Gilles-Eric SERALINI: le chercheur normand qui fait trember MONSANTO…

Rappel important: Une vache normande ne doit pas manger autre chose que de l’herbe de son pré ou le foin de son fourrage… Les pisseuses de lait ont hélas droit à des tourteaux (fourrages fermentés) de maïs ou de soja OGM importés venant souvent d’Amérique du Sud…


 

Les OGM à nouveau sur le banc des accusés

Source: Le Figaro.fr, Marc Mennessier – le 19/09/2012
 
Une étude française constate un plus grand nombre de tumeurs et une mortalité plus élevée chez les rats nourris avec un maïs OGM de Monsanto.

 

 

Les images ont de quoi faire peur: des rats nourris avec un maïs transgénique, pourtant massivement utilisé en alimentation du bétail depuis au moins dix ans, ont développé des tumeurs monstrueuses, grosses pour certaines comme des balles de ping-pong. Le foie et les reins de ces malheureux rongeurs présentent également de graves lésions (nécroses, congestions…) et leur mortalité est deux à trois fois supérieure.

Tels sont les résultats «alarmants», selon ses auteurs, d’une étude à paraître dans la revue Food and Chemical Toxicology et rendue publique ce mercredi par Le Nouvel Observateur sous le titre choc: «Oui, les OGM sont des poisons!» De quoi rallumer le débat sur la dangerosité réelle ou supposée des organismes génétiquement modifiés, dans un contexte où la France tente, pour l’instant sans succès, de faire interdire ces cultures en Europe.

Sous la houlette de Gilles-Éric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen, qui n’en est pas à son premier coup d’essai, les auteurs de ce brûlot ont suivi pendant deux ans pas moins de 200 rats qu’ils ont répartis en neuf groupes d’une vingtaine d’individus. L’objectif était de tester les effets d’un régime alimentaire contenant trois doses (11 %, 22 % et 33 % de la ration totale) de maïs transgénique NK603 de la firme Monsanto, désherbé ou non avec du Roundup, un herbicide également produit par Monsanto auquel ce maïs est capable de résister. Enfin trois autres groupes de rongeurs ont été abreuvés avec une eau contenant des doses d’herbicides proches de celles que l’on retrouve dans les champs de maïs génétiquement modifié. Tous ces rats ont été comparés à des animaux témoins nourris avec une variété non transgénique, très voisine (mais non identique ou isogène) du NK603 et n’ayant pas reçu de Roundup.

Les résultats montrent un taux de mortalité bien plus élevé chez les animaux exposés à l’OGM et/ou à l’herbicide. «Une fois la période moyenne de survie écoulée, les décès ont été attribués au vieillissement, écrivent les auteurs. Avant cette période, 30 % des mâles et 20 % des femelles du lot témoin sont morts spontanément.» Mais chez les animaux nourris avec des OGM, ces proportions atteignent «jusqu’à 50 % pour les mâles et 70 % pour les femelles». Selon cette étude, les tumeurs mammaires, très spectaculaires, sont plus fréquentes dans tous les groupes exposés au maïs transgénique et/ou à l’herbicide, mais les écarts ne sont pas toujours significatifs sur le plan statistique. En revanche, les lésions du foie sont beaucoup plus fréquentes (de 2,5 à 5,5 fois plus), notamment chez les mâles, comparées au groupe témoin. L’augmentation est également très marquée mais dans de moindres proportions pour les pathologies rénales.

«Dans notre étude, les tumeurs se sont développées considérablement plus vite que dans le groupe contrôle, même si la majorité d’entre elles ont été observées après 18 mois» poursuivent les auteurs. Ce qui est relativement tardif pour des animaux dont l’espérance de vie est d’au maximum trois ans. «Les premières grosses tumeurs détectables sont apparues à 4 et 7 mois, respectivement chez les mâles et les femelles, ce qui montre bien l’inadéquation des tests standards de 90 jours utilisés pour évaluer les cultures d’OGM et la toxicité alimentaires», notent encore les auteurs.

 

Évalué sur le long terme

 

Selon le Pr Séralini, le maïs NK603 n’a jusqu’alors été testé que sur une période de trois mois et c’est la première fois que le Roundup est évalué sur le long terme avec ses adjuvants. «Le crime, c’est que ça n’ait pas été testé avant, que les autorités sanitaires n’aient pas exigé des tests plus longs alors qu’on est à 15 ans de commercialisation des OGM dans le monde», accuse-t-il.

Les réactions ne se sont évidemment pas fait attendre. Dès hier après-midi, les ministres de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé ont fait savoir, dans un communiqué, qu’ils saisissaient «immédiatement» l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) à des fins de vérification. Selon eux, le gouvernement français est même prêt, «en fonction de l’avis de l’Anses», à demander à Bruxelles de suspendre «en urgence l’autorisation d’importation dans l’UE du maïs NK603.» «Si des faits scientifiques nouveaux sont démontrés, nous en tirerons les conséquences», a assuré Frédéric Vincent, le porte-parole du commissaire européen à la Santé, John Dalli, en indiquant que l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) allait se saisir du dossier.

