Cessation de paiement pour les papeteries de Malaucène

aveclaidedeleuravocatelassalariespreparentlariposte.jpgSOCIAL – Un Comité d’établissement est programmé le 10 novembre, le dépôt de bilan attendu

Cessation de paiement pour les papeteries de Malaucène

Une entreprise contrôlée par des Américains qui dépose le bilan en laissant un site industriel pollué et l’argent public assumer les conséquences… ce n’est pas Métaleurop à Dunkerque, mais les papeteries de Malaucène, selon la CGT. Au cours d’une conférence de presse, Thierry Georges, accompagné de l’avocate des salariés M e Anne-France Breuillot, a annoncé une réunion du comité d’établissement le 10 novembre, pour constater la cessation de paiement. Selon le syndicat qui défend depuis le début les salariés, la suite sera le dépôt de bilan au tribunal de commerce.

C’est l’incertitude pour les salariés actuellement bénéficiaires du plan social. Les derniers salariés ignorent s’ils vont continuer à être payés. Ceux en formation se demandent s’ils pourront aller au bout. Des allocations temporaires, financées en partie par les pouvoirs publics, deviennent incertaines. Le financement des indemnités obtenues éventuellement aux prud’hommes restent en suspend, comme la charge de la dépollution, chiffrée à plusieurs millions d’euros.

« Tout ce qui pouvait rapporter a été vendu »

Pour M e Breuillot, Schweitzer-Mauduit a affirmé avoir « versé trente millions d’euros pour le plan social, on ne les trouve plus dans les comptes ». Elle précise qu’une partie des sommes dues peut être prise en charge par l’assurance garantie de salaires, financée par les cotisations chômages des entreprises. « Les petites et moyennes entreprises cotisent, et leurs cotisations servent aux grosses sociétés étrangères qui profitent du système », selon elle.

Pour Thierry Georges, délégué syndical, la situation est scandaleuse. « Tout ce qui pouvait rapporter a été vendu. Ce qui était fabriqué à Malaucène est maintenant fabriqué en Pologne, sur les machines déménagées. Le groupe fait 100 millions d’euros de bénéfice sur la seule usine du Mans, qui a été financée par les papeteries de Malaucène. Nous avons affaire à des patrons voyous qui font payer la collectivité ».

Pour M e Breuillot, « il faut absolument que le procureur, qui en a le pouvoir, demande au tribunal de commerce d’élargir la procédure aux autres usines, pour permettre de globaliser les dettes à l’ensemble du groupe Schweitzer-Mauduit. Une loi de 2008 interdit cette démarche aux salariés ».

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