Pris par nos préoccupations franco-françaises pour l’avenir de notre Normandie continentale coupée en deux, nous oublions notre Outre-mer proche, à savoir les bailliages de Jersey, Guernesey, la seigneurie de Sercq et dépendances et les états d’Aurigny…
Aux dernières nouvelles, la crise économique et financière frappe là-bas aussi surtout du côté de Saint-Hélier (95 000 habitants) capitale de Jersey où l’on craint l’explosion de la bulle financière spéculative immobilière sur fond d’accroissement de la fracture sociale, sociétale et culturelle entre les vieux îliens dépositaires de l’héritage normand et ces millionnaires nouvellement arrivés, propriétaires et résidents occasionnels pour d’évidentes opportunités fiscales…
Près d’un tiers de la population jersiaise travaille de près ou de loin pour l’économie financière: les annonces du gouvernement britannique sur l’augmentation nécessaire de la fiscalité sur la finance ont fait craindre le pire du côté de l’établissement jersiais qui profite des places presque réservés pour ses membres qu’offre l’ancestral système féodal normand toujours en vigueur… Certains îliens arrivés au seuil de la pauvreté seraient désormais disposés à envoyer balader ce que l’établissement de la banque et de la finance s’apprête à faire avec plus de discrétion:
1) la langue normande (c’est hélas déjà fait depuis longtemps)
2) la référence obligatoire au droit normand (c’est fait depuis peu)
3) les institutions normandes du bailliage (on y pense de plus en plus…)
JERSEY (plus que Guernesey d’ailleurs) ressemblerait alors à la nef des fous?
C’est dans ce contexte exceptionnellement tendu qu’en juillet dernier le Prince Charles et sa femme ont fait une visite exceptionnelle à Jersey en tant que représentant du duc de Normandie, sa … mère Elizabeth la seconde puisque les îles sont en union personnelle avec le souverain britannique et en conséquence, ne disposent pas de la nationalité britannique et sont donc des territoires extérieurs à l’Union européenne.
Une rupture avec toutes les traditions qui font depuis 1204 l’identité même de Jersey serait un remède pire que le mal…
Le mal?
Jersey n’est plus qu’un paradis fiscal ou presque dont les intérêts écrasent la population et détruisent l’authenticité et la légitimité d’institutions et de traditions culturelles qui mériteraient de figurer à l’UNESCO au titre du patrimoine immatériel de l’humanité…
Les solutions?
Une sortie progressive de l’exclusivisme britannique et financier en restaurant toutes les relations possibles avec la Normandie continentale française: on y pense très fort du côté du Conseil Général de la Manche!
Lire ci-après l’article paru cet été dans la Manche relatant le voyage du Prince Charles à Jersey:
