérer les mortelles comme la célèbre amanite. Avant de consommer vos trophées, portez-les à un pharmacien qui vérifiera que vos espèces sont comestibles ou à la Société Linnéenne de Seine-Maritime où des mycologues vous accueillent tous les lundis à 18 h pour vous aider à identifier vos spécimens. Si vous souhaitez approfondir vos connaissances en mycologie, l’association organise régulièrement des sorties nature à la découverte des champignons. Une bonne manière d’aborder l’environnement et d’appréhender ses ressources. Pour les moins aventureux, vous pourrez toujours vous procurer des champignons de Paris chez votre primeur.
Infos pratiques : Société Linnéenne de Seine-Maritime au Fort de Tourneville au Havre, 55 rue du 329e-Régiment-d’Infanterie. Tél : 06 64 00 04 43.