Pour l’heure, les scientifiques contactés par Le Figaro font part de leur scepticisme. «Il manque des données chiffrées sur les tumeurs et les analyses biochimiques, mais aussi sur le régime alimentaire et l’historique de la souche de rats utilisée», note le toxicologue Gérard Pascal. En outre, contrairement à ce qu’affirme le Pr Séralini de nombreuses études à long terme ont déjà été menées sur des rats et des animaux d’élevage (vaches laitières, porcs, moutons, volailles…) nourris aux OGM. Aucune n’a montré de différence significative…


A lire aussi:

 


Billet d’humeur de Florestan:  LE COURAGE D’UN CHERCHEUR DE L’UNIVERSITE DE CAEN

 
 

Depuis deux jours, c’est un déchainement médiatique mondial qui s’acharne sur Gilles-Eric Séralini et son équipe de l’université de Caen depuis la publication de leur étude et de ses résultats édifiants sur les effets toxiques observés sur des cohortes de rats ayant été nourris avec des semences OGM résistantes au Roundup commercialisées dans le Monde entier par la firme Monsanto…
Dans Le Monde hier et dans d’autres journaux, des critiques, et c’est bien normal, ont tenté de relativiser ces résultats voire de les contester notamment sur le protocole utilisé…
Aujourd’hui, l’équipe du chercheur caennais et l’association CRIGEN pour une recherche indépendante qui a levé près de… 3 MILLIONS d’euros pour que cette recherche soit enfin possible, se défendent: sur l’Etoile de Normandie, nous nous en faisons volontiers l’écho puisque nous sommes vicéralement attachés au principe qu’une vache laitière, qui plus est de race normande, doit être nourrie avec l’herbe de son pré ou le fourrage de son foin et non pas avec ces tourteaux de soja ou de mais importés d’Amérique du Sud et qui sont, pour la plupart, OGM… 
1° On accuse le chercheur caennais d’avoir fait cette expérience dans le plus grand secret:
c’était, hélas, indispensable puisqu’on a craint jusqu’au bout des pressions de la part de Monsanto dans le petit monde international des biologistes pour que cette étude ne sorte pas, d’où la clause de confidentialité signée avec les journalistes qui ont été chargés par le CRIGEN de rendre public les résultats. Il faut savoir que Gilles-Eric Séralini a dû secrètement demander les semences OGM Monsanto nécessaires à son étude à un lycée agricole canadien dont le nom ne sera pas révélé par peur des recours judiciaires de Monsanto.
2° On accuse le chercheur caennais d’avoir été léger sur les protocoles de vérification et d’avoir utilisé
une espèce de rats de labo plutôt fragile pour trouver une justification scientifique de son opinion militante anti-OGM
Faux! Archi-faux! Les rats utilisés ont été choisis précisément parce que Monsanto utilise les mêmes pour ses propres expériences… L’étude de Gilles-Eric Séralini a été fort coûteuse (3 millions d’euros) car elle a duré deux ans et plus de 200 vérifications ont été réalisées: ordinairement, le monde scientifique, les haut-fonctionnaires du contrôle sanitaire public, les autorités politiques et, bien entendu,les industriels se contentaient du principe proposé par Monsanto que des études de 90 jours sur des rats de laboratoire pouvaient largement suffir: ça tombe bien, sous trois mois, aucune tumeur, aucun déréglement, aucune mort n’est décelable… Les rats et les rates du laboratoire caennais ont dégusté à des doses variables des semences de mais OGM Monsanto dont certaines recouvertes de Roundup afin de reproduire les dosages que l’on peut retrouver dans la réalité (épandage dans les champs, infiltration dans les eaux, quantités en contact direct avec la main de l’agriculteur…) et la cohorte qui a subi le traitement Monsanto a été comparée à des cohortes nourries « sainement »: les résultats ont été sans-appel dumoins pour des rats de laboratoire, sur deux ans…
3° On accuse le chercheur caennais de ne pas publier en même temps les résultats de son étude et les données brutes qui les ont permis:
C’est l’hôpital qui se fout de la charité! Gilles-Eric Séralini s’est engagé à tout publier au fur et à mesure des vérifications à faire alors que les industriels concernés entretiennent le scandale scientifique et intellectuel de ne pas publier leurs données brutes sous prétexte de défendre la propriété intellectuelle et industrielle. Par contre, le chercheur caennais et le CRIGEN ont refusé que l’agence européenne de sécurité alimentaire soit chargée de la nécessaire contre-expertise de leur étude pour la bonne et simple raison que cette même agence européenne a autorisé la mise sur le marché de la consommation animale des semences OGM incriminées dans l’étude normande…
Et c’est là que l’on touche au fond du problème:
l’absence ou la défaillance d’un contrôle sanitaire public totalement indépendant des industriels en Europe puisque c’est aux industriels, faisant une demande de mise sur le marché, de prouver par les études scientifiques qu’ils financent, l’inocuité de leur produit sur la santé humaine ou animale…
Mais, il faut savoir, en effet, que l’Union européenne a importé l’an passé pour 3 MILLIARDS d’euros de protéines végétales pour nourrir ses différents cheptels d’élevage… On connait l’importance prise par les tourteaux de soja ou de mais OGM sud-américains dans la nourriture des vaches laitières par exemple…
Vous avez remarqué la prudente réaction du ministre français de l’Agriculture, un certain Marc LE FOLL
Vous avez entendu le président de la FNSEA sur notre affaire caennaise?  Rien. Silence radio…
Quelques semaines après le grand raout rennais du « SPACE » qui rassemble chaque année la crème de la crème de l’élevage français, Gilles-Eric Séralini a, comme qui dirait, jeté une grosse pierre caennaise de vérité scientifique dans une vaste mare à lisier…
(source: France Inter, émission « CO2 mon amour », 22/09/12)
Articles créés 1655

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut